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La Garenne de philosophie

HISTOIRE / Les camps de concentration français pour femmes : Le camp de Rieucros (Mende) et le camp de Brens (Gaillac)

En mémoire d'Alexandre Grothendieck

On oublie souvent qu'Alexandre Grothendieck a été interné (ou « externé ») dans deux camps de rassemblement renommés camp de concentration, même s'il pouvait se rendre à son collège et à son lycée, ce sont les camp de Riecros et de Brens. On ne peut comprendre la frugalité de vie d'Alexandre Grothendieck si on ne comprend pas sont parcours (voir la photo tout en bas de cet article).

 

« Ces femmes sont victimse de décrets-lois * qui ont été mis en place en 1938 *
et qui permettaient l'assignation à résidence administrative par le préfet ;
le préfet n'avait pas forcément besoin d'avour un jugement ou d'avoir une preuve,
il lui suffisait de considérer une personne comme étant potentiellement dangereuse. »
Yannick Pepin, du service éducatif des archives départementales de Lozère

 

* Cette citation tirée de la première vidéo est à préciser, il s'agit en fait du décret-loi du 18 novembre 1939 permet d'interner administrativement les « individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ».

Femmes du camp de Rieucros
Femmes du camp de Rieucros
Femmes du camp de Rieucros
Femmes du camp de Rieucros

Femmes du camp de Rieucros

Le Camp de Rieucros près de Mende

Histoire

Le camp de Rieucros est le premier camp de concentration en France. C'est la dénomination officielle retenue par le Préfet du Tarn, le trente-et-un décembre 1941. En application du décret loi du douze novembre 1938 concernant les étrangers indésirables. Le « Centre de Rassemblement » mis en place par un nouveau décret du vingt-et-un janvier 1939 hébergeait en février quarante hommes (réfugiés autrichiens et juifs allemands anti-nazis). En Octobre 1939, Rieucros devient un camp pour femmes et ce jusqu'au quatorze février 1942. 

D'abord peuplé par des étrangers suspects, il sera réservé, après la déclaration de guerre, aux femmes étrangères et françaises. Au cours de l'automne 1939, des femmes espagnoles y séjournèrent aussi, bientôt rejointes par une centaine d'allemandes sympathisantes du nazisme, en provenance de la prison parisienne de la Petite Roquette. Après le départ de la gent masculine, le camp prend le nom de « centre de rassemblement d'étrangère ». Le treize février 1942, les prisonnières (et leurs enfants) sont transférés au camp de Brens, à proximité de Gaillac, dans le département du Tarn. Celui de Rieucros ferme ainsi le quatorze février ses portes.

Dans le camps de Rieucros il y avait plus de 25 nationalités différentes. La culture et l’art permettent aux femmes internées pendant la Seconde Guerre mondiale de fuir l’horreur des camps.  Ces femmes avaient des tâches à effectuer, comme, la cuisine ou bien le nettoyage des baraques. Pour s’occuper, le dessin à l’aquarelle ainsi que l’écriture sont indispensables. L’art est une façon de dévoiler une qualité humaine dans un contexte inhumain. Pour la création d’objets, ces femmes se devaient d’être ingénieuses, comme couper des rondelles de bois pour la fabrication de boutons de vêtements. Les jours de fêtes, des pièces de théâtre peuvent être organisées, comme, celle de Blanche-Neige ou en réalité c’était une parodie de la Collaboration entre la France et l’Allemagne nazie. Écrire des chansons sur le refrain de l’Internationale permettait à toutes ces femmes de reprendre espoir et de créer des moments de communion. L’imagination était « le huitième jour de la semaine » selon une internée. Le 25 mai 1941, jour de la fête des Mères, chacune chantait une berceuse dans sa langue maternelle pour essayer de compenser le manque d’enfants qui leur ont été arrachés. Cela se finit par une manifestation où toutes s’exclamèrent « Libérez les mères ! ». Dans ce camp, ces femmes partagent les mêmes idées politiques et cela contribue donc à renforcer la solidarité qui existe entre elles.

On estime qu’environ 1000 personnes ont été internées au camp. On sait que pour 33 d’entre elles, l’enfermement a commencé à Rieucros et leur vie s’est terminée à Auschwitz.

Livre de Michèle Descolonges, Un camp d internement en Lozère. Rieucros 1939-1942

Livre de Michèle Descolonges, Un camp d internement en Lozère. Rieucros 1939-1942

Pour nuancer nos propos, faisns cette citation de l'intéressant article de récesion de Jean-Yves Potel sur le livre de Michèle Descolonges, sociologue associée à l’université Paris-Diderot et membre de l’association pour le Souvenir de Rieucros : « Au total, un millier de femmes ont séjourné durant ces trois années à Rieucros. À la fin, elles n’étaient plus que 320 et quelques enfants, surtout des Françaises (80), une cinquantaine de Polonaises et une quarantaine d’Espagnoles. Auparavant, 673 autres femmes avaient quitté Rieucros définitivement. Le travail précieux de Michèle Descolonges permet d’aborder cette réalité avec nuance. Elle insiste dans sa conclusion sur les « réajustements » qui résultent de l’étude historique, alors « qu’à ce jour, l’histoire du camp de Rieucros n’a pas donné lieu à des conflits de mémoires ». Elle cite les relations avec la société locale partie prenante de cette histoire et traversée par ses peurs et ses préjugés, l’arbitraire de l’internement avec les « manèges administratifs » qui se retournent contre les internées, les destins divergents entre ceux et celles qui ont pu émigrer ou s’évader, rejoindre la Résistance, et d’autres qui ont été envoyées travailler en Allemagne ou déportées vers les camps de la mort. Michèle Descolonges différencie également le sort des femmes juives. « Sur 147 femmes juives étrangères internées à Rieucros, 66 femmes ainsi que les 4 Françaises avant le transfert du camp à Brens, ont été sauves. D’autres le seront depuis Brens. Ceci invalide l’idée – trop répandue – de Rieucros comme « maillon » d’une chaîne conduisant automatiquement les internées juives à la destruction. » Il n’empêche qu’au moins 45 autres femmes, « précédemment internées à Rieucros », dont 32 depuis le camp de Brens, ont été déportées par la police française et la Gestapo à l’été 1942. » Rieucros, camp français méconnu, par Jean-Yves Potel, in En Attendant Nadeau n°151, 18 mai 2022

Photographie tirée du Fonds Louvatières © Association pour le souvenir du camp de Rieucros

Photographie tirée du Fonds Louvatières © Association pour le souvenir du camp de Rieucros

Aujourd'hui, les traces

Aujourd'hui, le site est visitable, avec respect, en accès libre. Possibilité de se garer après la stèle, en longeant un grand mur, prendre à droite le petit chemin qui monte. Vous pourrez ensuite suivre à pied le chemin de mémoire jusqu’au rocher sculpté.

Il ne reste que peu de trace du camp dans le vallon du Rieucros aujourd'hui. Un panneau informatif indique sa position, mais les baraquements ont entièrement disparu. Deux maisons de pierre faisaient partie de l'ensemble, elles existent toujours et appartiennent à des propriétaires privés. Le vestige le plus significatif reste un rocher sculpté, représentant un soldat tenant son fusil du bras droit. Deux dates le surmontent : 1789 et 1939, symbolisant les 150 ans de la Révolution française. Une association a été créée en 1992 pour ne pas oublier ce qui s'y est passé et pour aménager le camp afin de l'expliquer aux visiteurs.

Non loin de là, un nom est gravé : Gierke Walter. Ce Walter fait bien partie de la liste des prisonniers du camp, et pourrait être l'auteur de cette sculpture. L'écrivain Michel Del Castillo, né en 1933, y a été interné avec sa mère ; il le retrace dans son roman autobiographique. Ernesto Bonomini activiste anti-fasciste italien a également été interné, mais s'est évadé du camp en avril 1939. L'écrivain russe Ida Mett et son fils ont également été internés.

Photographie tirée du Fonds Louvatières © Association pour le souvenir du camp de Rieucros

Photographie tirée du Fonds Louvatières © Association pour le souvenir du camp de Rieucros

HISTOIRE  / Les camps de concentration français pour femmes : Le camp de Rieucros (Mende) et le camp de Brens (Gaillac)

Camp de Brens au sud de Gaillac

Le terrain des Rives accueillait dix baraques pour la construction du pont Saint-Michel. Le chantier achevé, le terrain est réquisitionné par le préfet en octobre 1939. Une dizaine de baraques supplémentaires sont construites. En mai 1940, le centre d’accueil offre un asile pour les personnes déplacées, notamment par l’exode, la plupart du temps pour de très courts séjours.

 

Première période

En septembre 1940, devenu centre d’hébergement, le camp accueille des espagnols fuyant le franquisme et de très nombreux Juifs victimes du premier statut des Juifs ainsi que des décrets-lois de 1938 sur les personnes potentiellement dangereuses, comme le rappelle plus haut la citation de Yann Pepin, que vous retrouvez aussi dans la première. Le camp de Brens, avant que la mère d'Alexandre Grothendieck, n'y arrive le treize février 1942 était donc un « Centre d'hébergement pour réfugiés juifs étrangers » de novembre 1940 à mars 1941. En novembre 1940, sur une initiative conjointe de la préfecture de la Haute-Garonne et du Comité Juif de bienfaisance de Toulouse, aveuglé par Vichyhé fait berger à Brens une partie des juifs, sans ressources, qui ont fui l'avance nazie et se sont réfugiés à Toulouse.

Le camp alors est sans barbelés et héberge 1200 femmes et 400 enfants pendant 4 mois, près de la moitié d'origine polonaise. Ce chiffre est repris à pluseiurs endroits et notamment par les lycéennes d'Albi qui ont réalisé un documentaire en 2019. Notons qu'à partir de janvier 1941, la libre circulation à l'extérieur est interdite. Le camp apsse de camp d'hébergement ou de rasssemblement à camp de concentration.

Les conditions matérielles et morales sont alors difficiles du fait du surpeuplement et de la promiscuité, Les vêtements et les chaussures font défaut du fait des pénuries et du rationnement encore plus sévère à l'intérieur du camp, Un exemple, il n'y a pas de lait pour les enfants, l'eau potable est insuffisante, aucune infirmerie alors que nombre d'enfants sont atteints d'angines, d'otites et même de congestions pulmonaires. En février 1941, au vu de ces conditions de vie, cent-cinquante réfugié·e·s prennent la décision de s'enfuir. En réaction, début mars 1941, les autorités font transferer des juifs aux camps de Noë et Récébédou, d'où la plupart partiront pour Drancy et Auschwitz. 

Camp de Brens
Camp de Brens
Camp de Brens
Camp de Brens
Camp de Brens
Camp de Brens

Camp de Brens

Seconde période

C'est un camp bien gardé avec une capacité d'accueil de cinq-cents places mais on estime que le maximum d'occupation n'a jamais quatre-cent-cinquante. cela ferait 1150 détenus passés par le camp de Brens. Le personnel de surveillance était nombreux : cent-vingt gardes en 1942 et cent-cinquante en 1943 qui effectuent quantre appels par jour et cinq rondes de nuit. 

Le trente-un décembre 1941, le préfet du Tarn fait savoir que le camp de Brens est retenu comme « camp de concentration », encore une fois c'est la (dénomination officielle. Il devient le seul  camp de concentration réservé aux femmes, de la zone Sud, et ce du quatorze février 1942 au qautre juin 1944.  Des travau sont effectués en janvier et février 1942. On consolide huit baraques sur vingt qui constitue le camp et on pose une clôture de fils de fer barbelés. Cette fois-ci une infirmerie terminée est adjointe au camp en mai. Le quatorze février 42, c'est l'arrivée par camion depuis la gare de Gaillac des 320 internées de Rieucros et des 26 enfants. C'est une population cosmopolite avec 75 % d'étrangères, une quinzaine de nationalités. Cela regroupe des militantes communistes, des syndicalistes, des réfugiées suspectes en majorité des juives allemandes et polonaises ; on a aussi espagnoles révoltées du camp d'Argelès, des prostituées, des prisonnières de droit communs ainsi que des femmes internées pour « autres motifs ». Les prisonnières « politiques », qui demandent à être séparées des autres internées, n'obtiennent satisfaction que le ving-sept mars 1943. Il faut savoir que la réputation, faite par Vichy, d'être un « camp de prostituées » a persisté jusqu'à nos jours. Les prisonnières « politiques » sont nombreuse, maisne ne constituent pas la majorité absolue avant septembre 1943, lorsque le Maréchal Pétain décide de faire libérer les prostituées et losque l'afflux de résistantes ou de femmes ayant manifesté leur désapprobation envers l'occupation allemande et la collaboration s'intensifie.

Le camp de Brens est aussi une antichambre de la mort pour les internées juives qui ne représente qu'une personne sur 10. vous trouverez quelques traces de témoignanges ici. On estime aussi que quatre-vingt sont passées par le camp de Brens sans y séjourner très longtemps. Trois internées sont envoyées au camp de Gurs (6/08/42) et trois au camp de Récébédou (7/08/42) puis sont déportées à Auschwitz (12/08/42). Le quantorze juillet 1942 Dora Schaul s'évade du camp de Brens ; ensuite elle prend des risques inouïs en entrant dans les services spéciaux de la Wehrmacht à Lyon son témoignage est saisi dans le film de Claude Aubach . Au cours de la grande rafle du vingt-six août 1942 en Zone libre, le directeur du camp de Brens livre 31 internées juives allemandes et polonaises. Le vingt-et-un septembre 1942, 14 autres. Les conditions matérielles et morales pour cette second période sont un hiver moins dur qu'à Rieucros (souvent enneigés). Toutefois la nourriture reste insuffisante et l'état vestimentaire même du personnel stupéfait le nouveau directeur en février 1944. Les visites de la proche famille sont possibles deux fois par semaine, puis une fois à partir de février 1943 et elles sont surveillées. Les intertnées peuvent deux lettres par semaine avec l'inévitable censure du courrier.  Il n'y a plus de juives au camp après le dernier départ le 25 mars 1944 pour le camp du Vernet. Le camp se déplacera à Gurs du côté de Pau en juin 1944.

Groupes de femmes et d'enfants du camp de Brens
Groupes de femmes et d'enfants du camp de Brens
Groupes de femmes et d'enfants du camp de Brens

Groupes de femmes et d'enfants du camp de Brens

Troisième période

Le ving décembre 1944, le camp de Brens reprend sa fonction carcérale en hébergeant 273 collaborateurs tarnais. En juillet 1945 : C'est à nouveau un camp pour femmes avec 267 femmes et 118 enfants avec des conditions matérielles qui ne sont guère meilleures que pendant la guerre et le camp se vide peu à peu de ses occupant·e·s. Le trente juin 1946, il devient un camp de vacances au profit de l'Union Départementale des Syndicats de la Haute Garonne et finalement en janvier 1948, le terrain est récupéré par son propriétaire.

Le camp de Brens aujourd'hui

Le camp de Brens aujourd'hui

Aujourd'hui

Aujourd'hui, il n'existe actuellement qu'une modeste stèle mise en place le 14 septembre 1969 où l'on peut lire : « Ici vécurent aux côtés de Résistantes Françaises, des femmes antifascistes d'autres pays réfugiées sur notre sol. Parmi elles, le 26 août 1942, des femmes allemandes et polonaises furent déportées à Auschwitz d'où elles ne sont jamais revenues. Hommage à leur mémoire. » L'Association pour Perpétuer le Souvenir des Internées des Camps de Brens et Rieucros (A.P.S.I.C.B.R.). a été créée en 1991, par Charles Couchet et Christian Bardou, lors de la disparition de l'Amicale des Anciennes Internées de la Résistance des Camps de Rieucros (Lozère) et de Brens (Tarn). On doit à cette amicale la stèle du camp de Brens (inauguré le  quatorze eptembre 1969 et la sculpture de femme, avec les mains liées, levant le visage vers le ciel, érigée à l'intérieur du square Joffre à Gaillac, inaugurée le dix-neuf août 1979.  Agnélité Bettini a permis les poses de la stèle et de la sculpture de Pigeon.

Notons que Gaillac est la ville du prilosophe Michel Clouscard. Maria Jacottet a aussi vécu à Gaillac, c'est la fille de Josef Wagner, un résistant arrêté en 1941 par la police de Vichy, mis au secret à la prison de Castres et livré à la Gestapo en vertu de l'article 19 de la convention d'armistice et qui sera assassiné à Berlin par les nazis le 1° septembre 1943.

Capture d'écran d'un reportage de France 3. Le plan est aux archives départementales.

Capture d'écran d'un reportage de France 3. Le plan est aux archives départementales.

Films sur le camp de Brens

Il existe au moins quatre films documentaires retraçant cette double histoire.

Camps de femmes est un film documentaire historique d'une durée  de soixante-trois minutes réalisé par Claude Aubach avec les entretiens de l'historienne Rolande Trempé et de Monique Lise-Cohen, diffusé le 1er novembre 1994. Il a été produit par le SCPAM de l'Université Toulouse II-Le Mirail avec le soutien du Ministère des anciens combattants et victimes de guerre. concernant l'Histoire de France 1939-1945, Sur l'internement de ces femmes, l'historienne Rolande Trempé apporte une mise en perspective politique et historique, entrecoupée des témoignages de Fernande Valignat Cognet, Dora Schaul Davidson, Reina Melis Wessels, Michel Del Castillo, Angelita Bettini Del Rio, Camille Planque Alvarez, Raymonde David Fitoussi, Colette Sanson Lucas, Janina Socha, Steffi Spira, Ursula Katzenschein.

Toute entière dans le paysage, Réalisation Delphine de Blic en coproduction avec Jean Sautereau et Le Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains, 2006.

Indésirabili de Chiara Cremaschi, CMCA, 2010, 52 min.

Le camp de Brens, une histoire oubliée ? Dans le Tarn, 12 lycéennes d'Albi du lycée Bellevue ont réalisé un documentaire à partir de visites sur place et d'un travail de recherche aux archives départementales. Ce documentaire,  a été sélectionné parmi 3272 dossiers présentés dans l'hexagone au concours national de la Résistance et de la Déportation édition 2018-2019 et les lycéennes sont à Paris en février 2020 recevoir leur prix .

 

Liens pour en savoir plus

... sur les Camps de Brens et Rieucros 

 

Les sites

Le camp de Reucros
Site dont nous nous sommes servi pour la bibliographie, très inquiet jusque là de voir qu'il y avait peu de traces écrites de tout cela et que celles-ci disparaissaient de la toile.
Sandrine Peyrac, présidente de l'association pour le souvenir du camp de Rieucros.

Le camp de Brens
Site en vue de la création d'un historial comme à Péronne, à Caen (mémorial) ou encore le site-mémorial des Milles. Association dont étaient membres en 2024, Nuria Mor, présidente d’honneur, Remi Demonsant, président, Michel de Chanterac, président-adjoint, Geneviève Chortey, secrétaire,  : Jeannine Audoye, Trésorière, Betty Fournier, Trésorière-adjointe, ansi que Norbert Barbance, Eric Bruguière, Thierry Mulin, Ginette Vincenot, Marie-Hélène Vic.

Association pour Perpétuer le Souvenir des Internées des Camps de Brens et Rieucros
Site de l' Association pour Perpétuer le Souvenir des Internées des Camps de Brens et Rieucros (A.P.S.I.C.B.R.).  Créée en 1991 par Charles Couchet et Christian Bardou, son bureau est ainsi composé entre de 1998 à 2012, par Angélita Bettini (ancienne internée du camp de Brens), présidente, et entre autres par Georges Charpak, vice-président, Rémi Demonsant, secrétaire, Renée Mège, trésorière, et Michel De Chanterac, membre du bureau. Cette association noue des relations avec les familles d'anciennes internées des deux camps, telles celles de Georges Charpak, prix Nobel de Physique, Emmanuel d'Astier de la Vigerie et François Billoux (anciens ministres), Véronique Sanson, Pierre Goldman (demi-frère de Jean-Jacques Goldman) et Gabriel Péri. Alexandre Grothendieck et sa mère y ont été internés. Il y avait aussi un forum de discussion dont on ne garde trace. (consultez sur webarchives : https://apsicbr.wordpress.com/ et http://apsicbr.free.fr/index.htm)

Le camp de Rieucros  (lien rompu)
Site de l'Association pour le souvenir de Rieucros, créée en 1992.

Association Souvenir : À la mémoire des femmes du camp de Rieucros (lien rompu)
Site de l'Association. Avec un album de 160 photographies.

Il y a aussi eu un recueil de témoignage par Mechthild Gilzmer, Camps de femmes : Chroniques d’internées, Rieucros et Brens, 1939-1944, sur CAIRN.  (lien rompu)

Source Canal-U - Université Toulouse II-Le Mirail SCPAM : Camps de femmes - Rolande Trempé - Claude Aubach (lien rompu)

BTJ N° 536 de mai 2011 écrit par Mado Deshours et Sandrine Peyrac, Œuvre collective réalisée en avec des élèves.  (BTj = les Bibliothèques de Travail juniors)

 

Les livres

Récits d’anciens interné·e·s

Isabel Del Castillo, L’Incendie idées et souvenirs, traduit de l’espagnol par Floreal Peleato et le concours de l’association Pour le souvenir du camp de Rieucros, Barre-des-Cévennes, le bousquet-la barthe, 2020.

Teresa Noce, Une antifasciste italienne au camp de Rieucros, traduit de l’italien par Bernard Vanel, Barre-des-Cévennes, le bousquet-la barthe, 2019.

Lenka Reinerova, Promenade au lac des cygnes, traduit de l’allemand par Nicole Bary, Paris, L’esprit des péninsules, 2004.

Bulletin n°41 de l'association pour le souvenir du camp de Rieucros avec le témoignages de Steffie Spira-Rushin et de son fils Thomas, de Teresa Noce et ses fils Gigi et Putisc notamment.

Publications scientifiques sur le thème des camps d’internement

Michèle Descolonges, Un camp d'internement en Lozère. Rieucros 1938-1942, Toulouse, Presses universitaires du Midi, janvier 2022, 316 p., Les pages 253 à 260 concernent Hanka Schapiro.

Claude Laharie, Petite histoire des camps d’internement français, Morlaàs, Cairn, 2020

Michèle Descolonges, « Du goût de la nature comme “résistance” dans un camp d’internement en Lozère (Rieucros, 1938-1942) », Écologie et Politique, n° 61, 2020, p 171-184

Geneviève Dreyfus-Armand, Septfonds 1939-1944. Dans l’archipel des camps français, Perpignan, Le Revenant, 2019

Maëlle Maugendre, Femmes en exil. Les réfugiées espagnoles en France 1939-1942, Tours, Presses Universitaire François Rabelais, 2019

Christian Camps et Nathalie Sagnes-Alam, Les Camps de réfugiés espagnols en France : 1939-1945, Cazouls-lès-Béziers, Éditions du Mont, 2019

Hélène Leclerc (sous la direction de), Le Sud-Ouest de la France et les Pyrénées dans la mémoire des pays de langue allemande au XX° siècle, Toulouse, Le Pérégrinateur, 2018.

Émile Vallès, Itinéraires d’internés du camp de Gurs 1939-1945, Morlaàs, Cairn, 2016

Arthur Kœstler, La Lie de la terre [1941], traduit de l’anglais par Jeanne Terracini, Paris, Calmann-Levy, 2011

Denis Peschanski, La France des camps : l’internement 1938-1946, Paris, Gallimard, 2002

Mechtild Gilzmer, Camp de femmes. Chroniques d’internées, Rieucros et Brens 1939-1944, traduit de l’allemand par Nicole Bary, Paris, Autrement, 2000

Anne Grynberg, Les Camps de la honte : les internés juifs des camps français 1939-1944, Paris, La Découverte&Syros, 1991 et La Découverte poche, 1999

Yannick Pépin, Rieucros : un camp d’internement en Lozère, mémoire de maîtrise, Montpellier, université Paul-Valéry, 1998

Philippe Joutard, Jacques POUJOL, Patrick CABANEL, Cévennes terre de refuge, 1940-1944, Montpellier, Les Presses du Languedoc, 1987

Gilbert Badia, Exilés en France : souvenirs d’antifascistes allemands émigrés (1933-1945), Paris, Maspero, 1982.

Publications pédagogiques

Mado Deshours et Sandrine Peyrac, Un camp d’internement, Les Bibliothèques de travail junior (BTj) n° 536, ICEM, mai 2011 (voir le lien pour la commande dans la rubriques site, ci-dessus)

Sandrine Peyrac, Le Camp de Rieucros (1939-1942), L’internement, de la République à l’État français, Publication des archives départementales de la Lozère, 2008. (consultable sur le site internet de l’association).

Annie Dhenin et Laurette AlexisS-Monet, BT n° 290 Les Camps d’internement en France, Pédagogie Freinet ICEM, 1996.

Thèse d'état

Denis Peschanski. Les camps français d’internement (1938-1946), doctorat d’Etat en histoire, Univer- sité Panthéon-Sorbonne Paris I, 2000.

Littérature (roman, fiction, conte, autre,…)

Catherine Cohen, Le Goûter rue Paradis, Genève, Éditions des Sables, 2020

Michèle Letenneur La Barque à Eugène, Athis-Val de Rouvre, Les Éditions Charles Corlet, 2018.
Françoise Seuzaret-Barry, Justine, une oubliée de Rieucros, La Mirandole, 2007.
Ricardo Samitier Verdu, La Vie d’un réfugié espagnol en Cévennes, Nîmes, Lacour, 2005.

Gigi Bigot raconte Peau d’âme [Texte imprimé] avec Michèle Buirette, chant et accordéon, entretiens Nathaël Moreau, Paris, Paradox, 2003 et2007.

Michel Del Castillo, Tanguy, Paris, Gallimard, 1995.

Vous pouvez en commander certains ici aussi

 

Les archives départementales du tarn

https://archives.tarn.fr/rechercher/richesse-de-nos-fonds/archives-contemporaines

Par le moteur de recherche : Archives publiques – Archives postérieures au 10/07/1940 –  Service de l’État dans le Tarn – Camps d’internement – Fonds du camp de Brens. Vers les inventaires :

Accueil des réfugiés et camps d’internement

Fonds 348         Service des réfugiés
Fonds 493         Camp de Saint-Sulpice
Fonds 495         Camp de Brens

Cabinet du préfet (1905-1958)

Fonds 506         Cabinet du préfet durant la Seconde guerre mondiale

Référence Désignation
495 W 7 Transfert des internées du camp de Rieucros à celui de Brens.
495W 26 à 29 Enregistrement des internées
495 W 31 Documents concernant les internées de Rieucros.
495 W 39 Liste d’internés par la Préfecture du Var à Rieucros.
495 W 53 – 69 Dossier des internées de Brens.

Il ne s’agit là que d’une liste d’inventaire, car les documents, à quelques exceptions près, ne sont consultables qu’en salle de lecture, à Albi.

 

Les archives départementales de la Lozère
Référence Désignation
W 993 Rieucros, mouvement des internés : rapports
2 W 925 Etrangers- Camp de Rieucros : correspondance relative aux mouvements et au traitement des étrangers
2 W 1024 Centres de séjour surveillé. Instructions (1944-1950)
Camp de Rieucros : aménagements (1944)
Crédits de fonctionnement. Dissolution (1945)
Personnel (1944-1945)
Mouvement des internés. Enquêtes (1944-1948)
2 W 1298 Etrangers : correspondance, camp de Rieucros (1950-1957)
Etrangers incarcérés- Maison d’arrêt (1942-1959)
2 W 2603 W 993Camp de Rieucros. Mesures d’internement (1939-1944)
Mouvement des effectifs (1939-1940) (1943-1944)
Statistiques et rapports (1941-1942)
2 W 2604 Dossiers d’internés étrangers et français
2 W 2694 Camps d’internement : français et étrangers.
Saint Salpier-La-Pointe (Tarn)
Nexon (Haute-Vienne)
Le Vernet (Ariège)
Noé (Haute-Garonne)
Brens (Tarn)
Rivesaltes (Pyrénées-Orientales)
Sisteron (Basses-Alpes)
2 W 2699 Camp de Rieucros : Personnel.
2 W 2720 Déclaration de non appartenance aux sociétés secrètes
2 W 2725 Recherches étrangers et israélites Français. Télégrammes et listes
2 W 2780 Centre d’accueil des ressortissants polonais -Listes
2 W 2781 Circulaires
2 W 2782 Centre de séjour de Bagnols – La Bastide
2 W 2783 Listes de mouvements (1940-1942)
Recensement des Polonais et des Tchécoslovaques (septembre 1941)
2 W 2784 Dossier par lettre alphabétique.
2W 2805 Etrangers – Camp de Rieucros- Instructions diverses (1939-1944).
Correspondances diverses, installation du camp, plan, bail, inventaire, règlement intérieur, rapport sur l’installation
Economat. Eau. Culte. Ecoles. Questions sanitaires. Visite. Maintien de l’ordre. Travail du camp et hors du camp
Transfert à Brens (Tarn)
2 W 925 Etrangers- Camp de Rieucros : correspondance relative aux mouvements et au traitement des étrangers.
2 W 3182 Courrier intercepté
2 W 3245 Liste des internés bénéficiant d’un colis suisse
5 W 665 Ministère de l’Intérieur :camp de Rieucros – Traitements
5 W 1093 Camp de Rieucros : Factures et divers
Référence Désignation
7 W 204 Occupation allemande
Prises de guerre allemandes (Circulaires 1941) Militaires français : renseignement auprès des autorités allemandes (Circulaire 1941).Logement de la Feldgendarmerie à Mende (1942).
Passage et séjour des troupes allemandes en Lozère.
Relation franco-allemandes (1942-1943).
Affaire Eberlier (1941).
Commission d’armistice (1941-1942).
Remise aux autorités allemandes de personnes arrêtées dans les camps (1940-1943).
9 W 102 Carte scolaire : Ecole du camp de Rieucros (1941-1942).
M 11121 Etrangers Camp de Rieucros : dossiers d’étrangers internés
M 11215 Camps de Rieucros : mesures d’internement
1 PER 212 La croix de la Lozère
1 PER 215 Le Soc
1 PER 229 La Cévenne républicaine

 

Créations artistiques

Spectacle de l’Association Corps, Espace, Création, Au-dedans, 2005.
Spectacle de Gigi Bigot, Peau d’âme, 2003.

La peinture à l'huile faite par un codéténu de Sacha Schapiro

La peinture à l'huile faite par un codéténu de Sacha Schapiro

La maison d'Alexandre Grothendieck aux Aumettes

La maison d'Alexandre Grothendieck aux Aumettes

Le parallèle avec la vie d'Alexandre Grothendieck

« D'origines hollandaise et protestante, Johanna Grothendieck, dite Hanka, est allemande et mariée jusqu'en 1927 à Johannes Raddat, dit Alf, dont elle a une fille. À Hambourg, elle travaille comme journaliste pour le journal progressiste Der Pranger (Le Pilori). Elle est sympathisante du mouvement libertaire où elle rencontre son compagnon Alexandre Tanaroff (alias Sacha Schapiro) dont elle partage l'idéal anarchiste et avec qui elle vit jusqu'en 1933. De septembre 1937 à mai 1939, Hanka Grothendieck est gouvernante à Nîmes chez M. Valantin, commissaire de police, puis elle retrouve à Paris son mari, Sacha Schapiro, et leur fils Alexandre, né en 1928, qu’ils avaient confié à des parents nourriciers en Allemagne. En septembre 1939, lors de la déclaration de guerre, la situation des réfugiés s'aggrave puisqu'ils sont désormais des « ressortissants ennemis ». La famille retourne à Nîmes où elle est hébergée par une enseignante de lycée. En mars 1940, avec son fils, elle quitte Nîmes pour diriger à Mouriès (Bouches-du-Rhône) une colonie de jeunes réfugiés espagnols parrainée par le Comité français de secours aux enfants et financée par les quakers américains. Deux mois plus tard, la colonie se déplace à Marseille, au château des Caillols, où elle est arrêtée le 1er août et transférée avec son fils au camp de Rieucros. Elle est transférée au camp de Brens (Tarn) avec son fils le 13 février 1942. Celui-ci trouve refuge au Collège cévenol au Chambon-sur-Lignon. Elle est libérée de Brens en janvier 1944 et est accueillie à Vabre, dans l'Aveyron, dans un centre d'accueil géré par La Cimade. À la fin de la guerre, ils se retrouvent à Meyrargues, dans la commune de Vendargues dans l'Hérault, et Alexandre entame ses études de mathématiques à Montpellier. » Article wikipédia

« Alexandr « Sacha » Schapiro combat, jusq'en 1921 en Ukraine, à la tête d’un groupe autonome de partisans anarchistes lié à l'Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne de Nestor Makhno. Défats, en 1921, avec le soutien d'Alexandre Berkman, Sacha Schapiro franchit la frontière russo-polonaise avec des faux papiers, sous l'identité de Alexandr Tanarov. Il devient apatride pour le reste de sa vie. En 1924 et 1925, il écrit deux articles sous le nom de Sacha Piotr à la Revue internationale anarchiste. En 1925, il est hébergé à Fontenay-sous-Bois chez l'anarchiste italien Onofrio Gilioli. En 1926, il rejoint Berlin, où il est très actif sous le nom de Sacha Piotr dans les milieux libertaire autour d'Alexandr Berkman ; il rencontre les anarchistes Theodor Plievier, allemand, Buenaventura Durruti et Francisco Ascaso, espagnols, Francesco Ghezzi, italien. » À cette période berlinoise il rencontre Hanka Grothendieck alors qu'il a déjà un premier fils Dodek Schapiro, parti vivre aux États-Unis dont son second fils cherchera en vain à retrouver la trace. Son second fils naît en mars 1928. « Le 31 octobre 1939, Sacha Schapiro est interné au camp du Vernet en Ariège, Il sera transféré le 16 juin 1941 au camp de Noé, dans la Haute-Garonne, puis en 1942 au camp de Drancy. Le 14 août 1942, sous le nom de Alexander Tanaroff, il est l'un des 991 déportés du convoi numéro 19 vers le camp d'Auschwitz-Birkenau ; 875 d'entre eux sont gazés dès leur arrivée au camp. » Article wikipédia

 

Enfin restons aveugles

Par ailleurs de nombreux camps de concentration ont existé pendant la guerre on peut penser à celui pour « Nomades » (comprenez Tzganes) de Montreuil-Bellay au sud-est de Saumur ou encore Walter Benjamin qui a été interné du 17 septembre au 21 novembre 1940 au camp de Vernuche, hameau de la commune de Varennes-lès-Nevers (Varennes-Vauzelles aujourd'hui) près de Nevers, fait important si on sait qu'il se suicidera à la forntière esspagnole quelques temps après. D'autres personnes célèbres y sont passés Siegfried Kracauer, Hanns-Erich Kaminski et Arthur Koestler et ont toutes été libérées par le diplomate . Autres exemples, le 13 mai 1940, il est décidé que tous les réfugiés allemands sans exception, même ceux précédemment libérés, doivent être internés ; la sœur de Walter Benjamin, Dora Benjamin, et Hannah Arendt sont convoquées le 14 au vélodrome d'Hiver d'où elles sont transférées au camp de Gurs. Il y a toute une géographie des camps, souvent les mêmes camps. C'est tout ce que nous voulions dire.

On ne peut plus lire En attendant Godot de la même manière.

Pour ce vous avez aussi ce très bon blog sur les camps d'internement français.

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