6 Août 2025
Dans Mon royaume n’est pas de ce monde, Jacques Fesch, condamné à mort pour le meurtre d’un policier, livre dans les derniers mois de sa vie un journal spirituel d’une intensité rare, et si Juan Asensio devait s’en emparer, il le lirait comme une plongée dans les ténèbres de l’« âme » et non comme une simple conversion édifiante, ce serait davantage une traversée du néant, une confrontation brutale entre la chair, la grâce et la dague, entre le crime et la rédemption, bien qu'il n'y ait aucun rachat possible, et il insisterait sur le fait que Fesch, dans sa cellule, cherche à se dépouiller devant Dieu plutôt qu'à se racheter aux yeux des hommes, que son écriture, loin d’être une posture, est une parole nue, une parole qui tremble, qui vacille, qui brûle, et il verrait dans ce texte une mise à nu radicale non pas une apologie de la foi, une tentative désespérée de dire l’indicible, non pas une mystique édulcorée, de faire entendre le cri d’un homme qui a tout perdu sauf l’espérance, et il soulignerait que cette espérance est une flamme qui consume, qui éclaire les abîmes, qui révèle les visages de la peur, du doute, de la solitude pas une lumière douce, et il affirmerait que Fesch, dans sa quête, cherche à témoigner, à dire ce qu’il voit dans le silence, dans l’attente, dans la prière non pas à convaincre, et il lirait ce journal comme une œuvre de feu, une œuvre qui ne cherche à brûler, à purifier, à exposer la vérité nue de l’homme face à sa fin et non pas à plaire, et il insisterait sur le fait que la foi de Fesch loin d'être une foi tranquille est une foi arrachée, une foi conquise dans la douleur, dans l’angoisse, dans la nuit, et il conclurait que Mon royaume n’est pas de ce monde est un texte qui dérange, qui bouscule, qui interroge, un texte qui ouvre des gouffres et qui ne propose pas de réponses, qui invite à descendre, à se perdre, à se taire, et que cette descente, cette perte, ce silence, sont peut-être les seuls chemins vers une parole vraie, vers une présence réelle, vers une lumière qui ne vient pas d’ailleurs et non pas du monde, d’un royaume qui ne se devine que dans le tremblement de l’« âme » et ne se voit pas, troisième voie non mystique, non gnostique.
Juan Asensio voit dans Mon royaume est de ce monde de Jacques Fesch le témoignage foudroyant d’une conversion spirituelle arrachée à la nuit d’un crime, d’une errance, d’une détresse absolue, et il considère que ce texte, bien plus qu’un journal de cellule, est l’aveu nu d’une âme confrontée à l’abîme, qui bascule d’une insouciance arrogante à une humilité fulgurante, et pour lui, Fesch ne se contente pas de se repentir, il entre dans une vérité brutale, dans un face-à-face avec Dieu qui ne laisse aucune place au faux semblant, car Juan Asensio souligne que cette parole, écrite dans l’attente de la mort, témoigne d’une intensité rare, d’une exigence qui dépasse toute sentimentalité chrétienne, et il insiste sur le fait que le style de Fesch qui est direct, sans apprêt, souvent déchirant, est celui d’un homme dépossédé, traversé, brûlé par la grâce, non d’un mystique policé, et cette grâce, loin d’être miraculeuse ou décorative, surgit dans l’effroi, dans la lente traversée de l’indignité*, dans l’acceptation d’une justice humaine à laquelle il ne cherche pas à échapper, et Juan Asensio voit dans ce journal le lieu d’une transmutation, d’un retournement ontologique, d’un dépouillement extrême où la foi devient le seul lieu habitable, le seul recours, comme flamme purificatrice plutôt que refuge, et il considère que ce texte est à lire comme un choc plutôt qu'une consolation, comme la mise à nu d’un homme réduit à l’essentiel, à l’os de sa conscience, à la brûlure de sa culpabilité, et il affirme que Mon royaume est de ce monde est un témoignage de sainteté paradoxale, d’une spiritualité arrachée au crime, à la honte, à la solitude carcérale, et que cette parole, loin des clichés pieux, offre à ceux qui l’approchent une expérience de vérité nue, de radicalité spirituelle, de tremblement sacré, et pour Juan Asensio, ce livre est une épreuve pas une leçon, un feu, une parole ultime qui rappelle que l’homme n’est jamais trop loin pour être touché, transfiguré, sauvé par l’invisible, l'irreprésentable de la troisième voie, l'antéprédicatif pour certains.
* l'oppobre plutôt que le prestige, dans un sens cicéronien et plutarquien, il s'agit d'exercice de renforcement et non de résignation ou de renoncement. Ce que l'on retrouvera avec l'arrachement à la honte.
Juan Asensio identifie dans Mon royaume est de ce monde de Jacques Fesch une constellation de thèmes à la fois spirituels, existentiels et stylistiques, qui en font l’un des témoignages les plus troublants de la littérature pénitentiaire, car selon lui, le cœur du texte réside dans la possibilité de la grâce au sein de la déchéance, dans cette tension extrême entre l’ignominie du crime et la fulgurance mystique qui bouleverse tout l’ordre intérieur ; et il lit ce journal comme une traversée mystique d’une rare intensité et non comme une apologie pieuse, chaque phrase y semble extraite de l’effroi, du tremblement, du silence peuplé de Dieu, et dans cette perspective, les thèmes du mal, de la rédemption, du sacrifice, de la solitude absolue, de la prière sans réponse, se rejoignent pour faire du texte un cri dans la nuit, une méditation sur la possibilité de la sainteté dans les ténèbres les plus épaisses, car pour Asensio, la parole de Fesch est celle d’un homme dépossédé, purifié par l’attente, brûlé par la vérité ; et il insiste sur le fait que ce témoignage cherche à dire ce qui ne se dit plus davantage qu'à émouvoir ou à convaincre : la présence de Dieu est là où tout semble déserté, et cette présence, loin d’être consolatrice, devient exigence, feu, épreuve, on affleure là près d'une mystique de vla présence plus qu'une mystique de l'ineffable ; et il souligne que le style, d'un trait, sobre, dépouillé, parfois d’une nudité bouleversante reflète cette radicalité de la conversion, car Fesch ne s’améliore pas : il meurt autrement, il écrit depuis un autre lieu, celui où la chair cesse d’avoir le dernier mot ; et Asensio voit dans ce texte une œuvre de seuil, un chant sans musique, un poème sans esthétisme, où la beauté surgit non des mots mais de l’authenticité nue de la douleur qui devient offrande ; et il affirme que les thèmes qui le traversent comme la justice humaine comme épreuve, le pardon comme arrachement, la foi comme feu intérieur, la mort en tant que dernier lieu de vérité, forment un ensemble apparemment cohérent qui dépasse le cadre de la prison ou de la religion pour rejoindre la grande question de la possibilité du salut dans un monde qui ne croit plus à rien ; et il conclut que Mon royaume est de ce monde, dans sa lecture, est le cri purifié d’un homme transfiguré, une parole ardente qui brûle encore ceux qui l’écoutent sans se protéger davantage que le récit d’un criminel repenti.