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La Garenne de philosophie

RELIGION / Les moines en chrétienté

Vue des Kellia dans le désert de Nitrie (Egypte) ou ce qu'il en reste

Vue des Kellia dans le désert de Nitrie (Egypte) ou ce qu'il en reste

les moines en Occident et en Orient chrétiens

Les anachorètes

Considéré comme le « père du monachisme chrétien », Antoine le Grand (né vers 251 et mort vers 356), né dans une famille de riches fermiers d’Égypte, devient orphelin à l’âge de dix-huit ans. Désireux de suivre les paroles du Christ à la lettre (Mathieu XIX, 21), il vend ses biens, en distribue l’argent aux pauvres et, commençant une vie d’anachorète (du grec ancien : ἀναχωρητής ; litt : « qui s'est retiré du monde » à partir de ἀναχωρέω « je me retire »), part vivre pendant treize ans dans le désert avec quelques compagnons. Toutefois, comme ce devait être le cas pour plusieurs de ces ermites, sa réputation de sainteté lui attire disciples et visiteurs anxieux d’obtenir ses conseils. Pour échapper à ceux-ci, il s’enfonce dans le désert vers la Palestine jusqu’à s’établir en Thébaïde (Égypte moyenne), sur le mont Qolzum ; la montagne d'Antoine, également connue sous le nom de montagne de Clysma, était habitée par des anachorètes, tels que saint Jean le Nain et saint Sisoès le Grand, qui y moururent respectivement en 409 et 429.

>>> On parle indistinctement d'anachorétisme ou d'érémétisme.

 

Les cénobites

Une deuxième voie, représentée par son fondateur, Pacôme le Grand (né en Thébaïde vers 292, mort vers 348), considère que les jeûnes excessifs et l’austérité physique sont dommageables pour le corps et par conséquent nuisibles à la vie spirituelle, et privilégie la vie religieuse en commun ou « cénobitisme » afin que les membres de la communauté puissent s’entraider dans la poursuite de leur idéal. Né dans une famille modeste, parlant uniquement le copte, Pacôme est enrôlé de force à vingt ans dans l’armée de Constantin contre les Persans. Démobilisé vers 314 et sans ressources, il est adopté par des chrétiens de Thèbes. Il se convertit et trois ans plus tard entreprend une vie d’ermite auprès d’Antoine le Grand jusqu’à ce qu’une voix mystérieuse lui ordonne en 320 de fonder un monastère avec trois compagnons à Tabennèse sur les rives du Nil. Sa sœur, Marie, ouvre un couvent de femmes sur la rive opposée du Nil. Cette communauté grandit jusqu’à compter 1 300 membres. Par la suite, il fonde de nouveaux monastères jusqu’à ce que, au moment de sa mort en 346, l’ensemble de ces monastères égyptiens compte 7 000 membres.

>>> On parle de cénobitisme.

 

Les Laures et les skites

Une troisième voie se développe, surtout en Palestine, à mi-chemin entre érémitisme et cénobitisme : les moines choisissent de vivre comme des ermites durant la semaine mais se rassemblent le samedi soir, le dimanche et les jours de fêtes pour chanter ensemble les offices, prendre des repas en commun et recevoir l’enseignement d’une personne de sainteté renommée : c'est le début des laures (en grec : Λαύρα) surtout répandues dans le désert de Judée, les environs de Jérusalem et de Jéricho. Dans la vallée du Cédron, la Grande Laure (Saint-Sabas) compte jusqu’à 150 moines.

Un exemple en France l'Ordre cartusien, avec l'Ordre des Chartreux, selon la règle de Saint-Bruno, un ordre religieux catholique contemplatif à vœux solennels français, de type semi-érémitique. L'ordre camaldule ou ordre des Camaldules (en latin : Congregatio Monachorum Eremitarum Camaldulensium) est un ordre monastique bénédictin de droit pontifical fondé par saint Romuald de Ravenne en 1012 à Camaldoli, frazione de Poppi, dans la haute vallée de l'Arno en Toscane (Italie), sous la règle de saint Benoît.

le skite était au début de la chrétienté un des modèles de vie monastique les plus répandus et constituait un pont entre le cénobitisme (c'est-à-dire une communauté de moines et de moniales qui vivent ensemble), et l'érémitisme,

>>> On parle de semi-érémitisme.

 

Les moines du clergé régulier et la prêtrise séculière

Parmi ces moines, très peu recherchent ni reçoivent la prêtrise. Ceux qui reçoivent les ordres sont appelés hiéromoines. ou prêtre-moine. Dans l'église orthodxe tout hiéromoine était dénommé higoumène, il reçoit son bâton pastoral (français : crosse, grec : paterissa, slave : палица, palitza). 

Higoumène (grec : « chef ») : est le nom du chef d’un monastère, abbé ; dans l’Antiquité ou à l'époque moderne de tout monastère de troisième classe. Son autorité et ses fonctions officielles sont les mêmes que celles de tout abbé d’un monastère. La seule différence entre lui et l’archimandrite (abbé d’un monastère de première et de seconde classe) est que lors des offices liturgiques, il porte un simple manteau monastique et un ceinturon (набедренник / nabedrennik), tandis qu’un archimandrite porte un manteau avec des « tablettes », une croix pectorale, une crosse (палица) et une mitre.

>>> Une question se pose à nous : Qu'est-ce que recevoir les ordres ?

 

Les méthodes des moines

L'hésychasme (du grec ancien ἡσυχασμός / hēsukhasmós, de ἡσυχάζω / hēsukházō, « se tenir tranquille, en repos ») est une pratique spirituelle mystique enracinée dans la tradition de l'Église orthodoxe et observée par l’hésychaste. L'hésychasme vise le salut de l'âme, l'union à Dieu. Si la fuite du monde est un moyen privilégié, la fin véritable de l'hésychasme est le repos de l’âme en Dieu, l’acquisition de la paix du Christ : « Je vous donne la paix, je vous donne ma paix, non pas comme le monde la donne. »

Les « neptiques » sont les sobres ; la nepsis est la « sobriété de l'âme ».

L'épectase est la tension de l'âme vers Dieu ; on épectomène est quelqu'on tendant avec effort (ἐπεκτεινόμενος / epekteinómenos)

 

Les contreparties

La richesse des monastères dont les moines ne peuvent plus gérer l’ensemble des avoirs entraine des effets pervers en réduisant les pouvoirs de leurs supérieurs (higoumènes ou archimandrites) et en mettant nombre d’entre eux sous la gouverne de gérants laïcs, les charisticaires.

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