23 Septembre 2025
Éditrice de d'Alfred Jarry (La Chandelle verte, 1969), d'Isidore Ducasse (œuvres complètes, 1972)
Adrienne Monnier explique les péripéties de la traduction d'Ulysse de James Joyce en 1921-1924 : « Ma première idée a été de faire traduire 'Ulysse', dès que j’ai su qu’une telle œuvre existait. Mais la tâche était immense et peut-être insurmontable. (…) Notre première tentative de traduction remonte à décembre 1921. Valery Larbaud lui-même s’était attaqué à un passage très difficile, une scène dans un bar avec deux charmantes barmaids, au style très musical, assez surréaliste » (Entretien de 1948 dans l'audio plus bas).
En 1953 cofonde avec Maurice Nadeau la revue littéraire Les Lettres nouvelles.
En 1972, il édite les œuvres complètes d'Isidore Ducasse (Le Livre de poche).
« C'est exprimer un sentiment général que d'affirmer que tout homme d'une certaine culture éprouve le besoin d'avoir une bibliothèque personnelle composée de livres qu'il aime et que ceux-ci sont pour lui de bons et fidèles amis ; voudrait-on introduire, dans un cercle d'amis éprouvés, des importuns ou des indifférents ? C'est ce qu'on risque de faire en achetant des livres qu'on a pas lus. Il est vrai qu'on peut s'en débarrasser, mais, bien souvent, on gardera un volume mal choisi pour n'avoir par l'ennui de le revendre parfois au dixième du prix qu'on l'a payé, et aussi parce que ça meuble. Seulement, après quelques déceptions de ce genre, on laisse de côté les oeuvres nouvelles et l'on ne jure que par les classiques », Adrienne Monnier, Rue de l'Odéon, Albin Michel, 1989 p. 225.
« Sans argent pour acheter des livres, j'ai fréquenté à peu près tous les cabinets de lecture et toutes les bibliothèques de Paris. Je ne trouvais à emprunter que d'anciens bouquins salis, et jamais des livres modernes » J. Vuillomenet, « Portrait de femme : Adrienne Monnier », Le mouvement féministe - Organe officiel des publications de l'alliance nationale des Sociétés féministes suisses, 6 septembre 1929
En 1951, Adrienne Monnier vend « La Maison des Amis des Livres », comme elle l'annonce dans une interview à Combat le 28 juin : « Bien sûr, je vends la boutique ; bien sur, je suis un peu triste. On ne laisse pas ainsi trente-six ans de sa vie. La boutique, c'est un peu ma fille. Mais je suis triste comme peut l'être une mère qui marie sa fille. Je pleure d'un oeil et ris de l'autre. Car je sais que ma fille est entre [de] bonnes mains. Rien ne sera perdu du travail que j'ai accompli pendant toutes ces années. Au contraire, mon successeur, Jean-François Chabrun, va reprendre la formule du prêt qui m'était si chère. Il enrichira, développera ce fonds que je lui laisse. J'ai rarement trouvé un garçon qui ait un tel amour des livres, une telle connaissance, un tel dévouement à toutes les sciences de l'homme. Je suis persuadée qu'il saura faire de la librairie un centre culturel important ». Elle ajoute : « On dit que je me "retire", mais, vous savez, j'étais à moitié "retirée" depuis cinq ou six ans. Saillet faisait marcher la librairie au moins autant que moi. Il a été pour moi un collaborateur merveilleux et je n'aurais pas pu tenir sans lui. Mais il préfère la critique et le journalisme » numéro 2172 de Combat le 28 juin 1951, pour illustrer l'article « Adrienne Monnier abandonne sa librairie mais ne quitte pas la rue de l'Odéon » par Geneviève Bonnefoi, disponible sur BNF, Gallica.
James Joyce, Gisèle Freund, Eugène Jolas, André Gide (correspondance) et Pascal Pia (correspondance), Maurice Nadeau (co-driection de revue). (associé, exécuteur testamentaire, édieur de ses mémoires). Gertrude Stein et Alice B. Toklas, Claude Cahun et Suzanne Malherbe, Djuna Barnes, Rachilde, Natalie Clifford Barney, Bérénice Abbott, Marie Laurencin, Colette ou encore Anaïs Nin
Sylvia Beach, Shakespeare and Company, Londres, Faber & Faber, 1959, 232 p.