6 Août 2025
La pensée antimoderne se caractérise par :
- la détestation des Lumières, au premier chef Rousseau,
- un pessimisme foncier,
- une langue commune de la vitupération,
- la doctrine du péché originel.
Elle est marquée par des auteurs tels que Barbey, Bloy, Chateaubriand, Maistre, Lacordaire, Thibaudet (à qui nous empruntons le sinistrisme), Péguy, Benda
Les Antimodernes d’Antoine Compagnon forme une cartographie précieuse des écrivains réfractaires au courant dominant de la modernité, une tentative vivante et érudite de redonner souffle et style à une série de gestes littéraires souvent jugés réactionnaires, marginalisés ou incompris, et il considère que ce livre est une méditation approfondie sur ce que signifie résister à l’époque, non pas une simple anthologie critique sur ce qu'est écrire contre le siècle, Certes Juan Asensio pense à rebours des enthousiasmes progressistes et, pour lui, Antoine Compagnon cherche à dégager une posture commune, un style de présence au monde plus qu'à constituer une école des réfractaires, là où l’ironie, la mélancolie, le goût de la forme et la défiance envers l’Histoire triomphante deviennent autant de signes de grandeur, car les Antimodernes, dans cette lecture, sont des défenseurs d’une sensibilité inquiète, d’une intelligence critique qui refuse les facilités idéologiques et les naïvetés du progrès, pas des ennemis de la raison, et Juan Asensio insiste sur le fait que ce livre permet de réhabiliter des figures comme Baudelaire, Péguy, Valéry, Cioran, en les lisant comme des éclaireurs tragiques, des penseurs de la faille, du désastre, du tremblement et non comme des réactionnaires, et il voit dans la démarche d'Antoine Compagnon une fidélité au doute, une manière de tenir ensemble la rigueur de l’analyse et la profondeur du trouble, et il affirme que Les Antimodernes, dans son ampleur, dans son style limpide, dans sa capacité à faire dialoguer littérature, philosophie et histoire, constitue une réponse subtile aux faux débats idéologiques, une tentative de penser sans militantisme, de lire sans catéchisme, d’interroger les textes avec cette générosité critique qui caractérise les « vrais » lecteurs, ceux qu'il appelle les « lecteurs aimant », ceux qui cherchent à comprendre, à entendre non pas à classer ou juger par catégories, ceux qui cherchent à faire résonner les voix du passé dans le vacarme contemporain, et Juan Asensio conclut que ce livre, loin d’être une entreprise nostalgique, est une boussole pour ceux qui cherchent encore dans les ruines de la modernité une manière de penser libre, intense, inquiète, et que c’est cette inquiétude, cette élégance du soupçon, qui fait des antimodernes loin d'être des régressifs, des prophètes paradoxaux, des témoins lucides de la fragilité du présent.
Juan Asensio repère dans Les Antimodernes d’Antoine Compagnon une série de thèmes majeurs qui redonnent à la dissidence intellectuelle ses lettres de noblesse, et il considère que le livre recompose un paysage mental où la défiance envers les dogmes du progrès, la mélancolie historique, la fidélité à une langue exigeante, la critique des illusions démocratiques et l’éthique du retrait forment les coordonnées d’une sensibilité intense, inquiète et lucide et ne se contente pas d’identifier des écrivains réfractaires à la modernité, car selon Juan Asensio, Antoine Compagnon cherche à donner voix à des auteurs qui ont fait du doute, de l’ironie, du soupçon, bref de la « forme », les outils d’un combat littéraire plutôt qu'ils n'ont chercher à ériger une école du ressentiment ; et il insiste sur le fait que les antimodernes sont des vigilants, des explorateurs du tragique, des analystes de la fracture entre ce qui est dit et ce qui est vrai et absolument pas des passéistes ; et il relève des thèmes comme celui de la solitude critique, du refus de l’embrigadement idéologique, du style comme posture morale, de la mémoire contre l’amnésie du progrès ; et il souligne que le livre met en lumière une pensée de la complexité, une écriture de la nuance, une sensibilité à ce que le siècle écrase sous le nom d’émancipation ; et pour lui, cette constellations de thèmes quelque peu restreignant comme la grandeur contre l’utilité, l’élégance contre la transparence, l’histoire contre l’actualité, l’individu contre la masse rend possible une lecture de la modernité qui est une interrogation, une mise à l’épreuve plus qu'une célébration ; et il affirme qu'Antoine Compagnon, dans ce geste critique, réhabilite des figures pour leur intensité éthique, pour leur capacité à habiter le siècle sans lui céder, pour leur manière de traverser le vacarme en conservant le silence nécessaire à la pensée et non pour leur positionnement politique ; et Les Antimodernes, dans la lecture qu'en fait Juan Asensio, deviennent ainsi un traité discret de résistance, une anthologie du soupçon, une méditation sur l’art de ne pas être dupe dans un monde qui exige l’adhésion, et le livre offre la possibilité de penser le présent sans céder au conformisme, en réactivant les voix inquiètes qui refusent de s’endormir dans les slogans du progrès.