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La Garenne de philosophie

Friedrich Nietzsche

Biographie de Nietzsche

 

Enfance, jeunesse et études (1844-1869)

15 octobre 1844, naissance à Röcken, «Province prussienne e Saxe» (aujourd’hui Saxe-Anhalt).

10 juillet 1846, naissance de sa sœur Elisabeth.

30 juillet 1849, décès du père.

1850, déménagement de la famille à Naumbourg.

1858-64, études au Lycée Pforta à Naumbourg.

1858, Nietzsche obtient une bourse et est admis à l’École régionale de Pforta, Schulpforta, située à Naumbourg ; il y apprend les langues anciennes ; il écrit des poèmes et compose de la musique pendant son temps libre.

1864, études de Philologie classique et de la théologie évangélique à l’Université de Bonn; il arrête ses études de théologie après un semestre.

Hiver 1864-65, début de ses études de philologie classique et – sur demande de sa mère – de théologie évangélique à l’Université de Bonn.

1865, inscription à l’Université de Leipzig pour y suivre – avec d’autres étudiants – son professeur, Friedrich Wilhelm Ritschl.

À partir du 20 octobre 1865, il y étudie uniquement la philologie classique.

Premières réflexions sur l'œuvre d’Arthur Schopenhauer.

1867, Appel sous les drapeaux pour un an de service militaire dans l’artillerie prussienne, à Naumbourg.

Du 9 octobre 1867 au 15 octobre 1868, service militaire ; il était canonnier de la 2e batterie de la division de cavalerie du régiment d’artillerie de campagne à Naumbourg.

En mars 1868, victime d’un grave accident de cavalerie, il est réformé.

8 novembre 1868, première rencontre avec Richard Wagner à Leipzig.

 

Professeur à Bâle (1869-1879)

1869, nomination comme professeur extraordinaire de philologie classique à l’Université de Bâle ; sa chaire à l’université comprend également des cours au lycée ; sur demande de l’Université de Bâle, Friedrich Ritschl, Professeur de Nietzsche, recommanda son étudiant pour le poste de professeur ; il écrit dans ce courrier que Nietzsche fera « partie plus tard des philologues allemands de premier ordre » ; et, « Il pourra faire tout ce qu’il souhaite. »

15 avril 1869, publication de l'article d'Édouard Schuré, intitulé  « Le Drame musical et l'œuvre de M. Richard Wagner », dans la Revue des Deux Mondes est considérée comme l'acte de naissance officiel du wagnérisme en France.

15 mai 1869, première des 23 visites de Nietzsche à Richard Wagner à Tribschen.

28 mai 1869, Nietzsche prononce sa leçon inaugurale  à Bâle ; désormais professeur « Dr. Phil. ».

Même période, de sa propre initiative, Nietzsche renonce à sa nationalité prussienne et restera apatride toute sa vie.

1870, Souvent reçu chez Richard Wagner et sa seconde épouse, Cosima von Bülow, à Tribschen, près de Lucerne.

7 avril 1870, nomination comme professeur ordinaire.

23 avril 1870, nomination comme professeur de Nouveau Testament et d’histoire du christianisme ancien à Bâle de Franz Overbeck (1837–1905) ; il devient colocataire et voisin de chambre de Nietzsche ; il se mariera à Ida Overbeck-Rothpletz (1848–1933) ; Franz et Ida Overbeck se sont occupés de Nietzsche et de son œuvre toute leur vie.

Août à septembre 1870, infirmier volontaire pendant la guerre franco-allemande ; il contracte la dysenterie et la diphtérie et tombe gravement malade.

1871, Candidature sans succès à la Chaire de Philosophie de l’Université de Bâle.

À partir du 15 février 1871, en congé pour le reste du semestre pour raisons de santé.

2 janvier 1872, parution de La naissance de la tragédie à partir de l’esprit de la musique, premier ouvrage de Nietzsche qui sera vivement critiqué par le milieu des philologues.

Avril 1872, dernière des 23 visites de Nietzsche à Richard Wagner à Tribschen.

Du 18 au 23 mai, présent lors de la pose de la première pierre (22 mai) du Théâtre de Bayreuth, y fait la connaissance de Malwida von Meysenbug.

15 avril 1873, début de son amitié avec le philosophe Paul Rée.

8 août 1873, parution de la Première considération inactuelle, David Strauss, sectateur et écrivain.

22 février 1874, parution de la Deuxième considération inactuelle, De l’utilité et de l’inconvénient des études historiques pour la vie.

1874, rencontre avec Albert Brenner et, en novembre, Marie Baumgartner.

15 octobre, parution de la Troisième considération inactuelle, Schopenhauer éducateur.

1875, rencontre avec un étudiant et musicien venu à Bâle, Heinrich Köselitz (Nietzsche le surnommera plus tard Peter Gast, l'hôte comme dans Gastinitsa).

1876, son état de santé s’aggrave, il est dispensé des cours au lycée jusqu’à Pâques.

De février à la fin du semestre, interruption des cours.

10 juillet 1876, Quatrième considération inactuelle, Richard Wagner à Bayreuth.

13 août 1876, ouverture du premier Festival de Bayreuth avec une représentation de Das Rheingold, la première partie du cycle Der Ring des Nibelungen de Richard Wagner ; sont présents au Festival, Kaiser Wilhelm (Guillaume Ier, empereur d'Allemagne), Dom Pedro II du Brésil, Le roi Louis II de Bavière (qui a considérablement subventionné la construction du Festspielhaus de Bayreuth), Friedrich Nietzsche, Les compositeurs Anton Bruckner, Edvard Grieg, Piotr Ilitch Tchaïkovski et Franz Liszt ; Tchaïkovski a même écrit que « Quelque chose s'est passé à Bayreuth dont nos petits-enfants et leurs enfants se souviendront encore » ; rencontre avec Édouard Schuré qui ont des trajectoires similaires quant à Wagner : « Wagner, qui avec son génie colossal a tous les défauts des Allemands au centuple degré, plus les siens qui sont légion, Wagner qui est insolent comme un manant, vindicatif comme une harpie et méchant comme un démon, avait déjà tout fait pour se rendre impossible en France. » (lettre de Schuré).

Début octobre  1876, suite à des crises de migraines à répétition, un congé d’un an lui est accordé par l’université.

27 octobre 1876 au 7 mai 1877, logé à la Villa Rubinacci avec Malwida von Meysenbug, Paul Rée et Albert Brenner ; cette période fut un moment charnière, marquant sa rupture intellectuelle avec Wagner et la rédaction d'une grande partie de Humain, trop humain.

Octobre à novembre 1876, rupture avec Wagner suite à la déception lors du premier Festival de Bayreuth ; Nietzsche rencontre une dernière fois le couple Wagner, le 5 novembre.

7 mars 1878, suite à sa demande auprès du Département de l’éducation de Bâle, Nietzsche est libéré de ses obligations d’enseignant au lycée.

7 mai 1878, Humain, trop humain.

20 mars 1879, Opinions et sentences mêlées (annexe de Humain, trop humain).

14 juin 1879, retraite anticipée suites aux différentes maladies dont il souffre depuis son enfance. Une pension annuelle lui est octroyée grâce au soutien de Franz Overbeck.

18 décembre 1879, Le voyageur et son ombre (deuxième annexe de Humain, trop humain).

 

Écrivain libre et philosophe (1879-1889)

Au printemps 1880 : premier des cinq séjours à Venise, début de rédaction d'Aurore ; dicte à Peter Gast les aphorismes.

Eté 1880, passé à Marienbad en Bohème, puis à Naumburg chez sa mère ; inactif.

En octobre 1880, séjourne une vingtaine de jours, ici, sur les bords du Lac Majeur dont trois jours à Stresa, sur la rive ouest.

Novembre 1880 à février 1881, séjour à Gênes,  rédaction d'Aurore. « Il y a des moments où je me promène sur les hauteurs autour de Gênes avec des regards et des sentiments tels que le grand Colomb a pu en avoir autrefois en regardant d’ici la mer et l'avenir. » (Lettre à Rohde du 24 mars 1881)

Fin juillet 1881, Aurore. Réflexions sur les préjugés moraux, initialement intitulé L'ombre de Venise.

4 juillet au 1er octobre, premier séjour estival à Sils-Maria ; le premier été, 1881, après l’échec d’une cure au nord de l’Italie, à Recoaro, il s’est « à nouveau sauvé dans l’Engadine », début juillet. « C’est ici (…) que, de loin, je me sens le mieux sur cette Terre. » Grâce au climat sec et ensoleillé des montagnes, le penseur si sensible aux conditions atmosphériques trouve un soulagement à ses douloureuses migraines souvent accompagnées de nausées ; il organise ses journées selon un programme strict alternant le travail et les repas mais aussi « 5 à 7 heures d’exercice quotidien », avec de longues marches dans les environs, au cours desquelles ses carnets se remplissent d’annotations ; dès son premier séjour, lui vient une pensée-clé qui donne une nouvelle orientation à sa philosophie, « l’éternel retour », qui devint l’idée fondamentale de Ainsi parlait Zarathoustra.

5 août 1881 env., intuition de l'Eternel retour ; « Je vais maintenant raconter l’histoire de Zarathoustra. La conception fondamentale à l’œuvre, la pensée de l’éternel retour  — cette formule maximale d’affirmation qui puisse être atteinte — remonte à août 1881, elle est griffonnée sur une feuille, avec la mention, « 6000 pieds au-delà de l’homme et du temps ». Ce jour-là, je me promenais à travers les bois près du lac de Silvaplana ; j’ai fait une pause près d’un énorme rocher pyramidal non loin de Surlej. C’est là que m’est venu cette pensée. » (Ecce Homo, X, §1)

Novembre 1881, découvre pour la première fois Carmen de Bizet.

Hiver 1881–1882, séjourne à Rapallo. 

Avril 1882, à la Basilique Saint-Pierre, première rencontre avec Lou-Anrdéa von Salomé. Nietzsche demande Lou Salomé en mariage par l'intermédiaire de Paul Rée. Refus. Pendant quelques mois, Nietzsche, Paul Rée et Lou von Salomé vivent en « trinité ».

5 mai, photo avec Paul Rée et Lou Salomé.

13 mai, seconde demande en mariage faite à Lou, directe cette fois.

Mai 1882, séjourne quelques jours à Orta au bord d'un lac du Piémont en compagnie de son ami Paul Rée et de Lou Salomé ; un après-midi, Nietzsche et Lou se retrouvent seuls pour une promenade au Monte Sacro ; sur cette colline se trouve une quinzaine de chapelles en myriade ; là, ils passent un long moment qui restera gravé dans la mémoire de Nietzsche comme un instant d'intense bonheur.

Début juin 1882, Les Idylles de Messine paraissent dans la « Revue internationale mensuelle » de Schmeitzner.

Août 1882, Le Gai savoir ; séjour de trois semaines à Tautenbourg.

Novembre 1882, arrivée à Rapallo, y passe l'hiver 1882-1883. « Cet hiver-là, je vécus dans la charmante et calme baie de Rapallo près de Gênes.[…] Un petit "albergo" situé juste au bord de mer, de sorte que la nuit le bruit des vagues rendait tout sommeil impossible, m'offrait, à peu près en tout, le contraire de ce qui est souhaitable. Malgré cela, et presque comme preuve de ma thèse qui veut que tout ce qui est décisif advienne "malgré" quelque chose, ce fut cet hiver-là et dans ces conditions défavorables, que naquit mon Zarathoustra. Le matin je montais en direction du sud, par l’admirable route de Zoagli, longeant les pins parasols, et dominant du regard très loin la mer. L'après-midi je faisais le tour de la baie de San Margherita jusqu’à Portofino. […] C'est sur ces deux chemins que m’est venue toute la première partie du Zarathoustra, surtout Zarathoustra lui-même comme type, plus exactement, j'ai été saisi par lui. » (Ecce Homo, chapitre Ainsi parlait Zarathoustra, §1)

Février 1883, en seulement dix jours, Nietzsche écrit la première partie de Ainsi parlait Zarathoustra, toujours à Rapallo.

13 février 1883, mort de Richard Wagner à Venise.

Fin avril, parution de Ainsi parlait Zarathoustra, Première partie.

À l’été 1883, arrivée pour le deuxième été  à Sils-Maria en traînant avec lui un « boulet » de 104 kilos de livres ; sa puissance de travail est énorme, il termine donc la deuxième partie de Zarathoustra et commence la troisième ; cela lui procure un contrepoids à son isolement grandissant. « Un sentiment d’être étranger au monde, voyageur de passage et d’errance est ancré profondément en moi – (…) pas seulement à cause du joug de ma vie extérieure. Il est rare qu’un ton chaleureux me parvienne ». La Haute-Engadine devient bientôt « ma vraie patrie et mon nid », « ici habitent mes muses ». Sils-Maria est « le lieu où je veux mourir un jour, et d’ici là me donne les meilleures impulsions pour survivre ». Les aubergistes «sont si bons avec moi et se réjouissent de mon retour (…). Je peux acheter dans la maison elle-même des biscuits anglais, du corned-beef, du thé, du savon et toutes sortes de choses: c’est bien commode». Pour ménager ses yeux sensibles, il fait tapisser sa chambre en vert foncé, «mais elle reste froide et basse de plafond.» Il souhaite «posséder assez d’argent pour construire ici une niche idéale (…), une cabane en bois de deux pièces, (…) sur la presqu’île qui s’enfonce dans le lac de Sils.»

2 décembre 1883 au 20 avril 1884, premier séjour à Nice. Cinq séjours en tout dont les hivers de fin 1883 à début 1888 (travail sur Zarathoustra et Par-delà bien et mal). Ses promenades de six à huit heures par jour le mènent sur la presqu’île de Saint-Jean, au Mont-Boron et sur le chemin qui conduit à Eze, devenu depuis « le sentier de Nietzsche » ; « une montée des plus pénibles de la gare au merveilleux village maure Eze, bâti au milieu des rochers » (Ecce homo).

Fin décembre ou début janvier 1884, rédaction de Ainsi parlait Zarathoustra. Deuxième partie.

10 avril 1884, édition de Ainsi parlait Zarathoustra. Troisième partie.

Au printemps 1884, deuxième séjour à Venise.

Les mois d’été de 1884 à 1888, alors que les soirées de Nietzsche étaient jusqu’alors « durs à supporter, assis seul dans une petite salle basse de plafond », il va prendre ses repas de midi dans l’hôtel Alpenrose ; il y trouve des contacts sociaux et un cercle de dames cultivées, qui revient les étés suivants et que « l’ermite de Sils-Maria » accueille avec reconnaissance « comme une cure et occasionnellement un remède » pour « échapper à soi-même pendant quelques heures » ; les relations de Nietzsche avec les « excellents habitants de Sils » se limitent par contre aux aubergistes, au pasteur et à l’instituteur du village.

17 juillet 1884, première rencontre avec Meta von Salis.

30 septembre 1884, visite à Gottfried Keller à Zurich.

Fin octobre ou décembre 1884 à début avril 1885, deuxième séjour à Nice.

31 octobre 1884, réconciliation avec sa sœur après la rupture à cause de son « maudit antisémitisme » et de l’« affaire Lou » Salomé.

Début avril 1885, édition privée en 45 exemplaires de Ainsi parlait Zarathoustra. Quatrième et dernière partie.

Au printemps 1885, troisième séjour à Venise.

À l’été 1885, rédaction des notes pour Par-delà bien et mal à Sils-Maria, maison Durisch. 

À l’hiver 1885-1886, troisième séjour à Nice, arrivée mi-novembre à la Pension de Genève ; déménage le 26 novembre pour le 26 rue François de Paule, après qu’un pensionnaire l’a involontairement humilié en lui proposant de l’aider à couper sa viande. Sa fenêtre donne sur le les actuels jardins Albert-1er.

Assiste pour la vingtième fois à une représentation de Carmen à l'Opéra municipal de Nice, la première fois était en novembre 1881.

Au printemps 1886, quatrième séjour à Venise.

4 août 1886, impression à compte d’auteur de Par-delà le bien et le mal. Prélude d’une philosophie de l’avenir.

À l’été 1886, rédaction d’importantes préfaces d’écrits antérieurs à Sils-Maria, maison Durisch.

Fin octobre 1886 à début avril 1887, quatrième séjour à Nice.

À l'automne 1886, c'est à Ruta que Nietzsche passe trois semaines à écrire les préfaces de La naissance de la tragédie, Humain, trop humain,  Aurore.

1886-1887, nouvelles éditions, enrichies d’un avant-propos, de La naissance de la tragédie, Humain, trop humain, La Gaya scienza (« Livre cinquième »), Aurore.

De fin octobre 1886 à début avril 1887, quatrième séjour à Nice, d’abord à la pension de Genève puis au 1er étage du 29 rue des Ponchettes à partir de janvier, au pied du château ; il s’est offert un poêle à bois, « Je jouis ce matin d'un grand bienfait, pour la première fois le "dieu du feu" trône dans ma chambre, un petit poêle ; j’avoue que je me suis livré autour de lui à quelques gambades de païen. » (Lettre à son ami Peter Gast du 24 novembre 1887)

23 février 1887 , tremblement de terre à Nice, Nietzsche garde son calme.

Avril 1887 : séjourne Villa Badia à Cannobio, au bord du lac Majeur ; corrige les épreuves de la seconde édition du Gai Savoir.

20 mai 1887, emprunt de Histoire de la philosophie de Kuno Fischer à la bibliothèque de Coire, dans l'actuel musée, c'est la dernière station avant d'arriver à Sils-Maria ; il semble y avoir passer une partir du mois, dans son transit en Engandine.

En juillet, rédaction de La Généalogie de la morale.

En septembre, visite du professeur de philosophie Paul Deussen à Sils Maria, qui decrit dans ses mémoires la chambre de son ami, « Le lendemain matin, il me conduisit à son appartement, ou, comme il disait, à sa caverne, à sa grotte (seine Höhle). C’était une chambre simple dans une ferme, à trois minutes de la route de campagne, Nietzsche l’avait louée pendant la saison pour un franc par jour. La configuration était la plus simple imaginable. D’un côté se tenaient ses livres, dont la plupart m’étaient déjà bien connus, puis suivait une table paysanne avec une tasse à café, des coquilles d’œufs, des manuscrits, des effets de toilette dans un joyeux fouillis, qui continuait par Stiefelknecht avec une botte coincée dedans jusqu’au lit défait. »

En octobre : cinquième et dernier séjour à Venise.

Novembre 1887-avril 1888, cinquième et dernier séjour à Nice ; il lit Guy de Maupassant, Charles Baudelaire, Bourget, les frère Goncourt, Hypolite Taine…

16 novembre 1887, La généalogie de la morale.

1er janvier 1888, la ‹Feuille› bernoise publie l’hommage intégral de Carl Spitteler « Friedrich Nietzsche à partir de ses œuvres ».

Avril-mai 1888, premier séjour à Turin.

6 juin 1888, début du septième et dernier séjour estival à Sils-Maria.

À l’été 1888, rédaction de Le Crépuscule des idoles et amorce de L’Antéchrist à Sils-Maria, maison Durisch.

En août, abandon du projet de La Volonté de puissance.

Georg Brandes propose des cours sur « le philosophe allemand Friedrich Nietzsche » à l’Université de Copenhague.

20 septembre, départ de Sils-Maria pour la dernière fois, le lieu auquel « ma reconnaissance veut faire le don d’immortaliser son nom », comme il l’écrivit dans Ecce homo. Sils est le lieu d'une créativité productive.

21 (?) septembre 1888-9 janvier 1889, second et dernier séjour à Turin.

22 septembre, Le cas Wagner.

D'octobre à décembre 1888, Nietzsche finalise la rédaction de Dithyrambes de Dionysos et de L'Antéchrist ; il écrit Nietzsche contre Wagner et Ecce homo ; tous ces écrits seront découverts dans la succession de Nietzsche.

 

Début de l’aliénation mentale

Premiers jours de janvier 1889 (du 1er au 6), victime d’une crise de démence à Turin. 

3 janvier 1889, Date de son effondrement mental (la « crise de Turin », « épisode du cheval »). Suivent les « Billets de la folie », alarmant ses amis bâlois.

9 janvier 1889, Franz Overbeck le ramène à Bâle où il est interné à l’« asile d’aliénés Friedmatt » de la ville.

17 janvier 1889, sa mère le fait transférer à la clinique psychiatrique de l’Université d’Iéna.

24 janvier 1889, parution du dernier livre publié par ses soins, Le crépuscule des idoles ou comment on dialogue avec un marteau.

13 mai 1890, accueilli chez sa mère, à Naumbourg pour prendre soin de lui.

1894, Elisabeth Förster-Nietzsche, sa sœur, crée les archives de Nietsche à Naumbourg ; elle débute les très controversées « Œuvres complètes» de Nietzsche » et écrit une biographie.$

1896, déplacement des Archives Nietzsche à Weimar.

20 avril 1897, mort de sa mère. 20 juillet, Nietzsche est alors transféré dans la ‹Villa Silberblick› à Weimar, où sa sœur s’occupe de lui.

25 août 1900, Nietzsche s’éteint à presque 56 ans. Il est inhumé dans le caveau familial à Röcken.

Avril 2025, l'UNESCO inscrit le patrimoine littéraire de Friedrich Nietzsche au Registre du patrimoine mondial. 

 

Lieux d'archives

À Naumbourg, de 1858 à 1864, École régionale de Pforta, Schulpforta ; le cloître cistercien ‹Maria ad portam› a été transformé en internat en 1543.

À Bâle, Nietzsche a vécu am Schützengraben 45 (aujourd’hui, 47) de 1870 à 1876. Une partie de son héritage littéraire et biographique se trouve en effet à la bibliothèque universitaire de Bâle, aux Archives d'État de Bâle et à la Maison de Nietzsche à Sils Maria. 

À Sils-Maria, Maison Nietzsche à Sils Maria. Friedrich Nietzsche a séjourné pendant sept étés à Sils-Maria, dans la maison de la famille Durisch (1881 et 1883-88), où il occupait une chambre modeste. Cette chambre du premier étage a été conservée dans son état d’origine. Le mobilier provient du plus ancien hôtel de Sils, l’Alpenrose, où le philosophe avait l’habitude de déjeuner. À gauche de la fenêtre, on peut voir sur le mur un morceau de papier peint, que Nietzsche avait réalisé et appliqué à l’été 1883 à ses frais et selon un motif de son choix. Ce n’est pas un hasard si la nappe, comme le papier peint, est également dans des tons verts. Dans ce cas aussi, le philosophe a lui-même déterminé la couleur du tissu. Nietzsche accordait une grande attention aux « prochaines choses » qui composent notre vie quotidienne, car il connaissait leur influence directe sur le corps et l’esprit. (voir septembre 1887).

 

Lieux de passage

Loge à Gênes, « Je n’arrête pas de marcher ni de grimper. Pour accéder à ma mansarde, je dois en effet monter 164 marches dans la maison, elle-même très haut perchée, sur une rue escarpée qui aboutit sur un grand escalier ; d'où le calme profond qui y règne et dont profitent quelques brins d'herbes pour pousser entre les pavés. » (Lettre à sa sœr du 5 déc 1880). La mansarde n'existe plus, puisque la rue, Salita delle Battistine, a été bombardée pendant la guerre.

Loge à Nice, premier séjour dans une chambre du 38 rue Ségurane (plaque) début décembre 1883. Puis il s’installe villa Mazzoleni, puis pension de Genève, dans la petite rue Saint-Etienne (aujourd’hui rue Rossini). Deuxième séjour à la pension de Genève. Troisième séjour, arrivée mi-novembre à la Pension de Genève ; déménage le 26 novembre pour le 26 rue François de Paule où sa fenêtre donne sur le les actuels jardins Albert-1er. Quatrième séjour, d’abord à la pension de Genève puis au 1er étage du 29 rue des Ponchettes à partir de janvier. Cinquième séjour à la pension de Genève.

À Sorrente, loge à la Villa Rubinacci chez Malwida von Meysenbug.

Loge à Turin, 6 via Carlo Alberto, débouchant sur la piazza Carlo Alberto. Une plaque s'y trouve.

À Venise, loge lors du premier séjour dans un appartement au rez-de-chaussée du Palazzo Berlendis, Rio Mendicanti Cannaregio.

 

Sources,

Correspondance
Nietzsche de Curt Paul Janz, Gallimard.
Nietzsche de Rüdiger Safranski.
Sils-Maria, Peter André Bloch, La Maison Nietzsche à Sils-Maria, Sils-Maria: Nietzsche-Haus, 2010. 4e édition augmentée.
Sils-Maria, Exposition à la Maison Nietzsche à Sils-Maria, organisée par Matthias Buschle et Prof. Wolfram Groddeck, présente la biographie du philosophe et explique des concepts importants de son monde de pensée.
Nice, Christian Arthaud, Eric L. Paul, La Côte d’Azur des écrivains, Edisud, Aix-en-Provence, 1999.

Aujourd'hui en 2025, le Dr. Peter Villwock en est l'administrateur de la Maison Nietzsche, Via da Marias 67, CH – 7514 Sils Maria, +41 81 826 53 69, nietzschehaus@gmail.com aidé en cela de la famille Oehler (parenté de la mère de Nietzsche), Caroline Kohn (Paris/Maisons-Laffitte), le Dr Rudolf Koller (Zurich), le Dr Daniel Bodmer (Zurich), Cati Knaus (ancienne propriétaire de l’hôtel Alpenrose à Sils). Une place particulière est due ici à l’antiquaire anglo-allemand Albi Rosenthal (1914-2004) et à son épouse Maud Rosenthal-Levy (1909-2007). Le couple a réuni au cours de plusieurs décennies une des plus remarquables collections d’autographes, compositions musicales, photographies, premières éditions et exemplaires dédicacés du philosophe.

 

20/09/2025 00:14

24/11/2025 00:45 à 02:55

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