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La Garenne de philosophie

ROME / Les défenseurs de la tradition

Le mos maiorum, littéralement « les mœurs des anciens », n’est pas l’œuvre d’un seul penseur, mais un code moral collectif, transmis par l’exemple et la tradition. Cela dit, plusieurs figures emblématiques de Rome ont incarné, défendu ou réinterprété ces valeurs

 

Défenseurs historiques du mos maiorum

Caton l’Ancien (Marcus Porcius Cato) : Archétype du conservateur romain, il prônait le travail, la frugalité, la discipline et le rejet de l’oisiveté. Il dénonçait la décadence morale et appelait à un retour aux vertus ancestrales.

Lucius Quinctius Cincinnatus : Modèle de vertu et d’humilité. Nommé dictateur en 458 av. J.-C., il rendit le pouvoir dès la fin de la crise, incarnant le dévouement au bien public et la modestie.

Auguste (Octavianus) : Bien qu’instaurateur du Principat, il chercha à restaurer les valeurs traditionnelles par des lois sur les mœurs et la religion. Il utilisa le mos maiorum comme fondement idéologique de son régime.

Cicéron (Marcus Tullius Cicero) : Orateur hors pair, philosophe et homme d’État. Il incarne l’idéal du homo novus et défend la République contre les dérives autoritaires. Ses discours (Catilinaires, Philippiques) et traités philosophiques ont façonné la rhétorique et la pensée politique occidentale. Dans ses discours et traités, il invoque souvent le mos maiorum pour défendre la République et critiquer les dérives politiques. Il lie les vertus romaines à la philosophie stoïcienne.

Virgile (Publius Vergilius Maro) : Poète national de Rome, auteur des Bucoliques, Géorgiques et de l’épopée fondatrice Énéide. Il célèbre la paix augustéenne, la ruralité et les origines mythiques de Rome avec une élégance classique. Dans l’Énéide, il célèbre les vertus fondatrices de Rome — piété, courage, loyauté — en les incarnant dans le héros Énée, véritable miroir du mos maiorum.

Ovide (Publius Ovidius Naso) : Poète de l’amour et du mythe. Ses Métamorphoses sont une fresque poétique des légendes gréco-romaines. Exilé par Auguste pour des raisons obscures, il incarne la liberté créative et l’ironie élégiaque. Bien qu’exilé pour ses écrits jugés contraires aux mœurs, il évoque les tensions entre liberté individuelle et tradition, ce qui en fait un contrepoint intéressant au mos maiorum.

Salluste (Caius Sallustius Crispus) : Historien engagé, proche de César, il dépeint les luttes politiques avec une lucidité mordante. Ses œuvres majeures ( La Conjuration de Catilina et La Guerre de Jugurtha ) dénoncent la décadence morale de Rome et les ambitions dévorantes.

Tacite (Publius Cornelius Tacitus) : Historien du pouvoir et de ses abus. Dans ses Annales et Histoires, il chronique les règnes impériaux avec une plume acérée, mêlant stoïcisme et scepticisme. Il est le maître du sous-entendu politique et du style dense.

Tibulle (Albius Tibullus) : Poète élégiaque, chantre de l’amour pastoral et de la vie simple. Contemporain de Virgile, il préfère les champs à la guerre, et ses vers célèbrent les amours contrariées avec une douceur mélancolique.

 Le stoïcien politique Caton d’Utique (Marcus Porcius Cato Uticensis) : Figure stoïcienne et républicaine, opposant farouche à César. Il incarne la vertu inflexible et le refus de la tyrannie. Son suicide à Utique est devenu un symbole de résistance morale.

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