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Anciennement www.paris8philo.com, ce site, créé en 2006 lors du mouvement anti-CPE, a rendu compte de l'actualité et de l'expérimentation à Paris 8. Il s'occupe plus largement de rendre compte d'une transformation dans les paradigmes philosophiques suivant la pensée du Dehors ou du Surpli, omme la nomme les métaphysiciens classique. Nous avons quant à nous déjà basculé d'emblée dans la modernité quantique, résolvant la plupart des impasses philosophique du WWe siècle. Cette pensée hors contrat est la marque d'une complexité, riche de multiples facteurs et échelles. Ce site contient des articles pour être apte à un plus grand nombre de choses.

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Publié par Anthony Le Cazals

LEXIQUE de Friedrich Nietzsche

Activité : « Pourquoi toute activité, même celle d’un sens, est-elle liée à un plaisir ? » NzVP°II,24

Actif : « Qu’est-ce qui est « actif » ? Tendre vers la puissance. » NzVP°II,43

Allemand : « ce qui possède la liberté d’opinion et ne s’aperçoivent pas que l’indépendance de goût et d’esprit leur manque… cela précisément est allemand » NsHH2b°320.  |  Allemande (philosophie) : « La philosophie allemande dans son ensemble – Leibniz, Kant, Hegel, Schopenhauer, pour ne nommer que les plus grands – est l'exemple le plus complet de romantisme et de nosalgie qui ait existé » XV,419 - VP°IV,16

Âme : « par bonheur les choses n’ont pas d’âme » NzVP°II,34

Amour : « l’amour cesse dès que nous sentons les limites d’un être. Le conflit entre la passion durable et la passion éphémère se produit quand l’un des deux croit posséder l’autre à fond » NzVP°II,34. « Tout amour pense à l'instant et à l'éternité, mais jamais à la « durée » » XVI,787 - VP°IV,54. 

Anarchie : « nous entrons dans une époque d'anarche, mais c'est aussi l'époques des individus les plus intelligents et les plus libres » XII-1,219 - VP°IV,93

Antinomies : « Désapprendre nos antinomies voilà notre tâche. » NzVP°II,8, voir le livre de Monique Dixaut : Nietzsche, Au-delà des antinomies. « le plaisir et la douleur ne sont pas antinomiques » NzVP°II,45 « L'antinomie est éliminée des choses  » NzVP°II,139. « Des antinomies introduites en lieu et place des degrés de rang naturels. Haine de la hiérarchie. Les antinomie conviennent à une époque plébéienne, car elles sont plus aisément saisissables » XV,37 - VP°IV,5.

Au-delà des valeurs antinomiques : « ... au-delà du bien et du mal, au-delà de ces valeurs qui ne peuvent dissimuler leur origine, car elle viennent de la sphère de la souffrance, du troupeau, du vulgaire » XVI,1041 - VP°IV,14

Art : « L'art volonté de triompher du devenir, d' « éterniser » ; mais borné dans ses vues... » NzVP°II,170. « L'art rien que l'art ! c'est lui qui nous permet de vivre, qui nous persuade de vivre, qui nous stimule à vivre » XVI,853 - VP°IV,8

Art comme rédemption : Il y a longtemps chez Nietzsche cette dimension de rachat de la souffrance par un salut artis« L'art rédemption de l'homme d'action ; de celui qui, non content de voir le caractère redoutable et équivoque de l'existence, la vit, veut la vivre ; de l'homme tragiquement combatif, du héros. / L'art rédemption de l'homme souffrant, voie qui mène à des états où la souffrance est voulue, transfigurée, divinisée, où la souffrance est une forme d'extase suprême. » XVI,853 - VP°IV,8

Artistes : « petits pétrisseurs de forme » NzVP°II,45

Barbares : « Où sont les barbares du vingtième sièlce ? Voilà le problème. Evidemment ce n'est qu'après de prodigieuses crises socialistes qu'on les verra émerger et s'établir solidement ; on les reconnaîtra à ce qu'ils seront capable de la plus grande dureté envers eux-mêmes et donneront la garantie la plus durable du vouloir » XVI,868 - VP°IV,83.  « Mais voici venir les barbares nouveaux : les cyniques, les séducteurs, les conquérants, qui uniront à la supériorité intellectuelle lasanté et la surabondance des énergies » XVI,899 - VP°IV,90.  Voir dureté.

Barbarie au sens de la majorité : « La forme générale et régnante de la barbarie, c'est que l'on ignore encore que la morale est affaire de goût. » XIII,363 - VP°IV,94. 

Beauté : « Qu'est-ce que la beauté sinon le reflet aperçut par nous d'une joie extraordinaire de la nature, parce qu'une nouvelle et extraordinaire possibilité de vie vient d'être découverte » NzVP°II,150 <?> « J'appelle beau (au point de vue historique) ce qui rend sensible, chez les hommes les plus vénérés d'une certaine époque, l'essence de ce qu'il y a de plus vénérable au monde  » NzVP°II,141  |  « comme si tout devenait beau, du seul fait qu'on contemple sans faire usage de sa volonté » XVI,612 - VP°IV,900

Bonheur et puissance : « le but n’est pas le bonheur, c’est la sensation de puissance » NzVP°II,48, cf. 42

Bien : « …et quant au bien, tel que Platon (et le christianisme après lui) l’a compris, j’irai jusqu’à dire qu’il me paraît être un principe dangereux pour la vie ; il calomnie la vie, il nie la vie » NzVP°II,95

« Cause » : NzVP°II,41, « Le concept de « cause » n’est qu’un moyen d’expression, rien de plus ; un moyen de désignation » NzVP°II,70

Certitude : « le certain ne nous plaît pas quand il refuse de donner pâture à cet instinct [poétique de divination] » NzVP°II,65.

« Choses » : « il appartient à notre indissoluble besoin de conservation de poser sans cesse un monde plus grossier d’êtres durables, de « choses », etc. » NzVP°II,58

Connaître : « Connaître, c'est comprendre toute chose au mieux de nos intérêts » NzVP°II,122

Connaissance : « tout ce que peut désigner le mot « connaissance » se rapporte au domaine de ce qui est nombrable, pesable, mesurable, à la quantité. » NzVP°II,108 « L'unité de la connaissance et de la science est de ... créer des espèce toujours nouvelles  » NzVP°II,155

Conscience : «  S’il nous est possible de nier la présence du conscient, il nous est par exemple difficile de nier les passions propulsives » NzVP°II,21 ? « La conscience contient toujours une double réfraction, - il n’y a rien d’immédiat » NzVP°II,21. « Ce que nous appelons « conscient » ou « esprit » n’est  qu’un moyen et un instrument grâce auquel ce n’est pas un sujet mais une lutte qui tâche à se conserver » NzVP°II,50.

Civilisation au sens de la majorité : « La civilisation consiste à apprendre à calculer, à penser selon la loi de causalité, à prévenir, à croire à la nécessité. Avec le progrès de la civilisation, l'homme apprend à se passer de cette forme primitive de la soumission au mal » XVI-1019 - VP°IV,96  voir pessimisme de la force.

Classicisme : « Le goût classique, c'est lz volonté de simplifier, de renforcer, de mettre le bonheur en évidence ; c'est le goût de ce qui est terrible ; courage de la nudité psychologique (cette simplification est une conséquence de la volonté de se fortifier ; de ce besoin de mettre le bonheur en évidence et ce goût de la nudité sont une volonté de faire peur...). Pour poarvenir à une telle construction à partir de ce chaos, il faut y être contraint ; il faut qu'il n'y ait qu'une alternative : périr ou s'imposer. » XVI,868 - VP°IV,83

Connaissance et vie : « Cette lutte entre la vie et la connaissance s'exaspère d'autant plus étrange que les deux instincts sont plus forts, que la vie est plus pleine et florissante et aussi que la connaissance est plus insatiable et plus avide d'aventures » X, p. 234 - VP°IV,40

Corps et esprit : « Je tiens pour stérile toute pensée qui prend pour point de départ l’image que l’esprit observe de soi dans son propre miroir [la réflexion de l’âme avec elle-même, à la fin du Sophiste de Platon], et l’idée que l’on peut faire de la science sans s’astreindre à prendre le corps pour guide. » NzVP°II,6  |  voir Esprit pour Matière et esprit.

Créer : « créer c’est-à-dire choisir et parachever ce que l’on a choisi » NzVP°II,31 « Le pouvoir créateur chez les êtres vivants, quel est-il ? – C’est le fait que tout ce qui constitue pour chacun son « monde extérieur » représente une somme de jugements de valeurs. » NzVP°II,89 « « un être qui a l’habitude de suivre une sorte de règle dans ses rêves » …  L’aptitude à créer est leur aptitude principale » NzVP°II,89

Décadence (1)  : Ce mot, que Nietzsche utilise la plupart du temps en français dans son texte allemand, est emprunté à l'ouvrage de Paul Bourget, Essais de psychologie contemporaine (1883), en particulier au premier essai du recueil, sur Baudelaire. À cette notion d'abord historico-littéraire, qui signifie décomposition du style et désorganisation de l'organisme individuel et social, Nietzsche ajoute des nuances diverses. Le mot est à peu près synonyme chez lui de faiblesse ou de maladie. La décadence désigne l'incapacité à harmoniser, à synthétiser, à maîtriser les désordres, les excès et la violence des instincts : c'est l'opposé de la notion de grand style, capacité à ordonner phrases, mots et parties en un tout, à spiritualiser les instincts sans réprimer, sans faire de la raison un tyran, capacité que Nietzsche appelle l'assurance instinctive absolue. Cette désorganisation morbide ou ce défautde maîtrise spontanée et harmonieuse des « instincts » est une sorte de faiblesse, que l'on peut définir comme un manque de sûreté du corps et des instincts. C'est ce qui fait dire à Nietzsche que le décadent en soi choisit toujours des remèdes qui lui font du tort NzEH. Employant un terme médical (psychiatrique) à la mode à son époque, Nietzsche parle aussi de « dégénérescence ». Il importe de souligner que la décadence est plutôt d'ordre psychique, un phénomène que nous appellerions « psychosomatique », et qu'en dépit de quelques provocations de Nietzsche, elle ne se réduit pas à un phénomène strictement biologique, Nietzsche refusant de séparer l'« âme » et le corps, et de distinguer dans l'étiologie des maladies les causes physiologiques et les causes psychologiques. C'est le psychologue Nietzsche (et non le physiologiste, qu'il n'est pas) qui parle de décadence. fin de (1).
On peut ajouter aux propos d'Eric Blondel il y a dégénérescence, décadence, partout où décline cette volonté, cette volonté de puissance 17[4],2. C'est pourquoi Nietzsche affirme avec subtilité qu'il faut se garder de combattre la décadence ; elle est absolument nécessaire, elle appartient à tous les temps, toutes les époques. Ce qu’il faut combattre de toutes nos forces c’est l’introduction du virus contagieux dans les parties saines VP III,61. 15[41].

Dégénérescence : « Un défaut, une dégénérescence peuvent être d’une haute utilité dans la mesure où ils stimulent d’autres organes » NzVP°II,63.

Dépenser (se) : « la prodigalité n’est pas nécessairement un vice ; il se peut qu’elle soit nécessaire. » NzVP°II,36.

Désintéressement (contre le) : « ... comme si tout devenait beau, du seul fait qu'on le contemple sans faire usage de sa volonté » XVI-612 - VP°IV,39

Devenir : voir être et devenir.  |  « Le devenir en tant qu'invention, vouloir, abnégation, triomphe remporté sur soi-même : pas de sujet mais une activité, une inventivité créatrice, ni « cause » ni « effet ». NzVP°II,170. Nietzsche abandonnera sa fiction rédemptrice de l'innocence du devenir au tribunal de la Raison (être).  Ce que confirme ce fragment ; « l'être a été ce qui confère des valeurs. » NzVP°II,170. Il ne l'est plus, car l'être et la question tout en égrédience qui s'y rapporte est marque de décadence

Dominant : « L'instinct dominant, quelqu'il soit, use de ruse et de mensonge contre les autres instincts, afin de garder la haute main » XIII,363 - VP°IV,94

Douleur : « On résiste à la douleur par l'inertie » voir XII-1,254 - VP°IV,33. « Créer des souffrances – à soi et aux autres – pour les rendre capables de la forme de vie la plus exaltée, celle du vainqueur – Telle sera mon but » voir XIV-1,162 - VP°IV,26. Nous rayons puisque le surhomme n'est ni le vainqueur ni le vaincu et qu'au fond « Toute victoire implique le mépris de la vie » XII-2,396 - VP°IV,55.

Dureté : « Toute conquête de la connaissance résulte du courage, de la dureté envers soi, de la netteté envers soi »  VP°IV chap.I

Educateur (philosophe-) : « Si l'on imagine un philosophe qui serait un grand éducateur, assez puissant pour attirer à lui, jusqu'à sa hauteur solitaire, de longues chaînes de générations, il faut aussi lui accorder les privilèges sinistres du grand éducateur. Un éducateur ne dit jamais ce qu'il pense mais seulement ce qu'il pense des choses par rapport à l'utilité de son élève. Il doit être dissimulé pour ne pas se laisser deviner ; c'est une partie de sa maîtrise que de faire croire à sa sincérité. ... Un tel éducateur se place par delà le bien et le mal ; mais il ne faut pas qu'on le sache. » XVI,980 - VP°IV,222

Egalité : Je ne veux qu'une seule égalité : celle que créent le péril extrême et la fumée de la poudre autour de nous » XII-1,502 - VP°IV,49

Energétique voir NsHH°242.

Erreur :  « Comment naît le point de vue perspectiviste et l’erreur ? Dans la mesure où, grâce à un être organique, ce n’est pas un être mais la lutte elle-même qui veut durer, qui veut croître et prendre conscience d’elle-même » NzVP°II,50. « Si évolués que nous soyons, nous retombons toujours dans l’erreur la plus ancienne » NzVP°II,55  « L'erreur est une lâcheté » XVI-1041 - VP°IV,14. « L'erreur [qui pousse jusqu'au détachement et au culte de l'« l'objectivité »] arrive à son comble lorsque Schopenhauer proclame que le seul accès à la « vérité » se trouve dans le détachement de toute passion et de tout vouloir et que l'intellect affranchi du vouloir aperçoit nécessairement la véritable et authentique essence des choses » XVI-612 - VP°IV,39.

Esclavage : « Esclavage dans la division du travail… le perfectionnement consiste à produire des individus plus puissants, auxquelle la plus grande foule possible servira d’instrument… » NzVP°II,45  |  voir individu  | voir dressage.

Etat : Suppression de la notion d’Etat, de l’opposition « privé et public ». « Le décri, la décadence et la mort de l’Etat, l’affranchissement de la personne privée (je n’ai de garde de dire : de l’individu) sont la conséquence de la conception démocratique de l’Etat ; en cela consiste sa mission » NsHH°472. « Ce ne sera pas le moins du monde le chaos qui lui succèdera, mais une invention mieux appropriée que n’était l’Etat, triomphera de l’Etat. Ainsi une race future verra l’Etat perdre de son importance dans quelques régions de la terre… Travailler à propager et à réaliser cette conception et à la vérité une autre affaire, [il faut] maintenir encore l’Etat pendant un bon moment et repousser les essais destructeur des demi-savants trop zélés et trop pressés ! » NzHH°472. « nous nous représentons l’Etat comme un tout durable, réel, comme une chose, et pour cette raison nous nous intégrons à lui à la manière d’une fonction » NzVP°II,55. 
 

Esprit : « « l’esprit en soi » n’est rien » NzVP°II,10.  « Violence et insolence des puissants à l’égard de ceux qui leur sont soumis ; le développement de l’intelligence et le progrès en « humanité » tendent à spiritualiser de plus en plus cette violence et cette insolence. » NzVP°II,32 « Je veux vous dire les trois métamorphoses de l’esprit : comment l’esprit devient chameau, comment le chameau devient lion et comment enfin le lion devient enfant. » NzAZ°I. « Ce que nous appelons « conscient » ou « esprit » n’est  qu’un moyen et un instrument grâce auquel ce n’est pas un sujet mais une lutte qui tâche à se conserver » NzVP°II,50 « Je tiens pour stérile toute pensée qui prend pour point de départ l’image que l’esprit observe de soi dans son propre miroir. » NzVP°II,6 « L’ « esprit » n’est qu’un moyen et un outil au service de la vie supérieure, de l’élévation croissante de la vie ; » NzVP°II,96. « Je suppose chez tout être organique la mémoire et une sorte d’esprit » NzVP°II,99 « Il faut envisager les divers systèmes philosophiques comme des méthodes d’éducation pour l’esprit ; il ont de tout temps développer une certaine faculté de l’esprit, en exigeant que les choses soient vues d’une certaines façon et non d’aucune autre » NzVP°II,89. « Il faut envisager les divers systèmes philosophiques comme des méthodes d’éducation pour l’esprit ; il ont de tout temps développer une certaine faculté de l’esprit, en exigeant que les choses soient vues d’une certaines façon et non d’aucune autre » NzVP°II,89. « nous engraissons l’humanité avec les résidus de notre esprit et de notre expérience » NzVP°II,93. « Nos psychologues, dont le regard demeure involontairement fixé sur les symptômes de la décadence, nous ramène sans cesse à nous méfier de l'esprit» XVI,899 - VP°IV,90  « Y a-t-il une plus dangereuse erreur que le mépris du corps ? Comme si cen 'était que condamner toute la vie spirituelle à la maladie, aux « vapeurs » de l'idéalisme » XVI,1016 - VP°IV,95.  |  « Esprit » : « Notre « esprit », joint à nos sentiments et nos émotions, est un instruments aux service d'un maître à plusieurs têtes et à plusieurs parties ; ce maître, c'est l'ensemble de nos jugements de valeur. » XIII,619 - VP°IV,388  |  Esprit et matière :  « il n’y a pas de corrélation nécessaire entre l’esprit et la matière, il ne faut pas croire qu’ils épuisent ou représentent à eux seuls toutes les formes de la représentation. » NzVP°II,10.

Être et devenir (1)  : Nietzsche, dans la perspective de la mort de Dieu, récuse la distinction, d'origine essentiellement platonicienne, de l'être et du devenir. Cette distinction permet de penser la permanence et l'essence d'un objet ou d'un`corps quelconques, attachées à sa substance (ce qui demeure d'un sujet identique, par exemple une personne, qui reste la même tout le temps qu'elle vit), tout en conciliant cette permanence avec le changement, le devenir, la contingence, la « corruption ». Etre et devenir sont donc opposés par les Grecs comme repos et mouvement.
En se réclamant (peut-être abusivement) d'Héraclite, Nietzsche récuse toute idée d'être, de substance, tant de l'âme que du corps. L'esprit et les pulsions du corps sont continuellement en mouvement. Il n'y a pas d'être (c'est ce qu'il appelle « égypticisme »), tout devient, aussi bien dans l'esprit que dans le corps et la matière. A cette critique se joint celle de la distinction entre chose en soi et phénomène, opérée par Kant et reprise par Schopenhauer. Pour Kant, nous ne connaissons pas les choses telles qu'elles sont en soi, mais telles qu'elles nous sont données dans l'espace et dans le temps. Or, pour que quelque chose nous soit donné, nous apparaisse, se manifeste (du grec phainomenon : qui apparaît), il faut bien supposer (penser, sans pouvoir le connaître) l'existence de quelque chose qui apparaît. La chose en soi est à penser, mais est inconnaissable. Schopenhauer reprend cette dualité, d'abord en posant que la chose en soi est la volonté, et ensuite en disant que le phénomène, ce qui apparaît à notre esprit, est la seule manifestation de cette volonté : il oppose ainsila représentation consceinte à la chose en soi inconsciente. [...]
L'expression que Nietzsche utilise pour caractériser la vraie nature des choses est « innocence du devenir » (Unschuld des Werdens). Cette formule signifie que le devenir (l'histoire, la vie comme genèse et corruption, comme naissance et déclin) est dépourvu de toute finalité, de tout but qui lui donnerait un sens, une direction, une signification immanente ou transcendante : le sens de l'histoire, le progrès, l'ordre, la nécessité, le destin, la raison, l'Esprit (ainsi qu'on peut le voir chez Hegel, chez Marx, ou encore chez Platon et Aristote), mais aussi la décadence, la dégénérescence, la perte des traditions. Dans le mot Unschuld, il a Schuld, qui signifie faute être, la nature, les choses et les sociétés ne sont pas « en faute », coupables de déchéance ou d'absence de sens (comme par exemple dans une philosophie de l'absurde, et déjà d'une certaine façon chez Schopenhauer). Mais Schuld signifie aussi dette la nature, l'être, l'histoire ne nous « doivent » rien, ne poursuivent pas une fin, ne vont pas dans une direction qui leur donneraient un
but et un sens (téléologie). Tel est le sens dernier de la célèbre doctrine, dont Nietzsche au demeurant ne dit rien dans le Crépuscule des idoles, de l'éternel retour de l'identique : rien n'est, tout devient, tout revient, éternellement, du pareil au même, sans qu'il y ait d'autre signification à cette répétition que le devenir lui-même, puisque la répétition signifie que les choses n'ont pour but qu'ellesmêmes. Ajoutons, pour finir, que le mot de « surhumain » désigne l'idée d'un être humain qui, au lieu de refuser le devenir, le chaos terrible et énigmatique, l'innocence du devenir, comme le fait le faible, serait, non pas au-dessus de l'humain, mais au-delà de l'humain..(la particule liber signifie dans Ubermensch non pas tant « sur », « au-dessus », que « de l'autre côté », « au-delà », en sorte que, si c'était possible, il faudrait traduire par « outrehumain », comme les Anglo-saxons, qui traduisent, non par superman, mais par overman). Fin de (1).   |  Eternel retour ≠ cycle.   « Dire que tout revient c'est rapprocher au maximum le monde du devenir de celui de l'être : cime de la contemplation » NzVP°II,170.  |  « Double falsification, l"une provenant des sens l'autre de l'esprit, destinées à produire un monde de l'être, du permanent, de l'équilibre, etc. » NzVP°II,170.  |  « Imprimer au devenir le caractère de l'être - c'est la forme supérieure de la volonté de puissance » NzVP°II,170 « La condamnation du devenir ... proviennnent des valeurs attribuées à l'être... ».NzVP°II,170  |  « l'être a été ce qui confère des valeurs. » NzVP°II,170..

Europe : « Je fais abstraction de toutes ces guerres nationales, de ces nouveaux empires et de tout ce qui encombre les premiers plans. Ce qui m'importe – car c'est ce que je vois lentement se préparer et comme sans hésitation – c'est l'Europe unie. » XIII,882 - VP°IV,71 « L'argent à lui seul obligera l'Europe, tôt ou tard, à se coaguler en une seule masse » XIII,882 - VP°IV,71.

Evénements : « Ce sont les paroles les plus silencieuses qui sèment les tempêtes » EH 0,3.

« Expérience » et réaction : L’ « expérience » est le résultat de toutes ces réactions de nous-mêmes sur les choses, en nous et hors de nous – Nous avons fusionné la réaction avec la chose qui agissait sur nous. » NzVP°II,109.

Facilité : « Et ma grande idée exige que je vive pour l'avenir de l'humanité, aux dépens de ma commodité présente. » XV,134 - VP°IV,5.

Fait : «  « Le Dieu en devenir » est l’expression mythologique des faits véritables » NzVP°II,46 voir interprétation.

Finalité : « la complication des processus (par exemple, dans la plante, ceux de la fécondation) est un argument contre le finalisme. » NzVP°II,36. Voir volonté : « je tiens même « la fin » et « le vouloir » en nous pour une illusion. » NzVP°II,6 |  Fins : « Absolue nécessité d'abolir complètement toutes les fins ; sans quoi nous ne pourrions plus tenter de nous sacrifier ou de nous laisser tenter » XVI,787 - VP°IV,54.

Forces.  |  Force active : « qui crée parmi les contingences » NzVP°II,25. voir Hasard.  |  Force motrice : « toute force motrice est volonté de dominer » NzVP°II,42  |  Force physique : « La force physique devient de moins en moins nécessaire ; on a l'intelligence de faire travailler les machines, l'hôme croît en puissance et s'intellectualise » XIV-1,207 - VP°IV,79. « Aux époques de tension douloureuse et de vulnérabilité, choisis la guerre : elle endurcit, elle fait des muscles » XVI,1040 - VP°IV,46.  | Force et Faiblesse (1) (voir aussi « Décadence ») : Faiblesse et force s'opposent comme maladie et santé, au sens psychophysiologique de ces mots. Mais il faut immédiatement préciser que, puisqu'il ne s'agit pas de phénomènes essentiellement séparés et physiquement mesurables, puisque la distinction corps-esprit est floue et la plupart du temps impossible, et surtout puisque Nietzsche n'oppose pas des entités et des contraires absolus, la santé n'est pas radicalement distincte de la maladie (comme le voudraient encore aujourd'hui beaucoup d'esprits racistes et simplificateurs qui distinguent les « races' saines » et les « races dégénérées », les « esprits sains » et les `3 « esprits morbides »). Donc, la force et la faiblesse sont des états fluents et fragiles, la santé inclut la maladie comme ce qu'elle parvient à surmonter (de même que l'organisme sain est celui qui se défend par son système immunitaire et non celui qui ne contient pas de germes microbiens ou pathologiques). Force et faiblesse sont des aspects ou des états changeants, et éventuellement fragiles ou passagers, d'un organisme, d'un psychisme, d'un corps. Même si la formulation de Nietzsche est parfois équivoque, il n' a pas, d'une part, les forts et, autre part, les faibles, mais de la faiblesse dans chaque psychisme ou état somatique fort ou sain. Nietzschéen a appelé « grande santé » cette capacité à surmonter la faiblesse, la décadence et la maladie en soi, la force absolue étant un mythe. Il y a donc lieu de considérer force ou faiblesse, non comme des états, des natures fixes et certaines, mais comme des symptômes, des situations de rapports de forces où l'issue des conflits est toujours à interpréter. Telle est la tâche de la généalogie, comme sémiotique et symptomatologie.  fin de (1) |  Force interne : « La force interne est infiniment supérieure » NzVP°II,63  |  Fort : Fort est à comprendre comme riche en propositions et faible comme faible en proposition, tel que l'éclaire Barbara Stiegler, cela n'a rien à voir avec la brutalité mais avec l'endurance comme vous allez le voir. Ce hiatus se comprend mieu à l'ère de la bombe atomique et du drone. Tout le monde connaît cette adage : ce qui ne tue pas rend plus fort. Le grand souhait de Nietzsche demeure celui-ci : si nous pouvions prévoir les conditions dans lesquelles pourront naître les individus de valeur supérieure NzVP IV,195 ! Mais mieux que cela, il propose de créer les conditions dans lesquelles on aura besoin d’hommes plus forts, qui de leur côté auront besoin d’une morale fortifiante NzVP IV,200, d’une ascèse renaturalisée NzVP IV,289. Dans des conditions égales, nombre d’hommes périssent continuellement, l’unique individu sauvé en est d’ordinaire plus fort, parce qu’il a supporté ces circonstances fâcheuses grâce à une force innée indestructible et y a encore trouvé pour cette force exercice et accroisssment : ainsi s’explique le miracle NzHH°242. Il n'hésite pas à parler de disloquer complètement l’âme humaine, la plonger dans l’effroi, dans le gel, dans le feu et dans les ravissements pour qu’elle se libère GM III,20.

Généalogie (1)  (appelée aussi Psychologie) : C'est l'analyse qui consiste à rapporter les représentations à certains états du corps comme à leur véritable origine, voire leur « origine honteuse » cachée. Elle se donne donc pour tâche d'interpréter des idéaux, non point comme des idées éternelles et des vérités fixes (ainsi que dans la théorie platonicienne des idées), mais comme des signes, des symptômes de certains états du corps, ou plus exactement de l'unité corps-esprit que Nietzschéen, dans Ainsi parlait Zarathoustra, appelle « grande raison ». Cependant, comme le corps, autrement dit les désirs, la volonté, la volonté de puissance sont cachés, ou plutôt ne sont pas de l'ordre de la représentation consciente, claire, simple et rationnelle, mais de nature sensible, affective, plurielle, équivoque et conflictuelle (c'est le corps symbolisé par Nietzsche par la métaphore de l'estomac et d'un organisme social), les idéaux ne sont que les signes et les symptômes de ce qui reste caché (comme, dans la généalogie, le père ou l'ancêtre est caché, invisible). Ainsi, plus tard, chez Freud, restent étroitement liés, dans le rêve, le sens manifeste et le sens latent, le conscient et l'inconscient. La généalogie est donc l'interprétation des signes de ce qui est caché, et non le dévoilement clairet distinct d'une vérité une et simple. Elle est donc déchiffrage d'énigmes, du « langage chiffré des affects », qui s'interprètent comme le texte est interprété par un philologue. Nietzsche utilise souvent cette comparaison avec le décodage d'un texte hiéroglyphique et il la complète avec les diverses images tirées du langage médical de son temps (auscultation, palpation, percussion, symptomatologie), en empruntant son vocabulaire et ses images (mais pas ses concepts) à cette partie de la science médicale qui en son temps s'appelait sémiotique non pas au sens linguistique ou littéraire, mais au sens de la science des signes (grec sémillon) des maladies.

Génie : « L'homme de génie... Il est le fort, il est la force » voir XIV-1,435 - VP°IV,31. Nietzsche reconnnaît par ailleurs s'être débarassé de la notion de génie (héritée de Schopenhauer). « Le « génie » est la machine la plus sublime qui soit donc la plus fragile » NzVP°II,160. En ce qu'elle est sublime, elle est encore romantique. 

Grecs (attrait pour les) : « Nous devenons plus grecs de jour en jour, d'abord bien entendu, dans nos concepts et nos évaluations, comme si nous étions des fantômes grécisants. Mais un jour, espérons-le nous deviendrons physiquement des Grecs. » XV,419 - VP°IV,16. Dit autrement c'est le signe d'une grande époque féconde.

Guerre : voir révolution. « Aux époques de tension douloureuse et de vulnérabilité, choisis la guerre : elle endurcit, elle fait des muscles » XVI,1040 - VP°IV,46 « Les guerres sont pour le moment les plus forts stimulants de l'imagination, maintenant que les extases et les terreurs du christianisme ont perdu de leur vertu » XI-2,559 - VP°IV,69. « Aux époques de tension douloureuse et de vulnérabilité, choisis la guerre : elle endurcit, elle fait des muscles » XVI,1040 - VP°IV,46.

Hasard : « Le hasard n’est que l’entrechoquement des impulsions créatrices » NzVP°II,25, « il nous faut tirer parti des fait contingents et gênants et les faire entrer en ligne de compte dans tous nos projets, si bien que tout ce que nous réalisons porte ce même caractère, celui d’un esprit qui réalise son plan … par des voies tortueuses » NzVP°II,36.. Hasard : Si vous savez qu'il n'y a pas de but vous savez qu'il n'y a pas de hasard : car c'est seulement aux côtés d'un monde de buts que le terme « hasard » NzGS°109.

Hédonisme : voir prudence. voir aussi le début de l'Antéchrist quant à Epicure. Il faut être un Tartudde pour chercher un Nietzsche épicurien.

Hiérarchie : « l’aristocratie à l’intérieur du corps » NzVP°II,45. « Individus innnombrables sacrifiés au bénéfice de quelques uns » NzVP°II,71/80  |  « De la hiérarchie entre les hommes  / De l'inégalité entre les hommes supérieurs (selon leur degré de force) / De la hiérarchie entre les créateurs (sous le rapport de la fixation de valeurs)  » voir XIV-1,107 - VP°IV,15.

Héroïsme : l'héroïsme se découvre à marée basse, quand toute la sève est partie, célébrer le héros est la marque d'une décadence, car quand le héros est la norme on ne le célèbre pas. « L'héroïsme, c'est l'état d'esprit d'un homme qui tend vers un but au prix duquel plus rien n'entre en considération [cf. n'être fidèle qu'à une seule promesse de NzGM°I] » XII-2,332 - VP°IV,19.« L'homme héroïque qui se delasse de la bataille et de ses fatigues et de la haine, et qui a honte de tout pathos – et en regard le prêtre  » XI-2,436 - VP°IV,51  « L'héroïsme n'est pas un profit égoïste puisqu'on en meurt » XIV-1,435 - VP°IV,31. « L'héroïsme, signe de liberté ... A l'héroïsme appartient aussi en ce cas la sympathie cordiale pour la vie humble, idyllique n'est pas un profit égoïste puisqu'on en meurt » XIII,359 - VP°IV,36.

Homme : « « Il n’ y a pas d’homme parce qu’il n’y a jamais eu de premier homme » Ainsi raisonnent les animaux. » NzVP°II,68, « L'existence de l'homme a dépendu de la croyance à cette réalité (croyance au corps, à la durée, à la substance...)... Ce n'est pas la vérité mais l'homme que l'on cherche à connaître à travers toutes les époques où il a existé, c'est à dire que l'on construit un fantôme [chimère] » NzVP°II,162 voir Individu.  |  Grand homme : « Le grand homme sent la puissance qu'il a sur un peuple » XIV-1,435 - VP°IV,31 « Quiconque sait commander rencontre ceux qui ne savent qu'obéir ; se pense par exemple à Napoléon et à Bismarck.  » XV,128 - VP°IV,87.

Idiosyncrasie (1)  : Mot très souvent utilisé par Nietzsche. D'origine médicale, il désignait, surtout à l'époque de Nietzsche, l'ensemble des traits de tempérament physique et psychologique qui définissent les réactions habituelles d'un être. Nietzsche l'utilise pour rassembler sous un même type (c'est ce qu'il appelle la « typologie ») les groupes sociaux qu'il dénomme les faibles * ou les décadents *.

Individu : « Finalement apparaît l'individu humain, l'être le plus élevé et le plus imparfait, tel que dans la règle il périt et fait périr les formes dont il est issu. » NzVP°II,160.  |  Entrave et Détresse : « ce qu’acquiert l’individu pourrait en même temps l’entraver et l’arrêter dans son évolution » NzVP°II,63 « une situation de détresse peut être une nécessité d’existence, si elle ramène l’individu à la mesure exacte qui lui permet de subsister et de ne pas prodiguer » NzVP°II,63.

Innocence : « Seule l'innocence du devenir nous donne le maximum de courage et le maximum de liberté » XVI,787 - VP°IV,54.

Instinct : « la vie de tout instinct c’est d’agir » NzVP°II,49.. Rappel chez Victor Hugo : « aimer, c’est d’agir »

Interprétation.  |  Fait et interprétation : « Au positivisme qui s'en tient aux phénomènes et dit : « Il n'y a que des faits » - je voudrais objecter : Non, justement il n'y a pas de faits, rien que des interprétations. NzVP°II,133. « Les mêmes milieux peuvent être interprétés et exploités de façons opposée ; il n’y a pas de faits. » NzVP°II,64  |  Monde et interprétation : « la valeur du monde réside dans l'interprétation que nous en donnons » NzVP°II,167.

Jugement de valeur : « Nos jugements de valeur déterminent quelles sont les chose que nous acceptons et comment nous les acceptons. Mis ces jugements de valeurs sont inspirés et réglés par notre volonté de puissance » NzVP°II,30 « Voici le mystère : comment l’organique en est-il venu à juger l’identique, l’analogue et le permanent ? » NzVP°II,55.

Langage (maladie du…) : « Les moyens d’expression du langage sont inutilisable pour dire le « devenir » » NzVP°II,58 : ce sont les formes d’expression du langage qui sont malades.

Liberté : « Seule l'innocence du devenir nous donne le maximum de courage et le maximum de liberté » XVI,787 - VP°IV,54.

Lois de la nature : « Le règne des lois dans la nature est une fausse interprétation humanitaire ». NzVP°II,39.

Lutte : « Pour ma part, le sentiment du plus, la sensation du devenir plus fort, abstraction faite de la lutte, me paraît le progrès véritable ; c’est de cette sensation que peut naître la volonté de lutter ».NzVP°II,72.

Mal : « Dans l'organisation psychique des primitifs domine la crainte du mal. Qu'est-ce que le mal ? Trois choses : le hasrad, l'incertain, le soudain » XVI,1019 - VP°IV,96.

Maladie et santé  |  Maladie du langage : « partout le langage est en souffrance NzRW°5.  |  Repos : « rester coucher sans bouger est le remède… pour toutes les maladies de l’âme NzHH2b°361.  |  Guérison de Nietzsche : « du romantisme NsHH2a°2. |  « bataille contre le pessimisme antiscientifique de tout pessimisme romantique NsHH2a°5.  |  Mon père est mort à trente six ans… A l’âge même où sa vie déclina, la mienne déclina aussi c’est dans ma trente-sixième année que j’ai atteint l’étiage de ma vitalité,  NzEH°II,1.

Matière : Nietzsche dès ses premiers écrits ose affirmer qu'il n'y a pas de matière (en 1872). Il n'hésite pas à le répéter :« la matière est une erreur au même titre que le Dieu des Eléates NzGS°109.

Masque (paravent des contingences) : « Le hasard de nos situations, les expériences de notre vie nous serviront de paravent (comme pour Goethe, Stendhal) et nous en accentuerons le caractère pour faire illusion sur ce que nous tenons à l'arrière plan. Quant à nous, nous resterons dans l'expectative et nous nous garderons d'attacher notre coeur à ces contingences. Elles nous serviront de chalets de montagne, dont le voyageur se sert et s'accommode – nous nous garderons d'y prendre racine. » XIII,882 - VP°IV,71   |  voir Dissimulation.

« Matière » : « Je ne crois pas à « la matière » et … je tiens Boscovich pour l’un des grand tournant de la pensée, comme Copernic. » NzVP°II,6. « la matière est une forme subjective » NzVP°II,9 « tout ce qui est matériel est un mouvement symptomatique qui révèle un fait inconnu » NzVP°II,10.  « Exclure absolument le mécanisme et la matière ... La forme la plus déspiritulisée de l'émotion (de la « volonté de puissance ») » NzVP°II,170.  |  « Quel sentiment de puissance ! ... L'homme a de nouveau triomphé de la « matière », il s'est rendu maître de la vérité ! » XVI,853 - VP°IV,8.  |  Matière/esprit :« Le penseur aspire à s'unir aux choses et s'en voit séparé – c'est sa passion. Ou bien tout se résoudra en connaissance, ou bien il se dissoudra dans les choses – c'est sa tragédie. Dans le dernier cas, c'est sa mort et le pathétique de cette mort : dans le premier cas, c'est son besoin de tout transformer en esprit. Jouissance de vaincre la matière, de l'évaporer, de la violenter, etc. Plaisir de l'atomisme, des théorèmes mathématiques. Concupiscence !  » XII-1,9 - VP°IV,43.

Méchanceté : « L'homme "violent" (ou, en terme de morale, l'hommme méchant) est un retour à la nature - et en un certain sens sa restauration, sa guérison de la "civilisation". » NzVP°II,160. Pour nietzsche la méchanceté est rare (NzGS). « Les méchantes actions appartiennent aux puissants et aux vertueux ; les mauvais et basses aux subordonnés » XVI,1026 - VP°IV,219. Nietzsche en éducateur : « Nous voulons que l'homme devienne plus méchant qu'il ne l'a jamais été » XVI,988 - VP°IV,224.

Miroir : « Le miroir suppose du permanent » NzVP°II,55 « qui est assez lucide … pour opposer son miroir au miroir de Dionysos ? Pour proposer une solution à l’énigme de Dionysos ».  |  Projection en miroir : « d’abord naît la croyance au permanent et à l’identique hors de nous ; plus tard seulement après avoir acquis l’immense habitude de ce qui est en dehors de nous, nous nous percevons nous-mêmes comme permanents et pareils à nous-mêmes, comme un absolu. » NzVP°II,55.

« Monde » : « Et savez-vous ce qu’est « le monde » pour moi ? … Ce monde c’est le monde de la volonté de puissance et nul autre » NzVP°II,51. « il appartient à notre indissoluble besoin de conservation de poser sans cesse un monde plus grossier d’êtres durables, de « choses », etc. » NzVP°II,58  |  « Le monde condamné, en face d'un autre monde artificiellement construit, un monde « vrai, authentique ». Finalement, on découvre de quels matériaux on a construit ce « monde vrai » ; et il ne reste plus que le monde condamné, et l'on met cette déception au compte d'une coupable méchanceté » VP°IV,4 / XI-2,567. « A supposer que notre conception usuelle du monde fût un malentendu » XVI,1010 - VP°IV,6 .  |  « Monde extérieur » : « Le pouvoir créateur chez les êtres vivants, quel est-il ? – C’est le fait que tout ce qui constitue pour chacun son « monde extérieur » représente une somme de jugements de valeurs. » NzVP°II,89.  |   Monde vrai (1) : (Voir « être et devenir ») MORT DE DIEU (Nihilisme) Très schématiquement, puisque Nietzsche n'en parle guère dans le Crépuscule des idoles, il faut insister sur quelques idées clefs. Cette expression ne signifie pas que, pour Nietzsche, Dieu n'existe pas. Ce n'est pas l'équivalent d'une déclaration personnelle d'athéisme. Sans doute, Nietzsche se dit-il athée, et désigne-t-il certains athées comme libres penseurs. Mais la question n'est pas là, dans une option personnelle. Selon Nietzsche, en effet, on peut être athée et libre penseur sans pour autant renoncer aux substituts de la foi en Dieu, à savoir les idéaux, les « idées modernes », les « idoles », appelés l'« ombre de Dieu ». Celui qui a renoncé aussi aux substituts de Dieu que sont le Bien moral, la Vérité, le Progrès, la Science, l'égalitarisme, le socialisme, la Justice, la démocratie, est appelé par Nietzsche proprement « esprit libre ». Les synonymes de cette expression, dans le vocabulaire de Nietzsche, sont « immoraliste » ou plus généralement « nihiliste ». « Dieu », ce n'est donc pas seulement le Dieu chrétien, mais toutes les idoles. Et le nihilisme ne consiste pas à les nier, à les refuser, mais à constater qu'elles ne sont rien (latin nihil, néant), sur le modèle, alors sulfureux, des révolutionnaires et anarchistes russes. Mais puisque ce Dieu et ces idoles, ces idéaux sont le fondement ultime de toutes les valeurs les plus hautes de l'humanité, la mort de Dieu est annoncée par Nietzsche comme une catastrophe (cf. Le Gai savoir, § 125), puisque disparaissent toutes les certitudes essentielles qui constituent et soutiennent l'humanité de l'homme. « Rien n'est vrai, tout est permis » (Généalogie de la morale, 3` traité, § 24), cela ne signifie pas qu'il faut croire et faire n'importe quoi, mais qu'il n'existe aucun fondement, aucune garantie que les vérités les plus certaines (par exemple scientifiques) sont vraies, ni que ce qui est unanimement tenu pour bien est bon (la morale universelle, la justice ou les droits de l'homme). Il n'y a donc plus aucune certitude, mais rien que des perspectives, des évaluations (« valeurs ») sans aucun fondement ultime dans l'Être absolu.

Morale et immoralisme : « J'appelle morale un système de jugement de valeur qui est en relation avec les conditions d'existence d'un être » NzVP°II,136.« La morale est tout aussi « immorale » que tout le reste sur la terre ; la moralité elle-même est une forme de l'immoralité »  NzVP°II,139.« Toute morale comporte une certaine analyse des actions ; toutes les morales sont fausses »  NzVP°II,139.. « Est immoral ce qui est contraire aux mœurs » NsHH2b°90 .  |  « La philosophie, telle que je l’ai comprise et vécue jusqu’à présent, consiste à vivre volontairement dans les glaces et les sommets — c’est la recherche de tout ce que l’existence à d’étrange et de douteux de tout ce qui a été jusqu’à présent mis au ban par la morale » NzEH°II,3.  |  « Il faut maintenant que les moralistes consentent à se laisser traiter d’immoralistes parce qu’il dissèque la morale… Les moralistes d’autrefois ne disséquaient pas assez et prêchaient trop souvent.  » NsHH2c°19. « Une civilisation supérieure ne peut naître que là où il y a deux castes distinctes de la société ; celle des travailleurs [moraux] et celles des oisifs [immoraux], capable de loisir véritable… le fait est que la caste des oisifs est la plus capable de souffrances, la plus souffrante, son contentement de l’existence est moindre, sa tâche plus grande » NsHH°439.  |  Morale (le nihilisme vaincu par lui-même) : « Dans quelle mesure la destruction de la morale par elle-même est-elle encore une preuve de sa force propre ? » XVI,853 - VP°IV,8.  | Moralité ≠ moeurs :  « Nous manquons de la connaissance et de la conscience des torsions que le jugement moral a déjà subies et de nombre de fois où, de la façon la plus radicale, le « mal » a ét baptisé « bien ». J'ai signalé un de ces glisseements quand j'ai opposé la « moralité » aux « moeurs ». Laconscience morale a aussi changé de sphère ; il y a eu autrefois un remords grégaire »  NzVP°II,148.  | Sur les mœurs et les institutions voir NsHH2b°89.

Mort : « La mort met le sceau à toute grande passion, à toute héroïsme, sans elle l'existence serait sans valeur. voir Maladie.

Mouvement : « Doué d’une vue plus subtile, tu verrais toutes choses mouvantes » NzVP°II,52 « j’ai besoin partir de la « volonté de puissance » comme origine du mouvement. Par suite le mouvement ne peut être conditionné du dehors, ne peut-être causé… » NzVP°II,58.

Muscles : voir force physique.

Nationalisme : « Grâce à la liberté des communications, des groupes d'hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées. » XIII-883 - VP°IV,76 « Les folies nationales ne doivent pas nous dissimuler le fait qu'à un niveau supérieur il existe dès maintenant une solidarité intellectuelle constante. » XIII-884 - VP°IV,77« Y a-t-il une pensée quelconque derrière ce nationalisme de bêtes à cornes ? » XVI,754 - VP°IV,75. 

Nihilismes : Nous mettons au pluriels car il y a deux nihilismes. L’un passif, l’autre actif. Mais tous deux ruinent, anéantissent, disent non . L’anéantissement par le jugement seconde l’anéantissement par la main 11[123]. Si l’on fait la synthèse des deux, le nihilisme « passif » comme le nihilisme « actif » sont un arrêt de la création. Pour le philosophe, c’est un repos, confirme Giorgio Colli ColEN_147. Le nihiliste est en quelque sorte l’homme du repos. Si, à plusieurs reprises, Nietzsche lui-même se dit nihiliste, c’est qu’il se désigne comme celui qui a atteint une véracité adulte. C’est le cas dans les fragments d’automne-hiver 1887-1888 : La croyance du nihiliste est une détente pour quelqu'un qui, tel un guerrier de la connaissance, se trouve sans relâche en lutte contre toutes sortes de vérités laides 11[108]. Plus en détail, 1°) le nihilisme passif est une régression de la puissance de l’esprit. Il élève en valeur tout ce qui réconforte, guérit, tranquillise 9[35],B. Il dissocie les valeurs et les buts qui dans la création sont réunis. C’est une façon d’éteindre l’élan créateur, d’amoindrir l’énergie spirituelle. C’est le mouvement inverse au « faire coïncider le voir avec le vouloir » de Bergson. 2°) Le nihilisme actif est le signe que la force de l’esprit a pu s’accroître, s’intensifier de telle sorte que les buts fixés jusqu’alors ne sont plus à sa mesure. Il détruit donc les anciennes valeurs. Ce nihilisme est donc accouplé à un scepticisme propre à toutes les grandes pensées. Ce nihilisme est la suppression qui accompagne toute substitution de valeurs, c’est l’aspect destructif de toute création. La nécessité demeure de balayer les valeurs anciennes, les épuiser avant d’en créer de nouvelles.  |  Idéalisme et sens : « Tout l'idéalisme de l'humanité antérieur est sur le point de verser dans le nihilisme, dans la croyance dans l'absence totale de valeur, c'est-à-dire de sens. » NzVP°II,170. ​​​​​​ |   Perspectivisme et sens : « Si tant est que le mot « connaissance » ait un sens, le monde est connaisssable ; mais il est divesement interprétable, il n'y a pas de sens par devers lui, mais des sens innombrables - « perspectivisime ». NzVP°II,133.

Œuvre : [le plaisir à « l’œuvre » que l’activité réalise] NzVP°II,24. « Chef-d’œuvre : l’organisme construit à partir e l’œuf » NzVP°II,45

Organique<: « Si le puissant principe organique m’inspire un tel respect, c’est précisément à cause de l’aisance avec laquelle il s’assimile les substance inorganiques NzVP°II,66, allusion à une possible pensée organique NzVP°II,57. « Voici le mystère : comment l’organique en est-il venu à juger l’identique, l’analogue et le permanent ? » NzVP°II,55 « Je n’aperçois pas pour quelles raisons la vie organique a dû jamais naître » NzVP°II,68 « Admettre qu’il y a des perceptions dans le monde inorganique … Avec le monde organique commence l’imprécision et l’apparence. » NzVP°II,87 « Tout le processus organique aboutit à nous comme à son résultat » NzVP°II,109. « Tout être organique se distingue de l’inorganique en ce qu’il amasse des expériences » NzVP°II,98  !  inorganique : « Le fait est que la volonté de puissance règne dans le monde inorganique, ou plutôt qu’il n’y a pas de monde inorganique  NzVP°II,89 « Le domaine où l'erreur n'existe pas, c'est le domaine supérieur de l'inorganique, de l'intellectualité non individuelle. » NzVP°II,132.  |  « Organe » : « dépérissement d’autres parties réduites au rôle d’« organes » » NzVP°II,63.

Passif : « Qu’est qui est « passif » ? Être entravé d            ans le mouvement qui porte en avant ; donc acte de résistance et de réaction » NzVP°II,43.

Penser :« La créature organique ... ne peut penser que pour autant cela serve à sa conservation .» NzVP°II,132 « « Penser » au stade primitif (pré-organique) c’est réaliser des formes, comme dans des cristaux …/… réduire la nouveauté à l’identité » NzVP°II,57.

Perception :« La plus grande part de la perception sensible est une divination » NzVP°II,65.

Perfection : « Conception d'une perfection nouvelle : ce qui ne correspond à notre logique, à notre idée du « beau », du « bien », du « vrai » pourrait être plus parfiat dans un sens plus élevé que ne l'est notre idéal lui-même » XVI,1010 - VP°IV,6.  Un peu différente de la conception spionziste pour laquelle la perfection est la réalité.

Pessimisme : « Voici l'heure du grand Midi, de la clarté la plus redoutable : ma propre variété de pessimisme » XV,134 - VP°IV,5. « Le pessimisme des énergiques : Après une lutte terrible, après la vicoire même, se demander : « A quoi bon ? » < = nihilisme> » XVI,853 - VP°IV,8.

Pessimisme de la force (cf. Schopenhauer) : « Arrêtons-nous un instant sur ce symptôme de très haute civilisation : je l'appelerai le pessimisme de la force. A présent l'homme n'a plus besoin d'une « justification du mal », il a horreur justement de rien « justifier » ; il savoure le mal pur et cru, et le mal absurde lui semble le plus intéressant. S'il a jadis eu besoin d'un Dieu, ce qui le ravit maintenant, c'est une organisation de l'univers qui se passe de Dieu, un monde de hasards dont l'essence est terreur, équivoque et imposture ... Ce pessimisme de la force abouit lui aussi à une théodicée, c'est-à-dire à une affirmation totale de l'univers, mais pour les raisons mêmes qui avaient servi à le nier ; il aboutit donc à concevoir ce monde comme la réalisation positive de l'idéal le plus haut » XVI-1019 - VP°IV,96.

Philosophie : « La philosophie n’est pas un dogme, mais le régulateur provisoire de la recherche savante » NzVP°II,6. « Seule philosophie que j’admette encore.. » cf. NzVP°II,5 « Il faut envisager les divers systèmes philosophiques comme des méthodes d’éducation pour l’esprit ; il ont de tout temps développer une certaine faculté de l’esprit, en exigeant que les choses soient vues d’une certaines façon et non d’aucune autre » NzVP°II,89.  |  ​​​​​​​Rareté du philosophe  : « Pourquoi le philosophe est-il une réussite rare. Il lui faut des qualités qui le plus souvent détruisent un homme » XVI,976 - VP°IV,7. |  .philosophie allemande : « La philosophie allemande dans son ensemble – Leibniz, Kant, Hegel, Schopenhauer, pour ne nommer que les plus grands – est l'exemple le plus complet de romantisme et de nosalgie qui ait existé » XV,419 - VP°IV,16.  |   voir plus l'avis de Nietzsche sur son oeuvre et sa tâche de philosophe.

Plaisir : = « l’excitation de la sensation de puissance, causée par un obstacle (renforcée encore les entraves et des résistance rythmiques), ce qui la gonfle. Ainsi dans tout plaisir la douleur est enclose. » NzVP°II,44 idem II,43

Progrès (critique du) : « Pour ma part, le sentiment du plus, la sensation du devenir plus fort, abstraction faite de la lutte, me paraît le progrès véritable ».NzVP°II,72

Pudeur : « la pudeur semble apparaître qu’au moment où l’homme n’est plus l’instrument d’une Volonté impersonnelle… » NzVP°II,28 (fragm. de 1870)

Puissance : « comment la puissance renoncerait-elle à jouir d’elle-même ? » NzVP°II,32

Poésie (ampleur de la force poétique) : « Cet instinct poétique a une tâche divinatoire, et non fantaisiste. » NzVP°II,65

Principes (trahison des) : « Es-tu de ceux qui, comme penseurs, demeureront fidèles à leurs principes ? Non pas en maniaque, mais en soldat fidèle à la consigne ? La trahison ne s'adresse pas aux personnes seulement. » XIII,91 - VP°IV,48.

Progrès : « Les conditions du progrès de la civilisation .. sont les conditions de toute croissance » XV,134 - VP°IV,5. 

Prudence : « Eudémonisme, hédonisme, utilitarisme : signes de servitudes comme toutes les morales de la prudence » XIII,359 - VP°IV,36.

Races : Il n’y a probablement pas de races pures mais des races épurées NzAU°IV,272.

Raison (contre le principe de) : « si une chose arrive de telle façon et de telle autre, il n’y a là ni « principe », ni « loi », ni « ordre » ; il y a des quantités de forces qui entrent en jeu, et dont la nature est d’exercer leur puissance sur tout es les autres quantités de forces » NzVP°II,41.

Renoncement : voir résignation.

Résignation : « la résignation, le renoncement, la vertu, « l'objectivité » peuvent être à tout le moins le signe que l'essentiel commence à faire défaut » (l'essentiel ou l'important) XVI,390 - VP°IV,32.

Ressentiment (1)(Voir « Décadence » et « Faiblesse ») : C'est toujours le mot français qui est employé par Nietzschéen dans ses textes. Il apparaît dans la Généalogie de la morale (1887) et dans les écrits de 1888. Il désigne la rancune impuissante et recuite du faible envers la réalité, envers ce monde-ci, le monde sensible, le monde des affects, des passions, du corps, de la vie, donc du devenir et des contradictions et du tragique. Autrement dit, le ressentiment en veut au monde d'être ce qu'il est énigmatique, équivoque, contradictoire, « immoral », cruel. L'homme du ressentiment veut se venger par le discrédit et la calomnie d'un monde sensible dont il souffre parce qu'il ne parvient pas à s'y adapter, à le maîtriser (L'Antéchrist, § 15). Dans sa bouche, « le mot de monde est un terme d'injure » : ce monde est méchant, immoral. D'où la « rancune des impuissants », qui prend un tour moral par le renversement des valeurs par les esclaves. Ceux qui ne peuvent se rendre maîtres du monde, des choses et d'eux-mêmes ou de leurs passions (les « esclaves », au sens psychique, plutôt que social ou politique), se dressent contre le monde (c'est « l'insurrection des esclaves ») pour lui dire non par la calomnie de type moral : ce monde est condamnable, parce qu'il est pécheur (sous-entendu, parce qu'il me fait souffrir, moi le faible) (Généalogie de la morale, 1 er traité,§ 10).

Révolution sociale : voir guerre. « les guerres sociales sont en effet des guerres contre l'esprit mercantile » XII-1,441 - VP°IV,70.  « La Révolution sociale sera peut-être un évènement plus grand encore ; c'est pourquoi elle viendra. Mais sont succès sera moindre qu'on ne l'imagine  ; l'humanité est loin de pouvoir tout ce qu'elle veut, ainsi qu'il est apparu au cours de la Révolution française » XI-2,559 - VP°IV,69.« Une fois passées la grande émotion et l'ivresse de la tempête, il apparaît que pour pouvoir plus encore il faudrait avoir eu plus de force et plus expérience » XI-2,559 - VP°IV,69. « Nous sommes révoltés contre la Révolution... Nous nous sommes écmancipé de la crainte de la raison, de ce fantôme du XVIIIe siècle ; de nouveau nous osons être absurdes, uérils, lyriques ; en un mot nous sommes des musiciens » XVI,1015 - VP°IV,92.

Science :   « Pendant des milliers d'années, toutes les méthodes, tous les postulats de notre science moderne ont été en butte au plus profond mépris » XVI,469 - VP°IV,41 La conscience des petites choses, le contrôle de soi chez l'homme religieux a été l'école préparatoire du savant ; surtout la disposition à prendre les problèmes au sérieux, abstraction faite de ce qui peut en résulter personnellement pour le chercheur » XVI,469 - VP°IV,41 « Je veux faire en sorte que l'état d'âme héroïque devienne nécessaire à quiconque veut se vouer à la science » XI-2,39 - VP°IV,38 « Les esprits scientifiques ... ce sont des âmes banales dans lesquelles le domaine de l'activité intellectuelle est isolé de la vie affective.  ... La science ne les touche pas, c'est ce qui leur donne la force d'en faire. S'il craignait ou flairaient des vérités monstrueuses, ils n'y mettraient plus la main. Cette sorte de science est la seule que l'Etat ait encouragée jusqu'à présent : c'est un moyen de connaissance sans héroïsme. » XII,13 - VP°IV,44.  « Le fait que la science soit possible devrait-il nous démontrer l’existence d’un principe de causalité ? / Dans notre science où le concept de cause et d’effet se réduit à un rapport d’équivalence. » NzVP°II  « Nul de nous ne sait à quelles profondeurs ni à quelles hauteurs atteint la réalité physique » NzVP°II,106 « Le but de la science, somme toute, est de définir le sentiment de l'homme - non de l'individu - à l'égard de toute chose et de lui-même... Ce n'est pas la vérité mais l'homme que l'on cherche à connaître à travers toutes les poques où il a existé, c'est à dire que l'on construit un fantôme ... La science n'a fait donc que continuer le processus constitué par l'essence de l'espèce, et qui conssite à rendre endémique [minoritaire] certaines croyances et à laisser périr ceux qui n'y croient pas  » NzVP°II,162 « aucun chimiste ne pourrait dire d’avance ce qui diot naître de l’union de deux substances, s’il ne le savait au préalable » NzVP°II,82.  |  « On ne devine pas une choses à partir de ses causes ; une chose = ses effets » [entre NzVP°II,82-89]  |  Livres de sciences : « les ouvrages de sciences qui ne donne pas de pâture à cet instinct divinatoire nous semblent ennuyeux » NzVP°II,65.

Sexualité : L’humanité aurait péri, si l’instinct sexuel n’avait ce caractère aveugle, imprudent, hâtif, irréfléchi. La satisfaction n’est nullement lié, en principe, à la reproduction de l’espèce. Qu’il est rare que le coït se propose pour fin la reproduction / » NzVP°II,27.

Signes et symptômes : Je possède, pour les signes de montée et de déclin, un flair plus sensible que quiconque ait jamais eu, je suis là-dessus le maître par excellence, je connais les deux, je suis les deux NzEH°II,1.

Surhomme : L’homme est ce qui doit être dépassé... C’est-à-dire que l’homme est un pont et non un terme NzAZ III,12, 4-3. Comme le dit Deleuze, le surhomme désigne exactement le recueillement de tout ce qui peut-être affirmé, la forme supérieure de ce qui est, le type qui représente l’Être sélectif, le rejeton et la subjectivité de cet être DzN_40.

Sujet : « Pour que l’existence d’un sujet soit possible, il faut qu’il existe du permanent, mais aussi beaucoup d’identité et d’analogie » NzVP°II,55. « je crois que le sujet n’est d’une illusion de l’identité » NzVP°II,55 « Le « sujet » est la condition vitale de l'existence organique, ce qui ne veut pas dire qu'il soit « vrai » NzVP°II,121.« « Tout est subjectif » dites-vous. Mais c'est déjà une interprétation. Le « sujet » n'est rien de donnné, c'est une notion surajoutée. » NzVP°II,133 « Le domaine où l'erreur n'existe pas, c'est le domaine supérieur de l'inorganique, de l'intellectualité non individuelle. La créature organique voit toute chose sous son angle d'égoïsme, afin de pouvoir subsister. » NzVP°II,132.  |   Subjectivité cosmique : « La subjectivité de l’univers est une subjectivité non pas anthropologique mais cosmique » NzVP°II,15 Notre univers NzVP°II,53.

Tragédie : « « Le héros est gai », voilà ce qui a échappé jusqu"à présent aux auteurs de tragédies » XII-2,551 - VP°IV,50.

Trahison : XIII-91 - VP°IV,48.

Travail (division du )  « la division du travail a presque complètement détachéé les sens de la pensée et du jugement » NzVP°II,105

Troupeau (dû à une morale esclave) : « Car les hommes dans cette Europe démocratique sont devenus très dressables ; ce sont, dans la règle, des hommes qui apprennent aisément et se soumettent aisément ; l'animal grégaire, même extrêment intelligent, est tout prêt. » XV,128 - VP°IV,87.

« Utile » : « « Utile », au sens de la biologie darwinienne, signifie : qui se montre avantageux dans la lutte contre autrui » NzVP°II,72 . « Nous nous emparons des choses avec avidité et nos yeux sont insatiables, puis nous extrayons ce qui nous plaît ou nous sert » NzVP°II,93

Valeur : « Le point de vue de la « valeur » consiste à envisager des conditions de conservation et d’accroissement des êtres complexes, de durée relative, à l’intérieur du devenir … La « valeur » importe essentiellement à l’augmentation et à la diminution de ces centres de domination » NzVP°II,58 <?> « Nos valeurs sont des interprétations introduites dans les choses »  NzVP°II,134

Vérité : « La vérité ne signifie pas le contraire de l’erreur, mais la position de certaines erreurs relativement à d’autres erreurs, le fait qu’elles sont plus anciennes, par exemple, ou plus invétérées, ou que nous ne savons pas nous en passer, etc. » NzVP°II,89

Vérités : « L'histoire proclame sans cesse des vérités neuves.» NzVP°II,135

Vainqueur : « Toute victoire implique le mépris de la vie » XII-2,396 - VP°IV,55.  

Valeurs (nouvelle table des) : « Le scepticisme à l'endroit de toutes les valeurs morales est le signe qu'une nouvelle table des valeurs se prépare. » XII-2,145 - VP°IV,91.

Valeurs (transvaluer les) : « Transvaluer les valeurs - ... se libérer de l'ornière des vieux jugements de valeurs qui déshonorent encore nos conquêtes les meilleures et les plus fortes » XVI,1007 - VP°IV,12.

Vérités : « Les vérités les plus précieuses sont celles que l'on découvre en dernier lieu : mais les vérités les plus précieuses, ce sont les méthodes » XVI,469 - VP°IV,41.

Vie : « L'amour de la vie est presque le contraire de l'amour d'une longue vie ... » XVI,787 - VP°IV,54.  |  « La vie, qui est pour nous la forme la mieux connu de l’être, est spécifiquement la volonté d’accumuler de la force »  (= volonté de puissance) NzVP°II,41, cf. NzVP°II,8 « elle est essentiellement l’effort vers le plus de puissance » NzVP°II,41 « La vie n’est qu’un moyen en vue d’autre chose : voilà l’expression des formes de croissance de la puissance » NzVP°II,47 « La vie n’est pas l’adaptation des conditions internes aux conditions extérieures, mais elle est [une] volonté de puissance qui, partant du dedans, se soumet et s’assimile une part croissante de réalité extérieure. » NzVP°II,79  |   « Vie »  : « ce que nous appelons « vie », c’est une multiplicité de forces reliées par un phénomène de nutrition qui leur est commun » NzVP°II,90 « La « vie » se définirait comme la forme durable d’un règlement d’équilibre entre les forces, mais au cours desquelles les différents combattants, de leur côté, croîtraient de façon inégale. » NzVP°II,91. « pour cette raison, fixer le nouveau concept de « vie », en tant que volonté de puissance. » NzVP°II,170. « Mais qu'est que la vie ? Ici une définition nouvelle et plus précise du concept de « vie » devient nécessaire. Ma formule la voici, la vie est volonté de puissance » NzVP°II,146

Virilité : « [Si] la valeur personnelle et virile, l'aptitude physique retrouvent de l'estime, les évaluations deviennent plus concrètes, l'alimentation plus carnée, il pourra y avoir de nouveau de beaux types virils » XV,127 - VP°IV,65. « L'état de l'Europe au siècle prochain nécessitera de nouveau la sélection des vertus viriles, car on vivra dans un dangers perpétuel. » XIII,882 - VP°IV,67.

Volonté : « je tiens même « la fin » et « le vouloir » en nous pour une illusion. » NzVP°II,6 « le corps dépend des impulsion du vouloir » NzVP°II,32 « cette « volonté » dont Schopenhauer pense qu’elle est « l’en-soi des choses »… ce qu’il appelle la « volonté » n’est qu’une formule creuse. » NzVP°II,23 « Mon principe, c’est que la volonté des psychologues antérieurs est une généralisation injustifiée, que cette volonté n’existe pas » NzVP°II,23 « il n’y a pas de volonté, il y a des fulguration de al volonté dont la puissance croît et décroît sans cesse » NzVP°II,58

Volonté de connaissance : « La passion de la connaissance se prend pour le but de l'existence, et tout en niant les fins, elle se considère comme le résultat le plus précieux de toutes les contingences » XII-2,9 - VP°IV,43.

Volonté forte : « Je n'ai encore trouvé aucune raison de découragement, Quiconque a su conserver et éduquer en lui une volonté forte, s'il y joint un esprit vaste, a des chances plus favorables que jamais. ... [par contre] Le conflit avec des volontés fortes et inintelligentes, ce qui est la pire entrave, est minime. » XV,128 - VP°IV,87  .

Volonté de puissance (1) : Cette notion fait constamment l'objet de malentendus et, bien que Nietzschéen en parle très peu dans le Crépuscule des idoles, elle permet, une fois définie rigoureusement, de mieux comprendre le sens de la doctrine dans son ensemble. Sa portée est ontologique, c'est-à-dire qu'elle définit l'être des choses, et en particulier le principe du vivant et du psychisme. Malgré les rodomontades bellicistes et les opinions politiques personnelles de Nietzschéen, il faut abandonner complètement l'idée que cette locution est synonyme de volonté de domination, et que l'expression impliquerait l'idée d'une définition positive des forts, des hommes supérieurs. « Volonté de puissance » désigne le principe de tout ce qui est, de tout ce qui vit. Donc même les faibles ont une volonté de puissance. L'idée de Nietzschéen est que tout être vivant (de la cellule au corps individuel, d'un organe à un groupe social) veut, en d'autres termes, désire. Pour penser ce désir, Nietzschéen s'inspire de la volonté telle que l'a définie Schopenhauer (cf. Analyse et Index des noms propres), c'est-à-dire une force inconsciente, affective et non rationnelle, que l'on pourrait comparer à la libido freudienne. Vivre, c'est vouloir. Mais, toujours à l'instar de Schopenhauer, Nietzsche considère que, puisque ce vouloir est une force inconsciente, il échappe à la représentation : nous ne voulons pas ce que nous nous représentons, l'objet conscient de notre désir, nous voulons parce que nous sommes poussés par une force, ou plutôt des forces, multiples et contradictoires (les « instincts »),qui nous contraignent à désirer des fins conscientes, mais qui, une fois cette fin atteinte, continuent à nous pousser vers d'autres fins, en sorte que la volonté veut en nous aveuglément se satisfaire, que les Fins qu'elle nous fait viser ne sont au bout du compte que des leurres, des illusions décevantes, et que donc la volonté n'a pas ellemême de fin, est une force absurde qui est à elle-même sa propre fin. C'est le « vouloir-vivre » schopenhauérien. Nietzsche précise, quant à lui, contre Schopenhauer cette fois, que la volonté qui veut en nous ne veut pas seulement se satisfaire (atteindre la satisfaction qui apaise le désir), ni non plus se conserver (comme dans les philosophies de l'amour de soi), ni même « persévérer dans son être » (c'est la définition du conatus, de l'effort pour exister, chez Spinoza), mais s'augmenter, « s'accroître ». Vouloir, ce n'est pas désirer un objet, tendre au résultat ou à la réalisation de l'action, mais vouloir s'augmenter soi-même, accroître sa force, ou, en termes spinozistes que Nietzsche approuverait, « passer d'une moindre à une plus grande puissance d'exister », ce qui définit l'« action », la « joie » au sens spinoziste, que Nietzsche nomme la « belle humeur ». C'est ce qui fait dire à Nietzsche, au début de la Préface du Crépuscule des idoles, que « Rien ne réussit lorsque fait défaut l'exubérance. Ce qui prouve la force, c'est le trop-plein de force ». (fin de 1)  |  Volonté de puissance et affectivité : « Ma théorie est que la volonté de puissance est la forme affective primitive, que tous les autres sentiments n’en sont que le développement » NzVP°II,42. La « volonté de puissance » ne peut être le résultat d’un « devenir ». » NzVP°II,67 « La volonté d’accumuler de la force est un caractère spécifique du phénomène de la vie, de la nutrition, de la reproduction, de l’hérédité, de la société, de l’Etat, des mœurs, de l’autorité » NzVP°II,41. « Non pas la conservation de soi-même, mais la volonté de se nantir, de se rendre maître, d’augmenter en quantité, en force. » NzVP°II,41 ?  |  Volonté de puissance et instinct : NzVP°II,19  |  Volonté de puissance et resistance : « La volonté e puissance ne peut s’exprimer que contre des résistances ; elle recherche donc ce qui lui résiste – c’est la tendance primitive du protoplasme quandil étend ses pseudopodes pour tâtes à l’entour. » NzVP°II,73  |  Volonté de puissance spécialisée ou dérivé : « La « nutrition » n’est qu’un phénomène dérivé ; ce qui est primitif, c’est e vouloir tout absorber en soi. La reproduction n’est qu’un phénomène dérive… » NzVP°II,43. « La volonté de puissance spécialisée dans la volonté de se nourrir, de posséder, de se proucrer des outils, des esclaves (qui obéissent), des maîtres : exemple, le corps. » NzVP°II,44.

Valeur : Qu’est ce que la valeur (Tychè) ? C’est la plus haute dose de puissance que l’homme puisse absorber 14[8]. On peut donner une variante de la valeur. Le vrai critère des valeurs pour Nietzsche dans cette question est : quelle dose de vérité un esprit sait-il supporter, quelle dose de vérité peut-il risquer ? 16[32] cf. 10[3]. Telle est la nature des âmes nobles : elles ne veulent avoir rien pour rien, et la vie moins que toute autre chose AZ III,12,5.

Verité : il n’est pas possible de vivre avec la vérité Nz16[40],7. Les artistes, par exemple, ont besoin de se faire un peu comédiens GS 99, s’ils veulent perpétuer leur enthousiasme. Ils ont besoin de se construire une « théorie » qui accompagne leur métier, leur discipline. Sans cela, à la longue, ils n’y tiendraient plus GS 99.

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PROCESSUS

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Affranchissement : « Chez l'homme qui veut s'affranchir... » NzVP°II,164 « Grand affranbchissement qu'apporte cette vérité ?L'antinomie est éliminée des choses  » NzVP°II,139

Assimiliation : « S'ils habitent  des lieux où leur robe cesse de les dissimuler, ils ne s'assimilent nullement au milieu » NzVP°II,152. « Augmentation de la « dissimulation » à mesure que l'on s'élève dans la hiérarchie des êtres » NzVP°II,127

Création : voir créer.

Dissimulation : voir assimilation

Falsification : « Double falsification, l"une provenant des sens l'autre de l'esprit, destinées à produire un monde de l'être, du permanent, de l'équilibre, etc. » NzVP°II,170

Génération : « la génération est la conséquence d’une impuissance… la génération est la conséquence de la faim » NzVP°II,77 « La force plastique inconsciente se révèle dans la génération » NzVP°II,96

Incorporation : « Qui sait si l'origine de nos soi-disant « connaissances » n'est pas à rechercher uniquement dans d'anciens jugements de valeur si fortement incorporés à nous mêmes qu'ils font parti de notre fonds ? » NzVP°II,147

Interprétation : voir plus haut.

Libération : voir affranchissment. « Mais nous sommes deenus depuis longtemps difformes et c'est ce qui explique le malaise beaucoup plus grand des individus libérés, par rapport au niveau de la vie dépendante, et leur disparition en masse » NzVP°II,164

Régénération NzVP°II,164

Subjectivation/Substantification : « d’abord naît la croyance au permanent et à l’identique hors de nous ; plus tard seulement après avoir acquis l’immense habitude de ce qui est en dehors de nous, nous nous percevons nous-mêmes comme permanents et pareils à nous-mêmes, comme un absolu. » NzVP°II,55

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AUTRES DOMAINES

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Biologie (références)

Amibe : unité amibienne NzVP°II,161

Cellule NzVP°II,163, Evoluiton de la cellule germinale NzVP°II,101

Embryons (Haexkel) NzVP°II,99

Molécules

Organisme : « L'organisme parfait c'est l"organisme le plus simple » NzVP°II,160

physiologique NzVP°II,106

Protoplasme NzVP°II,55/73/74/76/77/87/88/94.

« Ces biologistes perpétuent les valeurs morales (la valeur « supérieure en soi » de l’altruisme, l’hostilité contre l’ambition dominatrice, contre l’inutilité, contre la hiérarchie des rangs et des classes » NzVP°II,79

Physique (références)

« On ne peut éliminer l’« action à distance  ; une chose en attire une autre, une chose se sent attiré. » NzVP°II,89

un atome de force NzVP°II,131

« les forces éloignées s'annulent mutuellement » NzVP°II,131

Mécanique : « la mécanique n’est qu’une sémiotique des conséquences » NzVP°II,41

« Nul de nous ne sait à quelles profondeurs ni à quelles hauteurs atteint la réalité physique » NzVP°II,106

Logique : « Admirable invention de la logique » NzVP°II,102

 

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AVIS SUR SON OEUVRE

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La philosophie de Nietzsche par lui-même : « Une philosophie expérimentale comme celle que je vis » XVI,1041 - VP°IV,14 « La philosophie telle que je l'ai comprise et vécue consiste à rechercher volontairement les aspects même abhorrés et méprisés de l'existence » XVI,1041 - VP°IV,14 « Une philosophie qui ne promet de nous rendre ni plus heureux ni plus vertueux, qui tout au contraire laisse entendre qu'on périra très probablement à son service, que l'on sera isolé de son temps, brûlé, échaudé... Il faut être pour elle » voir XIV-2,291 - VP°IV,23.   |   Tâche du philosopheMa tâche NzHH2a°3. Ce quelque chose de caché et de dominateur qui longtemps pour nous demeure innommé, jusqu’à ce qu’enfin nous découvrions que c’est là notre tâche NzHH2a°4. Ma tâche, nous dit Nietzsche, est de préparer à l’humanité un instant de la plus grande prise de conscience, un Grand Midi où elle…pose dans son ensemble la question du pourquoi ? et du en-vue-de-quoi ? NzEH°IIId,2  Mais existe-t-il déjà aujourd’hui assez d’orgueil, d’audace, de courage, de conscience de soi, de volonté spirituelle, de volonté de responsabilité, de liberté du vouloir, pour que « le philosophe » sur terre soit désormais possible  ? NzGM°III,10. voir NzBM_211

Par delà bien et mal : « ... au-delà du bien et du mal, au-delà de ces valeurs qui ne peuvent dissimuler leur origine, car elle viennent de la sphère de la souffrance, du troupeau, du vulgaire » XVI,1041 - VP°IV,14

Naissance de la tragédie : « La métaphysique, la morale, la religion, la science sont considérées dans ce livre comme des formes diverses du mensonge ; il faut leur aide pour croire en la vie. « Il faut que la vie inspire la confiance » : le problèe ainsi posé est monstrueux. Pour le résoudre, il faut mme soit déjà menteur par nature, il faut qu'il soit avant tout un artiste. Et il l'est en effet : la métaphysique, la religion, la morale, la science sont autant de produit de sa volonté artiste, de sa volonté de mentir, de fuir la « vérité », de nier la « vérité ».   » XVI,853 - VP°IV,8 « On peut dire que ce livre est anti-pessimiste, en ce sens qu'il enseigne ce qui est plus fort que le pessimisme et plus "divin" que la vérité : l'art  » XVI,853 - VP°IV,8

 

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VISIONS PERSPECTIVES

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<Ecologie> : « Je voudrais que l'Allemagne s'emparât du Mexique ; elle donnerait alors le ton à la terre entière, grâce à une sylviculture modèle dans l'intérêt de la conservation de l'huminité future. » XII-1,441 - VP°IV,70

<Esclavage> (nouvelle forme d') : « On marche vers un esclavage spirituel tel qu'on ne l'a jamais vu ... Le césarisme intellecrtuel plane au-dessus de toute l'activité des négociants et des philosophes.  » XV,128 - VP°IV,87. 

<Europe> : « Je fais abstraction de toutes ces guerres nationales, de ces nouveaux empires et de tout ce qui encombre les premiers plans. Ce qui m'importe – car c'est ce que je vois lentement se préparer et comme sans hésitation – c'est l'Europe unie. » XIII,882 - VP°IV,71 « L'argent à lui seul obligera l'Europe, tôt ou tard, à se coaguler en une seule masse » XIII,882 - VP°IV,71. Il invente de ce fait le mythe du bon Européen qui par un retournement dialectique se transforme en son inverse, une solution de repli.

<Intelligence collective> : « Les folies nationales ne doivent pas nous dissimuler le fait qu'à un niveau supérieur il existe dès maintenant une solidarité intellectuelle constante. » XIII-884 - VP°IV,77

<Internet et nouveaux moyens de communication> : « Grâce à la liberté des communications, des groupes d'hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées. » XIII-883 - VP°IV,76 0

 

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NOTES

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(1) Rédigé par Eric Blondel, notre professeur, in Crépuscule des idoles, Classiques Hatier de la Philosophie

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