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Anciennement www.paris8philo.com, ce site, créé en 2006 lors du mouvement anti-CPE, a rendu compte de l'actualité et de l'expérimentation à Paris 8. Il s'occupe plus largement de rendre compte d'une transformation dans les paradigmes philosophiques suivant la pensée du Dehors ou du Surpli, omme la nomme les métaphysiciens classique. Nous avons quant à nous déjà basculé d'emblée dans la modernité quantique, résolvant la plupart des impasses philosophique du WWe siècle. Cette pensée hors contrat est la marque d'une complexité, riche de multiples facteurs et échelles. Ce site contient des articles pour être apte à un plus grand nombre de choses.

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Publié par Anthony

Suite à l'extrait de Nietzsche sur l'homme rationnel et l'homme intuitif que nous vous présentons, il nous parraisait intéressant de faire une nouvelle rubrique : INTUITION ET CONCEPT. Pour un lien avec ce que nous abordons par ailleurs, il semble que Deleuze soit le premier, après Spinoza, à faire la jonction entre le concept et l'intuition au travers ers de la schize et de ce qu'il nomme le processus de dramatisation ou actualisation des Idées (Cf Différence et répétition et La méthode de dramatisation in Iles Déserte et autres textes). Idées chez Deleuze est à comprendre comme intuitions (ou essences pour Spinoza), elles sont déterminées par les intensités qui nous traversent. Ainsi la schize entre le virtuel et l'actuel est pour Deleuze ce qui fait la jonction entre l'intuition ou l'idée et le concept qui en découle. On comprendra dès los pourquoi Deleuze est parfois jugé trop conceptuel parfois critiqué pour ces intuitions. Mais c'est aussi pourquoi il demeure chez Deleuze un dimension du chiasme comme nous l'avons vu par ailleurs, c'est-à-dire un dimension de l'Un, pour Badiou. Anthony

 

Il y a des époques où l'homme rationnel et l'homme intuitif se tiennent l'un à côté de l'autre, l'un dans la peur de l'intuition, l'autre dans le dédain de l'abstrac­tion ; et le dernier est presque aussi irrationnel que le premier est insensible à l'art. Tous deux désirent dominer la vie : celui-ci en sachant affronter les besoins les plus importants par la prévoyance, la prudence, la régularité; celui-là, en tant que héros « trop joyeux », en ne voyant pas ces besoins et en ne prenant comme réelle que la vie déguisée en apparence et en beauté. Là où, peut-être comme dans la Grèce antique, l'homme intuitif dirige ses armes avec plus de force et plus victorieusement que son adversaire, une civilisation peut se former favorablement, la domina­tion de l'art peut se fonder sur la vie : cette dissimulation, ce reniement de l'indigence, cet éclat des intui­tions métaphoriques et surtout cette immédiateté de l'illusion accompagnent toutes les extériorisations d'une telle vie. Ni la maison, ni la démarche, ni le vêtement, ni la cruche d'argile ne trahissent que la nécessité les atteignît : il semble qu'en eux dût s'exprimer un bonheur sublime, une sérénité olympienne et en quelque sorte un jeu avec le sérieux. Tandis que l'homme conduit par les concepts et les abstractions n'en fait qu'une, défense contre le malheur, sans même obtenir le bonheur à partir de ces abstractions; tandis qu'il aspire à être libéré le plus possible des souffrances, au contraire, posé au coeur d'une culture, l'homme intuitif récolte déjà, à partir de ses intuitions, à côté de la défense contre le mal, un éclairement au rayonnement continuel, un épanouissement, une rédemption. Il est vrai qu'il souffre plus violemment quand il souffre : il souffre même plus souvent parce qu'il ne s'entend pas à tirer des leçons de l'expérience, il retombe toujours dans l'ornière dans laquelle il est déjà tombé. II est aussi déraisonnable dans la douleur que dans le bonheur, il crie fort et reste sans consolation. Au sein de la même disgrâce, combien est différent le stoïcien, instruit par l'expérience et se maîtrisant au moyen de concepts! Lui qui ne cherche d'ordinaire que sincérité, vérité, liberté devant les illusions et protection contre les surprises trompeuses, il pose maintenant dans le malheur le chef-d’œuvre de la dissimulation, comme celui-là dans le bonheur; il n'a pas un visage humain mobile et animé, mais porte en quelque sorte un masque aux traits dignement proportionnés, il ne crie pas et n'altère pas le son de sa voix : quand une juste nuée d'orage se déverse sur lui, il se cache dans son manteau et s'éloigne d'un pas lent sous l'averse.
Nietzsche le livre des philosophes, éd. GF, III, 2 , PP. 132-133 ou éd. Kröner, X, parrmi les pp 189 à 215.

 

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M
Nietzsche est grand. C'est une analyse presque parfaite. J'ajoute ceci: l'homme intuitif sait par intuition qu'il n'a pas de point d'appui. Pour vivre il bascule souvent entre le besoin d'être comme les autres (ce qui est souvent une exigence du dehors) et sa façon normale d'être. L'homme intuitif perd souvent ses forces phisyques et son lit est comme un uterus où il élabore lentement ses pas prochains. Merci pour l'article.
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