Le plus gros site de philosophie de France ! ex-Paris8philo. ABONNEZ-VOUS ! 4040 Articles, 1523 abonnés

La Garenne de philosophie

CORPS-ESPRIT / La théorie de l'identité psychophysique

précédent   << début

La théorie de l'identité psychophysique

Les années 1950-1960 virent le développement de la théorie de l'identité psychophysique, principalement sous l'impulsion de philosophes australiens comme John Jamieson Carswell Smart et Ullin Thomas Place. Cette théorie soutient que les états mentaux sont strictement identiques à des états cérébraux, de la même manière que l'eau est identique à H2O ou que la température d'un gaz est identique à l'énergie cinétique moyenne de ses molécules. Selon cette conception, quand nous parlons de douleur, de croyances ou de désirs, nous nous référons en réalité, sans le savoir, à certains types d'états neurologiques spécifiques. Cette théorie de l'identité de type (type-identity theory) présente l'avantage de maintenir l'unité ontologique du monde (tout est physique) tout en préservant la légitimité du discours psychologique (qui se contente de désigner les mêmes réalités avec un vocabulaire différent). Elle évite ainsi les problèmes d'interaction du dualisme tout en échappant à l'éliminativisme radical du behaviorisme. Cependant, cette théorie rencontre des difficultés importantes, notamment celle de la réalisabilité multiple mise en évidence par Hilary Putnam : si les états mentaux sont identiques à des états cérébraux spécifiques, comment expliquer que des organismes ayant des systèmes nerveux très différents (humains, poulpes, éventuellement machines artificielles) puissent partager les mêmes types d'états mentaux ? Cette objection suggère que les états mentaux sont définis par leur rôle fonctionnel plutôt que par leur substrat matériel spécifique, ce qui ouvrit la voie au développement du fonctionnalisme. Par ailleurs, la théorie de l'identité doit faire face au problème de l'explication des propriétés qualitatives de l'expérience consciente (qualia) : même si l'on admet que voir du rouge est identique à un certain état cérébral, pourquoi cet état s'accompagne-t-il de cette qualité phénoménale spécifique plutôt que d'une autre ou d'aucune ?

suivant >

100 questions sur la vie >

100 questions sur la connaissance >

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article