24 Avril 2026
Caius Gracchus (ou Gaius Sempronius Gracchus, vers 160–153 av. J.-C. – 121 av. J.-C.) fut un homme d’État romain et tribun de la plèbe en 123 et 122 av. J.-C. Frère cadet de Tibérius Gracchus, il mena un vaste programme de réformes sociales et politiques visant à limiter le pouvoir de l’aristocratie sénatoriale et à améliorer la condition du peuple. Son action fit de lui une figure majeure du mouvement des Populares.
Nom complet : Gaius (Caius) Sempronius Gracchus
Naissance : vers 160–153 av. J.-C., Rome
Mort : 121 av. J.-C., bois de Furrina, près de Rome
Fonctions : tribun de la plèbe (123–122 av. J.-C.)
Famille : fils de Cornélia ; frère de Tiberius Sempronius Gracchus
Issu de la puissante famille des Sempronii Gracchi, Caius reçut une éducation raffinée influencée par la culture grecque. Marqué par l’assassinat de son frère en 133 av. J.-C., il poursuivit son œuvre de réforme tout en perfectionnant ses talents d’orateur. Cicéron et Plutarque louèrent sa maîtrise de l’éloquence et son énergie politique.
Tribun en 123 av. J.-C., il renouvela la loi agraire de Tiberius, fonda des colonies en Italie et en Afrique, et fit voter la Lex Frumentaria, instituant la vente subventionnée de blé aux citoyens pauvres. Il réforma également la justice (Lex Judiciaria), transférant le contrôle des tribunaux des sénateurs aux chevaliers (equites), et chercha à étendre la citoyenneté romaine aux alliés italiens. Ces mesures, tout en élargissant le soutien populaire, provoquèrent la colère du Sénat et des conservateurs.
En 121 av. J.-C., une émeute sur le Capitole entraîna la proclamation du senatus consultum ultimum, conférant aux consuls des pouvoirs exceptionnels. Le consul Lucius Opimius mena la répression ; Caius se réfugia sur l’Aventin et, pour échapper à la capture, se suicida. Son corps fut jeté dans le Tibre, et des milliers de ses partisans furent exécutés.
Bien que ses réformes aient été abrogées, son programme influença durablement la politique républicaine. Gaius Gracchus fut célébré comme l’un des premiers défenseurs des classes populaires de Rome, et son destin tragique symbolisa la montée des conflits sociaux qui allaient déstabiliser la République. Ses statues furent plus tard érigées à Rome, et sa mémoire honorée aux côtés de celle de son frère.