13 Septembre 2025
Le siècle des Lumières vit se développer des approches matérialistes qui tentaient de résoudre le problème corps-esprit en niant purement et simplement l'existence d'une substance mentale distincte.
Julien Offray de La Mettrie, dans son ouvrage provocateur L'Homme-machine (1747), soutenait que l'être humain n'est rien d'autre qu'une machine complexe et que tous les phénomènes mentaux peuvent s'expliquer par le seul fonctionnement de l'organisation corporelle. Cette perspective mécaniste s'appuyait sur les progrès de la physiologie et sur l'observation des corrélations entre états corporels et états mentaux pour argumenter en faveur d'une réduction complète du mental au physique.
Paul-Henri Thiry d'Holbach développa une version plus systématique de ce matérialisme dans son Système de la nature (1770), présentant l'univers entier comme un système purement matériel régi par des lois causales strictes, sans place pour une quelconque substance spirituelle. Ces approches matérialistes présentent l'avantage de la simplicité ontologique en ne postulant qu'un seul type de substance et en évitant ainsi les problèmes d'interaction, mais elles se heurtent à la difficulté de rendre compte de manière satisfaisante de l'expérience subjective consciente, de l'intentionnalité (capacité de la pensée à se rapporter à des objets) et de phénomènes apparemment irréductibles comme la créativité, l'intuition esthétique ou l'expérience morale.
Au XIXe siècle, le matérialisme évolua vers des formes plus sophistiquées avec des penseurs comme Ludwig Feuerbach, qui développa un matérialisme anthropologique cherchant à intégrer la dimension sociale et culturelle de l'être humain, et Karl Marx, qui proposa un matérialisme historique et dialectique tentant de dépasser l'opposition traditionnelle entre matérialisme mécaniste et idéalisme en introduisant la notion de praxis (activité pratique transformatrice) comme médiation entre la conscience et l'être social.