1 Août 2025
« Si donc cet état de joie que nous ne possédons qu’à certains moments, DIEU l’a toujours, cela est admirable; et s’il l’a plus grand, cela est plus admirable encore. Or c’est ainsi qu’il l’a. Et la vie aussi appartient à DIEU, car l’acte de l’intelligence est vie, et DIEU est cet acte même; et l’acte subsistant en soi de DIEU est une vie parfaite et éternelle. Aussi appelons-nous DIEU un vivant éternel parfait; la vie et la durée continue et éternelle appartiennent donc à DIEU, car c’est cela même qui est DIEU », Aristote, Métaphysique Lambda (XII), 7, 1072 b 25-30 (Trad. J. Tricot)
Le terme Theos (θεός), qui signifie "Dieu" en grec, apparaît pas seulement ici mais à plusieurs reprises dans l’œuvre d’Aristote, plus largement, il s’inscrit dans une réflexion sur le divin, la causalité première et la cosmologie devenue pour l'occasion théologie presque rationnelle. Le mot Theos participe d'un ensemble de "concepts", il est non seulement lié au Premier Moteur, à l’intellect divin, à la cause finale et à la perfection, Par ailleurs, Aristote utilise aussi des termes comme to theion (le divin) et theios (divin, relatif à Dieu), qui élargissent la portée de sa pensée théologique. ta theia pour parler des réalités ou choses divines. En Métaphysique, E, 1, 1026 a 16-18, « toutes les premières causes sont nécessairement éternelles, et surtout les causes immobiles et séparées, car elles sont les causes de ce qui, parmi les [êtres] divins, tombe sous les sens [tois phanerois tôn theiôn]»
Dans l'Éthique à Nicomaque, le Theos est évoqué comme modèle de vie contemplative. L’homme sage doit imiter la vie divine par la contemplation, qui est l’activité la plus haute. « nous concevons les dieux [ôi theoi] comme jouissant de la suprême félicité et du souverain bonheur », Aristote, Ethique à Nicomaque X, 8, 1178 b 8-9. « Dieu n’est pas vertueux, étant au-delà de la vertu » Ethique à Nicomaque, X, 8, 1178 b. Dans l’Ethique à Eudème VII, 12, au sein d'un long développement sur l’amitié, Aristote dit que « la divinité [ho theos] n’est pas telle qu’elle ait besoin d’un ami », Aristote, Ethique à Eudème VII, 12, 1245 b 15 et b 17-18.
Dans Les parties des Animaux, Aristote parle du Theos comme cause de l’ordre dans la nature, soulignant que rien n’est fait en vain dans les êtres vivants.