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Publié par Perrine Gaust

REVOLUTION / Georges  Danton

Georges  Danton

« Mirabeau de la canaille ».

Fils d'un procureur d'Arcis-sur-Aube, en Champagne ; devient avocat en 1787 ; ministre de la Justice au moment de la chute de la royauté ;  premier président du Comité de salut public, Après de médiocres études au petit séminaire de Troyes, puis chez les Oratoriens de Troyes, Georges Jacques Danton refuse d'entreprendre une carrière ecclésiastique. Il part pour Paris, travaille dans un cabinet d'avocat. Il Jacques Danton passe 6 mois à la faculté de Reims où il achète une licence en droit, comme il est possible de le faire à la fin de l'Ancien Régime. Inscrit au barreau de Paris, il ne plaide guère, préférant fréquenter les cafés où il se fait de nombreux amis. Bon vivant, jouisseur et truculent, Danton n'appartient pas à la race des révolutionnaires puritains, vertueux jusqu'au scrupule ; il n'a rien de l'incorruptible et, par là, ne cesse de séduire ou d'indigner ceux qui s'inquiètent des rapports de l'éthos révolutionnaire avec la « morale ». Mais, si Danton ne refusait guère les cadeaux, il est difficile de prouver qu'il en ait jamais tenu compte pour déterminer sa politique : toujours acheté, jamais vendu ! « Un homme comme moi est impayable », disait-il.

Sous l'assemblée nationale constituante

En avril 1790, fonde dans l'ancien couvent des Cordeliers, à Paris, la « Société des amis des Droits de l'Homme et du citoyen », plus connue sous le nom de Club des Cordeliers. Après que le roi Louis XVI a tenté de fuir à l'étranger, en juin 1791, Danton demande en vain qu'il soit déposé. Il s'enfuir quelques mois en Angleterre, car menacé d'arrestation après la fusillade de manifestants républicains sur le Champ-de-Mars du 17 juillet 1791.

Tribun du peuple sous l'assemblée nationale législative

Ministre de la Justice au moment de la chute de la royauté, il a été ensuite le premier président du Comité de salut public,C'est à l'été 1792 que Danton se révèle. L'Assemblée législative est réduite à l'impuissance par les menées séditieuses de la Commune insurrectionnelle de Paris... Le pays est menacé d'invasion par les Prussiens et les Autrichiens. Le 21 juillet, un décret proclame « la Patrie en danger ».

Mais le 10 août 1792, la monarchie est renversée et l'Assemblée législative décide de se saborder et de laisser la place à une assemblée constituante. Entre temps, elle fait entrer Danton au Conseil exécutif (le gouvernement), au poste de ministre de la Justice.

Longwy capitule devant les Prussiens le 23 août. La Révolution semble perdue.

Le 2 septembre 1792, à Paris, mûs par le désespoir et la haine, des émeutiers commencent à massacrer des malheureux en attente de jugement dans les prisons...

Toujours le 2 septembre 1792, à la tribune de l'Assemblée, Danton lance : « Tout s'émeut, tout s'ébranle, tout brûle de combattre. Une partie du peuple va se porter aux frontières, une autre va creuser des retranchements et la troisième, avec des piques, défendra l'intérieur des villes (...). Nous demandons que quiconque refusera de servir de sa personne ou de remettre ses armes soit puni de mort (...). Le tocsin qu'on va sonner n'est point un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée ».

Ce discours (et plus encore peut-être les arrangements secrets de Danton avec le duc de Brunswick, commandant en chef de l'armée ennemie) vont être à l'origine du sursaut de Valmy. Par cette victoire inespérée, la Révolution sera sauvée.

Sur sa lancée, après la victoire de Jemmapes, Danton inaugure à la tribune de l'Assemblée le dogme des « frontières naturelles », à l'origine de guerres incessantes. Son ambition manœuvrière lui permet des succès : c'est grâce à ses agents doubles qu'il entrave le déclenchement d'une première rébellion vendéenne, et avec ses émissaires qu'il achève de démoraliser le haut état-major prussien après Valmy.

Après son passage au ministère, il échoue dans sa tentative de regrouper au sein d'un « club de la Réunion » un tiers parti centriste ; rejeté vers la Montagne par la haine du couple Roland. 

Sous la Convention

Le dimanche 10 mars 1793, pour faire face au retour offensif des armées coalisées, la Convention vote la levée en masse de 300 000 hommes. Sur le soir, comme le président s'apprête à lever la séance, Danton intervient et réclame des mesures contre les contre-révolutionnaires et les ennemis de la liberté. Des voix s'élèvent et évoquent le spectre des massacres de septembre 1792 et des exécutions sommaires. Alors, le tribun s'exclame : « Soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être ! ». Dans la foulée, il fait voter la création d'un Tribunal criminel extraordinaire, qui deviendra plus tard, sous le nom de Tribunal révolutionnaire, l'outil de la Terreur.

Le 6 avril 1793, l'assemblée de la Convention crée le Comité de salut public à l'initiative de Danton. Il s'agit de sauver la France et la Révolution des périls intérieurs et extérieurs. Il est élu membre de ce Comité de salut public. Danton lui-même préside, sans préséance officielle, le Comité. Mais enrichi par la corruption et remarié le 13 juin 1793 avec une jeunette de 17 ans, Sébastienne Gély, il aspire à jouir de la vie dans sa retraite d'Arcis-sur-Aube et prend du recul par rapport à la Révolution.

Danton ne renonce pas à utiliser le duc de Chartres (futur Louis-Philippe), alors lieutenant de Dumouriez, en vue d'une éventuelle monarchie constitutionnelle orléaniste. Aussi, en mars 1793, quand Dumouriez se fait battre et trahit en passant à l'ennemi avec le duc de Chartres, Danton, suspecté de toute part, manque-t-il d'être dénoncé comme complice. Le 10 juillet 1793, Danton est évincé de la présidence du Comité, où fait son entrée Robespierre.

Un mois plus tard, le 13 août 1793, à la tribune de la Convention, Danton soumet le projet d'une instruction publique, gratuite et obligatoire : « Quand vous semez dans le vaste champ de la République, vous ne devez pas compter le prix de la semence ! Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple ! ».

Fin 1793, Danton aspire à clore le processus révolutionnaire et mettre un terme à la Terreur d'autant que les périls extérieurs et intérieurs semblent écartés. Il mène campagne en ce sens avec ses amis, dont Camille Desmoulins, rédacteur du Vieux Cordelier.

Le 26 novembre 1793, à la tribune de la Convention, il lance  : « Il est un terme à tout. Je demande qu'on pose la barrière ». Quelques jours plus tard, il a cette autre belle formule : « Rappelons que si c'est avec la pique que l'on renverse, c'est avec le compas de la raison et du génie qu'on peut élever et consolider l'édifice de la Société ».

Mais les Jacobins, unis autour de Robespierre et maîtres du Comité de salut public, ne l'entendent pas ainsi. Ils dénoncent les dantonistes, surnommés avec mépris les « Indulgents » et les font arrêter le 30 mars 1794. Danton, auquel on conseille de fuir, répond avec panache : « On n'emporte pas la patrie à la semelle de ses souliers ». Il se défend avec énergie devant le Tribunal révolutionnaire le 2 avril. Il n'en est pas moins guillotiné le 17 Germinal An II (5 avril 1794).

A lire :
Chronologie - GlossaireSinistrisme - Babouvisme - Sans-culottes -  Enragés - Montagne - Jacobins - Cordeliers : indulgents , fripons , exagérés - Feuillants - Girondins - Plaine - Comité de sûreté générale - Comité de salut public - Assemblée nationale constituante - Assemblée nationale législative - Assemblée conventionelle - TerreurDirectoire - Coup d'État du 18 fructidor - Coup d'état du 18 brumaire - Consulat

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