13 Septembre 2025
Il y a une distinction a faire et qui s'est faite au XIXe siècle entre la chimie organique et la chimie inorganique. Cette dernière a été mise en place pour battre en brèche la théorie vitaliste de la force vitale. Derrière est apparue la théorie la vie « anorganique » et de son « élan vital ». Chez Henri Bergson, elle ne se voulait pas vraiment être celle du vitalisme classique de Montpellier mais en quelque sorte Gilles Deleuze les a recollé ensemble, se voulant le continuateur hétérogène du vitalisme avec ses essences vagues et ses ensembles flous.
Sur la séparation entre chimie organique et chimie inorganique. « Cette séparation tient au fait que jusqu'au début du XIXe siècle, les chimistes pensaient généralement que les composés des organismes vivants étaient trop complexes de par leur structure et que l'homme ne pouvait les synthétiser car leur formation avait nécessité l'intervention d'une « force vitale » (voir vitalisme). Ces composés étaient également particuliers du fait qu'ils pouvaient se reproduire. Ils appelèrent ces composés « organiques » et continuèrent à les ignorer. L'essor de la chimie organique commença lorsque les chimistes découvrirent que ces composés pouvaient être abordés de façon similaire aux composés inorganiques et pouvaient être recrées en laboratoire sans avoir recours à la « force vitale ». Aux alentours de 1816, Eugène Chevreul commença une étude des savons à partir de différents corps gras et alcalis. Il sépara les différents acides qui, en combinaison avec les alcali, produisaient le savon. Ainsi, il démontra qu'il était possible de changer chimiquement les graisses afin de produire de nouveaux composés sans l'aide d'une « force vitale ». En 1828, Friedrich Wöhler fut le premier à produire l'urée, un constituant de l'urine qui est une molécule organique, à partir du cyanate d'ammonium NH4OCN qui est un réactif inorganique. Cette réaction fut ensuite appelée la synthèse de Wöhler. Il fut très prudent et ne déclara pas, ni à ce moment ni plus tard, la fin de la « théorie de la force vitale », mais ceci est maintenant considéré comme le tournant historique. »
Bergson ne semble pas avoir eu connaissance de ce tournant ou en tout cas le passe sous silence, sans doute parce qu'il l'inclue d'emblée et « naturellement » dans la vision réductrice et mécaniste de la science. Or la science a été jusque là l'étude rationnelle de l'apparition des phénomènes, notamment ceux de la vie et il n'y a pas besoin de poser la vie pour observer les « phénomènes du vivant », selon une dénomination plutôt classique. La complexité tend par l'émergence comme franchissement de seuil à résoudre ces problèmes.