30 Avril 2026
La première Théodicée chrétienne : une action d’amour et de justice
première théodicée chrétienne dans son homélie intitulée Dieu n’est pas l’auteur des maux, écrite vers 369. Platon aussi bien que Sénèque avaient déjà affirmé que la divinité est « hors de cause », θεὸς ἀναίτιος[14]. La thèse de Basile, inspirée du livre des Psaumes et des Prophètes, va au-delà en affirmant la foi en la bonté et la justice de Dieu, conformément à la Révélation biblique : « Dans l’ensemble du Psaume il nous enseigne à ne pas céder au découragement quand nous sommes dans l’affliction, mais plutôt à attendre patiemment que se manifeste la bonté de Dieu, sachant que c’est par économie qu’il nous livre à l’affliction, en mesurant l’ampleur de nos tourments à proportion de la foi qui est en nous ». La distinction entre mal réel ou moral (le vice, le péché) et mal apparent (la maladie, la mort, les fléaux) reprend l’idée maîtresse du stoïcisme qui distingue entre ce qui dépend de notre volonté et ce qui ne dépend pas de notre volonté. Basile esquisse ainsi une théologie de l’action de Dieu et de l’agir humain : il adopte l’idée de l’utilité du mal en tant que pédagogie mais aussi en tant que thérapie. La justice de Dieu est en effet liée à sa bonté, et le mal est une punition nécessaire pour faire justice, de même qu’un médecin ne cesse pas d’être bienfaisant même quand il procède à des amputations ou inflige au corps des souffrances pour combattre la maladie ;
Sotériologie, le visage du Sauveur
le vrai visage de Dieu étant celui du Sauveur, Basile souligne combien l’action de Dieu dans l’histoire est une économie sotériologique visant le salut éternel de l’homme.
Ontologie
Basile montre que le mal n’a pas de substance propre, « nous ne pouvons pas l’avoir sous les yeux comme une essence hypostasiée, […] mais il survient par des altérations de l'âme »
Théologie, connaissance de dieu
Pour Basile, notre nature humaine et finie ne peut pas prétendre à une connaissance entière de Dieu comme l'affirme Eunome
Théologie, création du monde par Dieu et Essence incompréhensible de Dieu
« Le monde a été créé, nous fait bien connaître la puissance et la sagesse du Créateur, mais non son essence. La puissance du Créateur ne s'y révèle pas nécessairement tout entière. Il se peut que le bras de l'Artiste divin n'y déploie pas toute sa force… En tout cas, le dilemme d'Eunomius ne saurait nous étreindre. Si nous ne connaissons pas l'essence de Dieu, nous ne connaissons rien de Lui. Si, pour être vraie, la connaissance devait être la pleine compréhension, que saurions-nous des choses finies elles-mêmes, qui, par tant de côtés, nous échappent ? Et il s'agit de l'infini ! Connaître l'essence divine, c'est avant tout connaître l'incompréhensibilité de Dieu »
Pneumatologie, Traité du Saint-Esprit
Dans ce traité, achevé en 375, Basile souhaitait, à l’origine, répondre aux interrogations de l’évêque Amphiloque d'Iconium sur la validité des variantes dans le texte de la doxologie adressée à Dieu le Père, et sources de confusions sur le dogme trinitaire[24]. Issu du parti homéousien, Basile vise avant tout à ruiner la doctrine impie des adversaires de l’Esprit saint, les pneumatomaques, secte alors naissante issue de l’arianisme de Basile d'Ancyre. En s’interrogeant sur le sens et l’emploi des prépositions « et », « dans » et « avec », rapportées aux personnes divines et à leurs relations mutuelles dans la Trinité, Basile cherche à répondre à la question : Qui fait la communion ?. Assuré qu’il y a à la fois communauté de nature et communion entre les Personnes divines (en grec ancien : κοινωνία), il y établit l'égalité d’honneur (« l’homotimie ») de l’Esprit avec le Père et avec le Fils, à partir des Écritures et de la Tradition. Ce traité qui est un modèle de pneumatologie marque, entre les conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381), une étape décisive sur la voie de la définition de la consubstantialité du Saint-Esprit. Source patristique par excellence de la théologie du Saint-Esprit, ce traité a inspiré en particulier saint Augustin.