Le plus gros site de philosophie de France ! ABONNEZ-VOUS ! 4004 Articles, 1523 abonné.e.s

La Garenne de philosophie

CORPS-ESPRIT / Le problème difficile de la conscience

< précécédent   << début

Le problème difficile de la conscience

David Chalmers introduisit une distinction influente entre les « problèmes faciles » et le « problème difficile » de la conscience. Les problèmes faciles concernent l'explication des fonctions cognitives comme l'attention, l'intégration de l'information, le contrôle du comportement ou l'accès aux contenus mentaux, problèmes qui semblent en principe solubles par les méthodes standard des sciences cognitives et des neurosciences. Le problème difficile porte quant à lui sur l'existence même de l'expérience subjective consciente : pourquoi y a-t-il quelque chose que cela fait d'être dans tel ou tel état mental, plutôt que rien du tout ? Pourquoi l'intégration de l'information ou le traitement attentionnel s'accompagnent-ils d'une dimension qualitative, d'un « quelque chose que c'est que » (what it's like) être dans ces états ? Cette formulation du problème difficile met en lumière ce qui semble être un fossé explicatif (explanatory gap) entre les processus neurologiques objectifs et l'expérience subjective. Même si l'on parvient à établir des corrélations parfaites entre activité cérébrale et états de conscience, il semble qu'on puisse toujours se demander pourquoi ces corrélations existent et pourquoi elles s'accompagnent d'expérience subjective plutôt que de se dérouler « dans l'obscurité ». Cette reformulation du problème corps-esprit en termes de problème difficile de la conscience a stimulé de nombreux développements théoriques. Certains, comme Daniel Dennett, contestent la légitimité même du problème en soutenant qu'il repose sur des intuitions illusoires concernant la nature de la conscience. Il soutient commme nous que c'est un faux-problème. D'autres, comme David Chalmers lui-même, développent des théories panpsychistes selon lesquelles la conscience constitue une propriété fondamentale de la réalité au même titre que la masse ou la charge électrique. D'autres encore, comme les tenants de la théorie de l'information intégrée (Giulio Tononi) ou de la théorie de l'espace de travail global (Bernard Baars, Stanislas Dehaene), tentent de réduire la conscience à certaines propriétés informationnelles ou fonctionnelles spécifiques.

suivant >

100 questions sur la vie >

100 questions sur la connaissance >

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article