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La Garenne de philosophie

PHILOSOPHIE / La « vie anorganique » chez Gilles Deleuze.

La « vie anorganique » chez Gilles Deleuze. — Dans sa philosophie, notamment dans son livre Le Pli, dans son article L’Immanence : une vie… et ainsi que ses écrits communs avec Félix Guattari, Deleuze parle d’une vie qui ne se réduit pas à l’organisme ni aux structures biologiques. Cette « vie anorganique » est pure immanence, un champ de forces, d’intensités et de virtualités qui traverse les corps, humains ou non, sans se limiter à leur organisation organique. Quand on parle de virtualité, il faut comprendre que Deleuze en dialecticien introduit un peut partout des rapports différentiel qui le piège dans des dualismes. Ces rapports différentiels sont aussi appelés rapport essentiels ou rapports virtuels (Nietzsche et la philosophie, p. 87, pagination plus dense de la première édition). Ce que l'on voit affleurer là est son naturalisme. Celui-ci lui permet de dire des choses plus abstraites en lien avec son vitalisme comme le fait que la vie se manifesterait dans ce qu’il appelle le plan d’immanence. Ce plan d’immanence ou niveau de consistance ni pas le le niveau d'interprétation de l'organisation ou du développement qui, lui est in plan de transcendance. Vous pouvez retrouver la distinction et la spécification de ces deux plans dans la conclusion de Mille Plateaux. Sachez simplement que ce n'est rien d'autre qu'une reprise du livre le plus hégélien de Nietzsche à savoir Naissance de la tragédie où figurent quatre dimensions dont apollinien et le dionysiaque, auquel Nietzsche rajoute le socratique - dit autrement le modes de la participation _ et une quatrième dimension non substantielle qui deviendra l'éternel retour en somme. Il ne  un niveau où la vie est un flux impersonnel, pré- ou extra-organique, qui peut se déployer dans l’art comme matière expressive, la pensée comme faite de concepts non détachables d'affects et de percepts et la logique de la sensation qui présuppose toujours un figure. Il y a toujours une dimension impérieuse propre au vivant chez Deleuze, celle qui pousse a pousser un cri si le besoin de survie se fait sentir. Cet écheveau de concepts et de dimensions n’est donc pas une « vie » au sens biologique, mais une puissance d’affecter et d’être affecté, une puissance de percevoir et de se rendre perceptible même si c'est infime, qui peut exister dans la matière, les forces, les événements — une vie « trop grande » pour être contenue dans un organisme.

Il ne me semble pas que cette immanence chez Deleuze soit pure immanence, elle est toujours mâtinée de transcendance, comprenez ; il y a toujours de la transcendance qui vient compromettre l'immance chez ceux qui introduisent des transcendaentaux, c'est ce qui ressort du texte Immenance, une vie . Comme le dit Deleuze, et ce constat lui est propre, que nous soyons chrétiens ou païens, nous sommes tuojours portés à croire. C'est qu'il y a une longue et lente conformation de la théologie rationnelle qui a opéré depuis des siècles - c'est la dimension médiéviste de Deleuze qui passe pour ignoré de beaucoup et qu'ont étudié Guillaume Sibertin Blanc et Marco Spagnulo en 2024-2026. Mais l'incohérence agrégative, la chaosmose de Deleuze, son hétérogénéité dont il disait qu'il était sans doute le premier à l'avoir produite, lui permet de faire coexister en un livre-machine toutes ces dimensions quitte à en ignorer certaines comme si on portait le secret n'est pas seulement ce qui n'est pas inassignable chez Deleuze parce qu'il change sans cesse de nature (dans Mille Plateaux dans une lecture plus fétichiste), c'est aussi ce qui est ignoré (dans Critique et Clinique dans une lecture plus inanitaire donc soumise au culte de la mort). C'est pourquoi il parlera d'une ligne de vie, d'un destin digne qui oscille entre la vie et la mort, c'est ce dont n'arrive pas à se départir le vitalisme de Deleuze, un peu comme chez Schopenhauer la volonté s'affirme et puis se nie (Sartre ne dit pas autre chose à propos de l'écrivain comme en fait toute la tradition littéraire française qui a lu Schopenhauer). C'est ce basculement, ce renversement inanitaire autre nom de l’épuisement de l'envie ou du désir, confondu avec la volonté, qui poussera Nietzsche aussi à se départir d'une volonté tournée vers la douleur et l'ennui pour une volonté tournée vers la puissance.

Nous passons ici sur la dimension du destin, qui est un peu chez Nietzsche ce que serait le devoir chez Cicéron et qui évite pour partie de ce confronter au nihilisme. Cela est propre au mos majorum qui aura pour pendant avec le temps ce que Deleuze à la suite de Bachelard et sans doute de Foucault son disciple, nomme minorité. Pour Nietzsche, le destin avec l'amor fati se substitue à l'amour de dieu chez Spinoza. Cet amour de . Par contre chez Nietzsche (dans son Zarathoustra), chez Deleuze (dans Mille Plateaux), chez Platon (dans le Timée, Ainsi parlait Zarathoustra étant une reprise de l'adventicité qui y est contenue), 

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