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ANARCHISME ARGENTIN / Patricia Olivier

ANARCHISME ARGENTIN / Patricia Olivier

Patricia Olivier

Le 11 avril 1977, la militante anarchiste Patricia Silvia Olivier Testa, connue sous le nom de Paíta, a été assassinée à Buenos Aires (Argentine). Elle est née le 24 décembre 1952 à Buenos Aires (Argentine). Elle a grandi à Ituzaingó (Buenos Aires, Argentine). Après avoir terminé ses études secondaires, elle s’est inscrite à la Faculté d’architecture de l’Université de Buenos Aires (UBA). Elle vivait avec l’étudiant anarchiste Luis Esteban Matsuyama Goyeneche (surnommé El Chino). Avec Luis Matsuyama, à partir de 1975, elle a travaillé comme dessinateur technique dans la société Techint et ils ont vécu au 5 810 rue Corrientes, dans le quartier Villa Crespo de Buenos Aires. Cet appartement devient bien plus qu'un simple logement ; il se transforme en un point de convergence et de rencontre pour divers activistes libertaires, un espace de discussion, d'organisation et de solidarité face à la montée de la répression étatique.

Tous deux étaient des militants de la Résistance étudiante pour le socialisme (RES), un groupe étudiant et syndicaliste de l’organisation libertarienne Línea Anarcho-Comunista (LAC), une organisation dissoute entre 1975 et 1976 ; une partie de son militantisme a été intégrée au groupe anarchiste Résistance Libertarienne (RL). Ce groupe a été créé à La Plata (Buenos Aires, Argentine), avec des liens avec Buenos Aires et Córdoba (Córdoba, Argentine), et comprenait des anarchistes argentins éminents et des Uruguayens exilés, tels que Rufino Almeyda, Rita Artabe, Ether Biscayart de Tello, Fernando López, Elsa Martínez, Elvi Mellino, Raúl Olivera, Hernán Ramírez Achinelli, Marcelo Tello, Pablo Tello, Rafael Tello, etc.

Suite à l’arrestation et au meurtre, le 8 avril 1977, de la sœur de Luis, Norma Matsuyama (enceinte), de son partenaire Eduardo Testa et d’Adriana Gatti Casal (enceinte) dans le quartier Agronomía de Buenos Aires, les trois militants du groupe Montoneros et de l’Union des Étudiants de l’armée de la dictature civico-militaire purent connaître leur adresse. Patricia Olivier et Luis Matsuyama ont été enlevés le 11 avril 1977 à leur domicile de Buenos Aires (Argentine) et, après avoir subi des tortures à l’École de mécanique Armanda (ESMA), ils ont disparu.

Le 27 mai 2017, une tuile commémorative a été placée en sa mémoire à quelques mètres de sa résidence lors d’un événement organisé par le groupe Barris pour la Mémoire et la Justice de Villa Crespo.

Patricia Silvia Olivier Testa, plus connue sous le pseudonyme de « Paíta », incarne une figure méconnue mais emblématique des mouvements anarchistes et féministes argentins des années 1970, une période marquée par la violence d’État, la répression systématique et l’émergence de résistances radicales face à la dictature civico-militaire. Née le 24 décembre 1952 à Buenos Aires, elle grandit dans la banlieue d’Ituzaingó, un territoire ouvrier où les inégalités sociales et les tensions politiques imprègnent le quotidien. Son parcours, bien que brutalement interrompu par son assassinat en 1977, révèle une trajectoire militante profondément ancrée dans les luttes pour l’émancipation collective, où se croisent anarchisme, syndicalisme révolutionnaire et féminisme intersectionnel. Pour saisir la portée de son engagement, il convient d’abord de retracer les contours de sa vie, puis d’analyser les fondements théoriques et pratiques de son combat, avant d’examiner les solutions qu’elle et ses camarades proposaient face aux oppressions multiples, tout en soulevant les contradictions et les limites de ces propositions. Enfin, il sera nécessaire d’interroger les formulations alternatives de ces enjeux, ainsi que les acteurs qui, hier comme aujourd’hui, se situent dans son sillage ou s’y opposent.

La vie de Patricia Olivier s’inscrit dans un contexte historique particulièrement violent, celui de l’Argentine des années 1970, où la dictature instaurée en 1976 par le général Jorge Rafael Videla, avec le soutien d’une partie de la bourgeoisie nationale et des États-Unis, déploie une stratégie de terreur d’État visant à éradiquer toute forme d’opposition politique, syndicale ou intellectuelle. Ce régime, qui s’appuie sur des méthodes telles que les disparitions forcées, la torture institutionnalisée et les exécutions extrajudiciaires, cible en priorité les mouvements de gauche, les guérillas urbaines comme les Montoneros ou l’Armée révolutionnaire du peuple (ERP), mais aussi les organisations anarchistes, perçues comme une menace en raison de leur refus de toute hiérarchie et de leur capacité à mobiliser les classes populaires. Dans ce cadre, Patricia Olivier, après avoir achevé ses études secondaires, s’inscrit à la Faculté d’architecture de l’Université de Buenos Aires (UBA), un bastion de la contestation étudiante où les idées libertaires circulent avec force. C’est là qu’elle rencontre Luis Esteban Matsuyama Goyeneche, surnommé « El Chino », un militant anarchiste avec lequel elle partage à la fois une vie affective et un engagement politique. Ensemble, ils travaillent comme dessinateurs techniques pour l’entreprise Techint, un conglomérat industriel lié à la bourgeoisie nationale, ce qui leur permet de financer leur militantisme tout en infiltrant, d’une certaine manière, les structures du capitalisme argentin. Leur domicile, situé au 5810 rue Corrientes dans le quartier Villa Crespo, devient un lieu de réunion pour les militants de la Résistance étudiante pour le socialisme (RES), un groupe étudiant et syndicaliste affilié à la Línea Anarcho-Comunista (LAC), une organisation anarchiste qui, bien que dissoute entre 1975 et 1976, donne naissance à la Résistance Libertarienne (RL). Cette dernière, active à La Plata, Buenos Aires et Córdoba, rassemble des figures majeures de l’anarchisme argentin et uruguayen, parmi lesquelles Rufino Almeyda, Rita Artabe, Ether Biscayart de Tello, ou encore les frères Tello, tous unis par une vision commune : la nécessité de construire une société sans État, sans capitalisme et sans patriarcat, par le biais de l’action directe et de l’autogestion.

L’engagement de Patricia Olivier ne peut se comprendre sans une analyse des thèses qu’elle défendait, lesquelles s’articulent autour de trois axes principaux : l’anarchisme comme praxis révolutionnaire, le féminisme comme lutte contre les oppressions croisées, et l’internationalisme comme horizon politique. D’abord, son anarchisme s’inscrit dans la tradition anarcho-communiste, une doctrine qui prône l’abolition de la propriété privée, la collectivisation des moyens de production et l’organisation de la société en fédérations libres et autogérées. Contrairement à d’autres courants libertaires, comme l’anarcho-syndicalisme, qui privilégient l’action syndicale comme levier de transformation sociale, l’anarcho-communisme défendu par la LAC et la RL mise sur une diversité de tactiques, incluant la propagande par le fait, l’éducation populaire et la création de contre-pouvoirs locaux. Patricia Olivier et ses camarades rejettent ainsi toute forme de collaboration avec les institutions étatiques ou les partis politiques, considérant que ces structures reproduisent inévitablement des rapports de domination. Leur critique s’étend aussi aux organisations marxistes-léninistes, accusées de substituer une nouvelle élite révolutionnaire à l’ancienne bourgeoisie, sans remettre en cause les fondements autoritaires du pouvoir. Ensuite, son féminisme, bien que moins documenté que son engagement anarchiste, s’inscrit dans une perspective intersectionnelle avant l’heure, c’est-à-dire qu’il prend en compte l’imbrication des rapports de classe, de genre et de race. À une époque où le féminisme argentin est souvent dominé par des figures bourgeoises ou réformistes, comme celles du Mouvement de libération des femmes (MLF), les anarchistes de la RL défendent une approche radicale, liant la lutte contre le patriarcat à celle contre le capitalisme. Pour elles, l’oppression des femmes ne peut être dissociée de l’exploitation économique, et leur émancipation passe nécessairement par la destruction des structures qui les maintiennent dans un état de subordination. Enfin, leur internationalisme se manifeste par des liens étroits avec les exilés uruguayens fuyant la dictature de Bordaberry, ainsi que par une solidarité active avec les luttes anticoloniales en Amérique latine et ailleurs. Cet internationalisme n’est pas seulement une question de principe, sinon qu’il répond à une nécessité stratégique : face à un ennemi transnational, comme l’impérialisme américain ou les dictatures latino-américaines, les révolutionnaires doivent s’organiser au-delà des frontières nationales.

La question centrale qui émerge de ces engagements est la suivante : comment construire une société libre et égalitaire dans un contexte de répression extrême, où les forces révolutionnaires sont fragmentées et où les mécanismes de la terreur d’État visent à atomiser toute résistance ? Les solutions proposées par Patricia Olivier et la Résistance Libertarienne s’articulent autour de plusieurs principes. D’abord, l’autodéfense collective, qui implique la création de réseaux clandestins capables de résister à la répression, tout en évitant les pièges de la militarisation excessive, laquelle risque de reproduire les logiques hiérarchiques qu’ils combattent. Ensuite, l’éducation populaire, conçue comme un outil de conscientisation permettant aux classes populaires de s’approprier les moyens de leur libération. Cette éducation ne se limite pas à la transmission de savoirs théoriques, sinon qu’elle inclut aussi des pratiques concrètes, comme l’organisation de bibliothèques militantes, de cours du soir pour les ouvriers ou de débats publics sur des sujets tabous, tels que la sexualité ou la violence conjugale. Par ailleurs, la RL mise sur la construction de contre-pouvoirs locaux, comme des coopératives ouvrières, des cantines populaires ou des cliniques autogérées, qui préfigurent la société future tout en répondant aux besoins immédiats des populations. Enfin, leur stratégie inclut une dimension culturelle, avec la production de journaux, de pamphlets et de chansons engagées, visant à diffuser leurs idées et à contrer la propagande étatique. Ces solutions, bien que porteuses d’espoir, se heurtent à des obstacles majeurs, notamment la répression systématique, qui décime les rangs des militants, et les divisions internes au mouvement libertaire, où les débats sur la violence révolutionnaire ou les alliances tactiques avec d’autres forces de gauche restent vifs.

Les problèmes soulevés par l’engagement de Patricia Olivier peuvent être formulés de plusieurs manières, reflétant les différentes facettes de son combat. D’un point de vue théorique, on peut se demander : comment concilier la nécessité de l’organisation collective avec le refus des structures hiérarchiques, sans tomber dans l’inefficacité ou le spontanéisme ? Cette question renvoie au débat classique entre anarchistes et marxistes sur la forme que doit prendre la révolution, entre centralisation et autogestion. D’un point de vue pratique, une autre formulation émerge : comment résister à un État terroriste sans reproduire les logiques de violence qu’on prétend combattre ? Ce dilemme traverse l’histoire des mouvements révolutionnaires, où la tentation de la lutte armée se heurte aux risques de dérive autoritaire ou de marginalisation. Enfin, sur le plan féministe, la question se pose ainsi : comment articuler la lutte contre le patriarcat avec les autres formes d’oppression, sans hiérarchiser les combats ni diluer la spécificité des expériences des femmes ? Cette interrogation est au cœur des débats contemporains sur l’intersectionnalité, mais elle était déjà présente dans les réflexions des anarchistes argentines des années 1970. Ces problèmes, loin d’être résolus, continuent de structurer les luttes sociales aujourd’hui, ce qui explique la pertinence persistante de l’héritage de Patricia Olivier.

Parmi les représentants de la pensée et de l’action défendues par Patricia Olivier, on trouve d’abord les membres de la Résistance Libertarienne, dont plusieurs ont survécu à la répression et poursuivi leur engagement. Rufino Almeyda, par exemple, est une figure centrale de l’anarchisme argentin, connu pour ses écrits sur l’autogestion et sa participation à la création de coopératives ouvrières. Ether Biscayart de Tello, quant à elle, incarne la dimension féministe de ce mouvement, avec des textes sur la libération des femmes et la critique du mariage bourgeois. En Uruguay, des exilés comme Raúl Olivera ou Hernán Ramírez Achinelli ont joué un rôle clé dans la diffusion des idées anarchistes, notamment à travers la revue « Rojo y Negro », qui servait de plateforme pour les débats théoriques. Au-delà de ces figures historiques, des organisations contemporaines se réclament de cet héritage, comme la Fédération libertaire argentine (FLA), qui perpétue la tradition anarcho-communiste, ou le collectif « Mujeres Libres », inspiré par le groupe espagnol du même nom, qui lutte pour l’émancipation des femmes dans une perspective anarchiste. Sur le plan international, des théoriciens comme Daniel Guérin, avec son ouvrage « L’Anarchisme », ou Murray Bookchin, avec sa proposition de municipalisme libertaire, ont développé des idées proches de celles défendues par la RL, bien que leurs contextes soient différents. En Amérique latine, des mouvements comme les Zapatistes au Mexique ou les Mapuche au Chili reprennent à leur compte des éléments de l’anarchisme, comme l’autogestion et le refus de l’État, tout en les adaptant à leurs réalités locales.

Un des problèmes centraux soulevés par le parcours de Patricia Olivier et de la Résistance Libertarienne concerne la tension entre efficacité révolutionnaire et principes libertaires. Comment mener une lutte armée contre une dictature sans reproduire les logiques hiérarchiques et autoritaires que l’on combat ? Cette question, qui traverse l’histoire de l’anarchisme, est particulièrement aiguë dans le contexte argentin, où la répression pousse les militants à s’organiser dans la clandestinité, une situation qui favorise souvent la centralisation des décisions et la méfiance envers les dissidences internes. La RL a tenté de résoudre ce dilemme en privilégiant des structures décentralisées et en refusant la création d’un parti ou d’une avant-garde, mais cette approche a aussi limité son impact, en rendant plus difficile la coordination des actions à grande échelle. Un autre problème réside dans la difficulté à concilier la lutte de classes avec les luttes spécifiques des femmes, des peuples autochtones ou des minorités sexuelles. Si l’anarchisme se veut universel, il a parfois tendance à subordonner ces luttes à la « question principale » de la révolution sociale, au risque de négliger les oppressions qui ne se réduisent pas à l’exploitation économique. Enfin, la répression extrême à laquelle ont été confrontés les militants de la RL pose la question de la survie des mouvements révolutionnaires dans un contexte de terreur d’État. Comment maintenir une résistance active sans tomber dans le piège de la militarisation, qui isole les révolutionnaires des masses et les expose à une répression encore plus féroce ? On peut ainsi parler du « paradoxe libertaire », qui désigne la contradiction entre le rejet de toute autorité et la nécessité de s’organiser pour lutter contre des régimes autoritaires. Une autre formulation serait la « dialectique de la résistance », qui interroge les moyens de combattre l’oppression sans en reproduire les mécanismes. La question centrale pourrait se résumer ainsi : « Comment construire une révolution sociale qui abolit toutes les formes de domination sans recréer des structures de pouvoir ? »

Il faut pourtant soulever ici une difficulté documentaire importante. La mention de l’ESMA de 2025 la présente, comme Luis Matsuyama, sous l’étiquette de militante de la Juventud Universitaria Peronista, la JUP. Cette qualification entre en tension avec les sources libertaires qui la rattachent à la LAC, à la RES et à RL. On ne peut pas effacer cette contradiction. Plusieurs hypothèses existent : une confusion administrative ou testimoniale, une assimilation répressive de différents milieux étudiants, une circulation entre réseaux distincts, ou un moment de contact politique non documenté plus finement. Faute de pièce personnelle signée par Patricia Olivier elle-même, il faut écrire avec prudence : son appartenance au courant anarchiste organisé est fortement étayée par la mémoire libertaire et par son insertion dans des structures telles que la LAC et la RES, tandis que la justice de l’ESMA a retenu une autre qualification militante.

La mort de Patricia Olivier, le 11 avril 1977, après son enlèvement par les forces de la dictature et sa détention à l’École de mécanique de la Marine (ESMA), un centre clandestin de torture, marque la fin tragique d’une vie dédiée à la révolution sociale. Patricia Olivier est morte à vingt-quatre ans, assassinée par une dictature qui voulait exterminer non seulement des individus sinon des orientations politiques, des pratiques et des espoirs. Pourtant, son souvenir persiste, non seulement à travers les commémorations, comme la tuile posée en sa mémoire en 2017 par le groupe « Barrios por la Memoria y la Justicia » de Villa Crespo, sinon aussi dans les luttes actuelles pour la justice et la liberté. Son histoire rappelle que les combats pour l’émancipation sont indissociables des contextes dans lesquels ils s’inscrivent, et que les réponses apportées par les révolutionnaires doivent sans cesse être réinventées face aux défis du présent. En ce sens, Patricia Olivier n’est pas seulement une victime de la dictature, sinon une militante dont les idées continuent de nourrir les rêves d’un monde sans oppresseurs ni opprimés.

Rufino Almeyda, militant de la Résistance Libertaire ;

Rita Artabe, militante de la Résistance Libertaire ;

Membres de la Résistance Libertaire.

  • Ether Biscayart de Tello, militante de la Résistance Libertaire ;
  • Fernando López, militant de la Résistance Libertaire ;
  • Elsa Martínez, militante de la Résistance Libertaire ;
  • Elvi Mellino, militante de la Résistance Libertaire ;
  • Raúl Olivera, militant de la Résistance Libertaire, d'origine uruguayenne ;
  • Hernán Ramírez Achinelli, militant de la Résistance Libertaire ;
  • Marcelo Tello, militant de la Résistance Libertaire ;
  • Pablo Tello, militant de la Résistance Libertaire ;
  • Rafael Tello, militant de la Résistance Libertaire.
  • Norma Matsuyama, Eduardo Testa, Adriana Gatti Casal

Autres anarchistes argentins

  • Virginia Bolten, pionnière de l'anarcho-féminisme argentin ;
  • Severino Di Giovanni, anarchiste italien actif à Buenos Aires dans les années 1920-1930 ;
  • Diego Abad de Santillán, théoricien anarchiste espagnol installé en Argentine ;
  • Osvaldo Bayer, historien et journaliste argentin, auteur d'ouvrages fondamentaux sur le mouvement anarchiste argentin, dont « La Patagonie rebelle » ;

Organisations anarchistes

  • la FORA (Federación Obrera Regional Argentina, Fédération Ouvrière Régionale Argentine), la grande centrale syndicale anarchiste argentine du début du XXe siècle.
  • la Fédération libertaire argentine (FLA), fondée en 1935, perpétue une tradition anarcho-communiste et a joué un rôle important dans la résistance à la dictature.
  • la Coordination anarchiste argentine (CAA)
  • le Collectif anarchiste de La Plata poursuivent aujourd’hui les combats pour l’autogestion et la justice sociale.

Associations sympathisants

  • les Mères de la Place de Mai,
  • les Grand-Mères de la Place de Mai,
  • le CELS (Centro de Estudios Legales y Sociales, Centre d'Études Légales et Sociales),
  • le SERPAJ (Servicio Paz y Justicia, Service Paix et Justice, fondé par le prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel)

Les généraux dirigeants la Junte

  • Jorge Rafael Videla (1976-1981),
  • Roberto Viola (1981), Leopoldo Galtieri (1981-1982)
  • Reynaldo Bignone (1982-1983) ;

les officiers de l'ESMA, parmi lesquels

  • le capitaine de corvette Alfredo Astiz (surnommé « l'Ange blond de la mort »),
  • le capitaine Jorge Eduardo Acosta (« el Tigre »),
  • l'amiral Emilio Eduardo Massera, membre de la première junte et responsable direct des opérations de l'ESMA ;

les membres de la Triple A (Alliance Anticommuniste Argentine),

  • dirigée par José López Rega, ministre du gouvernement d'Isabel Perón.

Les dirigeants d'entreprises comme Techint (l'employeur de Patricia et Luis) qui ont collaboré avec le régime militaire en fournissant des listes de syndicalistes et de militants à éliminer — un fait documenté par plusieurs enquêtes judiciaires postérieures ;

les hiérarques de l'Église catholique argentine, comme :

  • le vicaire militaire Adolfo Tortolo
  •  l'aumônier Christian von Wernich, condamné à la prison à perpétuité en 2007

Les médias conservateurs, :

  • le groupe Clarín
  • le journal La Nación

Marcelo Rodolfo Tello Biscayart, el Negrito
Marcelo est né le 31 août 1950 à La Plata. Fils de parents anarchistes, son deuxième prénom était un hommage au dramaturge et militant Rodolfo González Pacheco, un ami de la famille. Il était membre de RL avec ses frères, Pablo et Rafael, et sa mère, María Ester. Il était charpentier, amateur de théâtre et, jeune homme, il jouait au rugby dans le parc rural de La Plata.
Dans un climat de répression croissante, en 1975, son organisation décida de le déplacer à Cordoue, où il fut nécessaire de soutenir le militantisme anarchiste qui participait de plus en plus au syndicalisme de classe, notamment au sein de l’Union des travailleurs du caoutchouc et des alliés (SiTraCaf).
Il a été enlevé le 9 mars 1976 à son domicile par un gang du D2 de l’Information, avec Rafael Flores (SiTraCaf) et Soledad García (enseignante).
Il était marié à Viviana Serafini, avec qui il eut une fille, Ana.



Rita Liliana Remedios Ateba de Bajamon, la turca
Rita, est née à La Plata le 6 octobre 1953. Il a étudié l’histoire des arts plastiques à la Faculté des Beaux-Arts, où il a rejoint Resistencia Libertaria en 1973.
Deux ans plus tard, il a rejoint le JUP et les Montoneros.
Le 7 janvier 1977, elle a été détenue illégalement lors d’une opération. Blessée, elle mourut sur le coup.
Il avait un fils, Marcos, avec son compagnon José Gola, un militant montonero, assassiné le 20 décembre 1976.

Helvio Alcides Mellino Schwartz, yogurt
Helvio
est né le 19 février 1955 à La Plata. Il était membre de la Faculté d’architecture de l’UNLP et d’Resistencia Libertaria.
Le 2 mars 1976, il a commencé son service militaire obligatoire à la base navale de Puerto Belgrano.
En septembre de la même année, un groupe de civils armés a fait une descente dans la maison de sa famille. Après une longue période sans nouvelles d’Helvio, les parents se rendirent à Puerto Belgrano, où ils furent informés que leur fils était parti en permission le 24 mai de cette année-là et qu’il ne revenait pas, ce qui le déclara déserteur.


Luis Esteban Matsuyama Goyeneche, El Chino
Luis, est né le 26 septembre 1953 à Buenos Aires. Il a commencé sa militance dans la Résistance étudiante pour le socialisme, à la Faculté d’architecture (UBA). Plus tard, il a rejoint la LAC.
Il a travaillé comme designer chez Techint, avec sa partenaire Patricia Olivier.
À la mi-1976, après la dissolution de la LAC, Luis et Patricia ont rejoint RL.
Le 11 avril 1977, à son retour de vacances, il a été enlevé par une foule à son domicile, à Corrientes et Juan B. Justo, à Villa Crespo, ville de Buenos Aires.
Il fait partie des 17 Nikkei (fils de Japonais) détenus, disparus ou tués pendant la dictature.


Patricia Silvia Olivier Testa, Paíta
Patricia est née le 24 décembre 1952 dans la capitale fédérale. Lorsqu’il a commencé la carrière d’architecte à l’UBA, il a rejoint la ligne communiste Anarco et la RES. C’est là qu’il rencontra son partenaire de vie et de militantisme, Chino Matsuyama.
En 1975, il a rejoint Techint. Le 11 avril 1977, elle a été enlevée avec son partenaire à domicile.
Elle a été détenue à l’ESMA.

Pablo Daniel Tello Biscayart, Bigote
Pablo est né à La Plata le 25 avril 1949. En 1969, il a commencé à étudier l’architecture, où il a promu de nombreux groupes étudiants libertaires, aux côtés de ses camarades Tino et El Tano, qui étaient le germe de la Résistance libertaire. Sa mère, María Esther, et ses frères Marcelo et Rafael ont rejoint l’organisation.
Charpentier de métier, il a travaillé au chantier naval de Río Santiago, où il était membre du syndicat. En 1975, en raison de la répression, il s’est installé dans la zone nord du Grand Buenos Aires et a commencé à militer aux chantiers navals Quarton, à San Fernando.
Le 31 mai 1978, il a été enlevé avec son frère Rafael alors qu’ils quittaient le travail. Cette même nuit, ils ont enlevé sa partenaire, María del Carmen.
Il a été transféré au CDD « Banco », où il a été brutalement torturé. María del Carmen fut libérée 16 jours plus tard. Pablo reste porté disparu.


Rafael Armando Tello Biscayart, le Rat
Rafael, est né à La Plata le 13 avril 1952. Il a commencé sa militance alors qu’il était lycéen au Colegio Nacional de La Plata. Il a rejoint la GRA, le germe du RL, avec ses frères.
Il a appris le métier de charpentier dans divers magasins de meubles de la ville.
Alors qu’il était militant syndical avec son frère Pablo au chantier naval de Quarton, il a été kidnappé et transféré au CDD El Banco le 31 mai 1978. Cette même nuit, son partenaire, Martixu, également membre de RL, avec qui il a eu trois enfants. Maritxu a été libéré 16 jours plus tard, Rafael est toujours porté disparu.


Elsa Delia Martínez Duthil
Elsa est née le 3 septembre 1938 à Arroyo Corto (Pigüé, Buenos Aires). Journaliste, il a travaillé dans un magazine automobile et a été professeur dans la carrière journalistique à l’UNLP. Il commença à s’engager dans l’anarchisme avec son compagnon Hernán Ramírez dans le groupe Voluntad, aux côtés de Pablo Tello (père) et María Esther Biscayar, dans les années 50. Plus tard, Elsa et Hernán ont rejoint RL.
Elle a été enlevée le 31 mai 1978 avec son partenaire à La Plata. Comme les autres militants du RL, elle a été vue pour la dernière fois au CDD El Banco.

Hernán María Ramírez Achnelli, el Pelado
Hernán est né le 8 décembre 1937 à La Plata. Il était ingénieur mécanique et avait commencé sa militantisme anarchiste dans les années 1950, avec sa compagne Elsa. Il a été enlevé le 31 mai 1978 avec son compagnon à La Plata. Comme les autres militants du RL, il a été vu pour la dernière fois au CDD El Banco.

Edison Oscar Cantero Freire, el Melana
Edison, est né le 27 octobre 1951 à Montevideo, en Uruguay. En 1970, il a déménagé à Buenos Aires, où il a commencé à fréquenter la Bibliothèque Populaire José Ingenieros et a rejoint la LAC. Il a commencé à travailler à l’imprimerie Grafando Bianchi Quartino, où il a été élu délégué syndical.
À la fin de 1974, le gouvernement est intervenu auprès de la Fédération graphique de Buenos Aires et a créé une union parallèle. Les graphistes créent un coordinateur de terrain, auquel Melena participe activement. Cependant, il a dû quitter son emploi à Bianchi et a commencé à travailler dans un magasin de cigares.
À la mi-1976, après la dissolution de la LAC, il a rejoint RL.
Melena a été kidnappé le 5 juin 1978 alors qu’il quittait une réunion syndicale. Comme ses coéquipiers, il a été vu pour la dernière fois au CDD El Banco. Il était marié à Maximina Silva, avec qui il eut un fils.

Fernando Rafael Díaz Cárdenas, el Pata
Fernando, est né à Montevideo, en Uruguay, le 5 novembre 1954. Alors qu’il étudiait au Lycée, il commença à devenir militant au sein de l’Resistencia Obrero Estudiantil (ROE), un front organisé par la Fédération anarchiste uruguayenne.
Face à l’augmentation de la répression, il s’installa à Buenos Aires en 1972. Avec ses compatriotes uruguayens Raúl Oliver et Edison Cantero Freire, ils entrèrent en contact avec le mouvement anarchiste local, rejoignirent la LAC et commencèrent à travailler comme graphistes.
À la mi-1976, après la dissolution de la LAC, il a rejoint RL. Comme ses coéquipiers, il a été vu pour la dernière fois au CDD El Banco.

Raúl Pedro Olivera Cancela, el Flaco
Raúl est né le 29 juillet 1953 à Montevideo. Lycéen, il a participé aux grandes mobilisations de 1968 et, en 1970, il a commencé à travailler au COOPE, une coopérative de reliure où il a appris le métier graphique. En 1972, il s’installa à Buenos Aires et, avec Melena et Pata, rejoignit la LAC. En tant que travailleur de Crufer, il organisa un groupe de base. Il a été licencié pour sa participation au poste de coordinateur graphique.
À la mi-1976, après la dissolution de la LAC, il a rejoint RL. En tant que ses coéquipiers, il a été vu pour la dernière fois au CDD El Banco.
Il était marié à Cristina Cajiga, avec qui il eut deux fils : Mauricio et Matías.

Norma Matsuyama
est née à Buenos Aires le 4 janvier 1958. Elle a commencé à être active à l’âge de 14 ans au Colegio Nacional de Buenos Aires et faisait partie du RES (Résistance Étudiante pour le Socialisme), le front étudiant de la LAC. Puis il est devenu prolétarisé, travaillant et travaillant dans une usine de lampes. En 1975, il a rejoint l’UES et les Montoneros.
Le 8 avril 1977, une opération militaire a assassiné Norma et son compagnon Eduardo Gabriel Testa dans leur domicile de Villa Devoto. Avec eux se trouvait Adriana Gatti Casal, fille du militant anarchiste uruguayen Gerardo Gatti. Norma et Adriana étaient enceintes.
Quelques jours plus tard, Luis, le frère de Norma, a été enlevé avec sa compagne Patricia.
 

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