13 Septembre 2025
Face aux difficultés du dualisme d'interaction cartésien, plusieurs philosophes du XVIIe siècle développèrent des solutions alternatives cherchant à préserver certains aspects de la conception dualiste tout en évitant le problème de l'interaction causale.
Gottfried Wilhelm Leibniz développa pour sa part la théorie de l'harmonie préétablie, selon laquelle l'esprit et le corps suivent chacun leur cours propre selon leurs lois internes respectives, mais Dieu a programmé dès la création une correspondance parfaite entre les séries d'événements mentaux et corporels, à la manière de deux horloges parfaitement synchronisées. Cette solution évite tant le problème de l'interaction que celui de l'intervention divine perpétuelle, mais elle implique un déterminisme absolu et semble nier la réalité de l'influence causale que nous croyons exercer par nos décisions volontaires. Benedict de Spinoza opta quant à lui pour une solution moniste radicale en développant la théorie du double aspect : selon lui, il n'existe qu'une seule substance, la Nature ou Dieu, qui peut être considérée sous deux attributs différents, l'étendue et la pensée. L'esprit et le corps ne sont donc pas deux substances distinctes mais deux manières de concevoir une seule et même réalité, ce qui résout définitivement le problème de l'interaction puisqu'il ne peut y avoir de relation causale entre ce qui n'est qu'un. Cependant, cette solution moniste soulève à son tour de nouvelles difficultés concernant l'individualité personnelle et la spécificité de l'expérience subjective.