Le plus gros site de philosophie de France ! ex-Paris8philo. ABONNEZ-VOUS ! 4040 Articles, 1523 abonnés

La Garenne de philosophie

PHILOSOPHIE DE LA CONNAISSANCE / La connaissance

C'est une distinction qu'opère Russell entre connaissance par fréquentation et connaissance théorique qui est à la base de la philosophie analytique de la connaissance. C'est pourtant une reprise de la distinction qu'opère Platon dans le Banquet entre deux types de connaissance, l'une qui passe par la perception in situ, l'autre qui passe par une saisie à distance, comme a priori, bref théorique ou livresque pourrait-on puisque ce sont dans les livres et les textes que l'on rencontre le plus de descriptions actées, mises en registre. Bertrand Russell élabore sa distinction entre connaissance par accointance ou fréquentation (knowledge by acquaintance) et connaissance par description (knowledge by description) et structure sa réflexion sur les fondements de la connaissance. Nous avons une connaissance par accointance des données sensorielles immédiates, des contenus de conscience et peut-être des universaux simples, tandis que notre connaissance des objets physiques et d'autrui relève de la connaissance par description. Cette analyse permet à Bertrand Russell de construire une théorie de la connaissance qui évite l'idéalisme (comprenez le conceptualisme) en maintenant la possibilité d'une connaissance du monde extérieur tout en reconnaissant les limites de notre accès épistémique à ce monde. Bien souvent les systèmes philosophiques conjugue à la fois conceptualisme, réalisme, empirisme et pourtant les trois sont des degrés, des couverts plus ou moins abstraits de l'idéalisme.

 

Dialogue Passages clés Contexte
La République (livres VI–VII) 509d–511e (analogie de la ligne), 514a–517a (allégorie de la caverne) Séparation nette entre le perçu, l'intuité (τὰ αἰσθητά) et le saisi, le pensé (τὰ νοητά), avec hiérarchie des modes de connaissance, l'un est non verbal quand le second est dans la description. Il ne s'agit pas d'une séparation nette entre le monde sensible (κόσμος αἰσθητός) et le monde intelligible (κόσμος νοητός)
Phédon 65d–66b,
79a–84b
Opposition entre les réalités changeantes perçues par les sens et les Formes immuables saisies par l’intellect.
Banquet 210a–212a (discours de Diotime) Ascension érotique : du beau sensible vers la Beauté en soi, intelligible.
Phèdre 247c–249d Vision des réalités intelligibles par l’âme avant l’incarnation, puis oubli et réminiscence.
Timée 27d–29b Distinction entre ce qui est toujours (intelligible) et ce qui devient (sensible), avec lien à la cosmologie.
Parménide 129a–135d Discussion critique sur la théorie des Formes, donc sur la nature du monde intelligible.
 

κόσμος

L'αἰσθητός est ce qui est perçu par les sens, changeant, soumis au devenir, c'est simplement le perçu et non pas le sensible. Le νοητός est ce qui est saisi par le noûs, immuable, mais ce n'est pas l'éternel, c'est le saisi, le décrit dirait Russell ce n'est pas l'intelligible. Il s'agit bien avec le Parménide et le Philèbe d'un seul et même monde loin des ouranies  du Cratyle, ces visions visions lors desquelles l'âme se porterait à la limite du cosmos pour percevoir les idées. Or pour Platon, il y a le double réquisit du début du Parménide, qui fait qu'il n'y a ni séparation entre monde perçu et un monde saisi ou contemplé, bref théorique ni non plus réification, les idées appartiennent à ce monde et d'ailleurs il n'y a pas d'idées de nombre. La pensée de Platon est une pensée de l'adventicité comme mise en forme de la matière par un artisan cosmique, comme Nietzsche dans son Zarathoustra d'ailleurs, comme aussi la Genèse avant que la conception de l'éternité ne s'impose avec Aristote, l'artisan façonne ex materia mais ne crée par ex nihilo, on parle d'opificium plus que de creatioLa formulation la plus « technique » et structurée se trouve dans La République, mais l’opposition est déjà implicite dans des dialogues antérieurs (Phédon) et reprise dans des contextes variés (Timée, Phèdre).

Notons. L'article wikipédia français comporte cette distinction en ce que Julien Dutant l'a explicitement mise en place lors de la rédaction de l'article en 2006 - que nous n'avons pas consulté pour la rédaction de notre propre article. Réminiscence sans doute.

La connaissance, qui n'est pas la compréhension, qui n'est pas l'acte de penser mais celui d'assimiler par réflexion, n'est rien d'autre que la expression de la relation esprit corps, elle est tout le discours, tous les travers qui s'eoguffre dans cette brèche, dans ce prétendu écart, dans ce gap. La connaissance n'est rien d'autre que la distinction corps-esprit, leur relation biaisée, elle ne fait que revenir à cela à revenir au même, perpétuellement.

Les modes de connaissance sont les suivants : 1°) eikasia (imagination) : perception d’ombres, images, illusions, 2°) pistis (croyance) : perception des objets matériels eux-mêmes (ces deux mode relèvent de l'intuintion dite sensible, 3°) dianoia (pensée discursive) : raisonnement mathématique, qui part d’hypothèses et 4°) noèsis (intuition intellectuelle) : saisie directe des Idées, connaissance la plus haute (epistémè). La limite à cela est que la première (1° et 2°) ne donne pas un savoir certain, seulement des opinions (doxa), la seconde ne donne pas un savoir certain non plus seulement des opinions avisées élaboré par recoupement avec toutes les descriptions accumulées dnas les registres de l'humanité. Ce qui passe au préalable par un biais d'ancrage dans l'argument d'autorité.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article