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La Garenne de philosophie

RELATION / Charles Péguy et Lucien Herr

Présentation de Lucien Herr

« Bibliothécaire de l’École normale de 1888 à 1926, Herr fut non seulement le conseiller et le guide de plusieurs générations d'étudiants mais il en convertit un grand nombre au socialisme. (Comme certains d'entre eux occupèrent des postes universitaires importants ou jouèrent de grands rôles sur la scène politique, on le considérait comme l'éminence grise de la IIIe République.) Ce fut Herr qui entraîna Jaurès en lui montrant que le socialisme était l'aboutissement logique de ses convictions républicaines. Il eut moins de succès avec Édouard Herriot. Grand érudit, Herr avait une personnalité exceptionnelle à laquelle Blum rend hommage lorsqu'il écrit ses souvenirs sur l'affaire Dreyfus. Pendant plus de trente ans encore, il est le père spirituel, le prosélyte et le guide des meilleurs esprits de l'université, le confident et le directeur de conscience d'innombrables hommes qui occupèrent des postes élevés dans la vie publique. »

« Herr avait lu tous les ouvrages de philosophie politique. Il connaissait Fichte, Marx et Engels aussi bien que Proudhon et les utopistes français et préparait un livre sur Hegel qu'il ne termina jamais. »

« Ce fut Herr, déclarait Léon Blum, qui cristallisa toutes les tendances diffuses qui étaient en moi, et c'est à lui que je dois d'avoir opéré une “réorientation profonde” de ma conception individualiste et anarchique du Socialisme »

 

 

Naissance d'une relation

La relation entre Charles Péguy et Lucien Herr s'est nouée dans le contexte bouillonnant de l'affaire Dreyfus, a profondément marqué le parcours du jeune écrivain orléanais, avant de se transformer en rupture douloureuse. Ceci témoigne des tensions traversant le socialisme français de cette époque. Lucien Herr avait donné 30 000 francs à Charles Péguy pour lui éviter la banqueroute comme le raconte Henri Guillemin, https://youtu.be/feDbBDORlqo?si=gqRppR-Lydyqm5tc&t=209 et https://youtu.be/feDbBDORlqo?si=9664oE_MFUL2Koh8&t=449 . Mais Péguy avait perdu sa bibliothèque personnelle dans l'affaire de la banqueroute...

Lucien Herr occupait une position tout à fait singulière dans le paysage intellectuel de la Troisième République. Né en 1864 en Alsace, ce normalien agrégé d'allemand était devenu en 1888 bibliothécaire de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, poste qu'il conservera jusqu'à sa mort en 1926. Cette fonction, apparemment modeste, lui conférait en réalité une autorité intellectuelle considérable sur plusieurs générations d'élèves de cette institution prestigieuse. Socialiste convaincu, lecteur assidu de Marx et traducteur de textes allemands, Herr exerçait son magistère dans les conversations qu'il menait au cœur de la bibliothèque, orientant les lectures, suggérant des pistes de réflexion, formant discrètement les esprits les plus prometteurs de sa génération. Jean Jaurès, Léon Blum, Marcel Mauss, tant d'autres passèrent sous son ascendant intellectuel et politique.

Charles Péguy, lui, venait d'un milieu tout différent. Né en 1873 à Orléans dans une famille modeste, fils d'une rempailleuse de chaises et d'un menuisier mort prématurément, il incarnait cette méritocratie républicaine qui permettait aux enfants du peuple d'accéder par l'école aux plus hautes études. Boursier brillant, il intègre l'École normale supérieure en 1894, après un passage par le lycée Lakanal. C'est donc tout naturellement qu'il rencontre Lucien Herr dans ce sanctuaire de la culture française qu'est la bibliothèque de la rue d'Ulm. Cette rencontre intervient à un moment où Péguy cherche sa voie, partagé entre ses aspirations littéraires et son engagement social profond, nourri par ses origines populaires et par la découverte du socialisme.

L'ascendant qu'exerce Herr sur le jeune Péguy est immédiat et puissant. Le bibliothécaire reconnaît chez ce normalien aux origines modestes une intelligence ardente, une capacité de travail exceptionnelle et surtout une sincérité morale qui le distingue de beaucoup de ses camarades. Herr guide les lectures de Péguy, l'oriente vers les textes fondamentaux du socialisme, l'initie à la pensée de Marx et aux débats qui agitent le mouvement ouvrier français et européen. Plus qu'un simple mentor intellectuel, Herr devient pour Péguy une sorte de figure paternelle spirituelle, celui qui lui ouvre les portes d'un univers de pensée cohérent, capable de donner sens à ses intuitions confuses et à sa révolte contre l'injustice sociale.

L'affaire Dreyfus, qui éclate publiquement en 1898 avec la publication du célèbre article d'Émile Zola dans L'Aurore, va constituer le creuset de cette relation. Herr joue un rôle absolument central dans l'engagement dreyfusard du mouvement socialiste et de l'intelligentsia française. Dès 1897, convaincu de l'innocence du capitaine condamné pour trahison, il entreprend une campagne de persuasion méthodique auprès des normaliens et des intellectuels parisiens. C'est lui qui convainc Jean Jaurès, initialement hésitant, de s'engager pleinement dans la défense du capitaine juif injustement accusé. C'est lui encore qui mobilise toute une génération de jeunes intellectuels dans ce combat pour la vérité et la justice.

Péguy s'engage corps et âme dans cette bataille, sous l'impulsion directe de Herr. Pour le jeune normalien, l'affaire Dreyfus représente bien davantage qu'un simple combat politique ou judiciaire. Elle devient le symbole de la lutte entre la mystique et la politique, entre l'exigence morale absolue et les compromissions du pouvoir, entre la vérité nue et les raisons d'État. Péguy participe activement à la mobilisation dreyfusarde, écrit des articles, organise des pétitions, se dépense sans compter pour cette cause qu'il considère comme une question de salut moral pour la nation française. En janvier 1900, après avoir échoué à l'agrégation et renoncé à une carrière universitaire, il fonde avec quelques amis les Cahiers de la quinzaine, revue bimensuelle qui deviendra le lieu d'expression privilégié de sa pensée et de son engagement.

Les Cahiers de la quinzaine doivent beaucoup, dans leurs premières années, au soutien de Lucien Herr. Le bibliothécaire aide matériellement et moralement l'entreprise, y fait collaborer des auteurs de qualité, assure à la jeune revue une crédibilité intellectuelle précieuse. Péguy, de son côté, voit dans les Cahiers l'instrument d'un socialisme spirituel, fidèle à ce qu'il appelle la mystique originelle du mouvement ouvrier, c'est-à-dire à cet élan initial de fraternité, de justice et de pureté morale qui animait selon lui les premiers socialistes avant que la politique ne vienne tout corrompre.

Cependant, les germes de la rupture sont déjà présents dans cette période d'intense collaboration. Péguy développe une conception du socialisme de plus en plus personnelle, de plus en plus éloignée de l'orthodoxie marxiste défendue par Herr. Pour Péguy, le socialisme doit rester une exigence morale absolue, un refus intransigeant de toute compromission, une fidélité inconditionnelle aux principes. Il rejette progressivement l'idée d'un socialisme scientifique, rationnel, organisé selon des lois historiques nécessaires. Sa formation philosophique, marquée par Bergson, le conduit à privilégier l'intuition, l'élan vital, la création continue sur le déterminisme historique et le matérialisme dialectique. Sa sensibilité religieuse, longtemps refoulée, commence à resurgir, réactivant cet héritage catholique populaire qu'il avait cru abandonner en devenant socialiste.

La rupture survient au milieu des années 1900, dans un contexte politique tendu. Le socialisme français est alors déchiré par des débats stratégiques majeurs. Faut-il participer à des gouvernements bourgeois, comme l'a fait Alexandre Millerand en entrant dans le cabinet Waldeck-Rousseau en 1899? Faut-il privilégier l'action parlementaire ou maintenir une stratégie de lutte des classes intransigeante? Comment articuler la défense de la République menacée par le nationalisme et le maintien d'une ligne socialiste pure? Herr, comme Jaurès, défend une ligne pragmatique, acceptant les compromis nécessaires pour faire avancer la cause du mouvement ouvrier dans le cadre républicain. Péguy, au contraire, dénonce avec une violence croissante ce qu'il considère comme une trahison de la mystique socialiste initiale au profit d'une politique politicienne, corrompue par nature.

Le conflit prend une tournure personnelle particulièrement amère autour de la question de Jean Jaurès. Péguy avait voué au grand tribun socialiste une admiration sans bornes durant l'affaire Dreyfus, voyant en lui l'incarnation de cette mystique socialiste qu'il chérissait. Mais progressivement, il en vient à considérer que Jaurès a trahi, qu'il s'est compromis avec le pouvoir, qu'il a sacrifié l'exigence morale à l'efficacité politique. Herr, ami personnel et conseiller politique de Jaurès, ne peut accepter ces attaques qu'il juge injustes et démesurées. Pour lui, Péguy fait preuve d'un purisme stérile, d'une intransigeance qui confine au sectarisme et qui le coupe de toute action politique réelle.

La brouille entre Péguy et Herr se consomme définitivement vers 1906-1907. Les Cahiers de la quinzaine perdent le soutien du milieu socialiste organisé et de l'École normale supérieure. Péguy se retrouve isolé, contraint de poursuivre son entreprise éditoriale dans des conditions matérielles de plus en plus difficiles. Mais il refuse tout compromis, persistant dans sa dénonciation de ce qu'il nomme le parti intellectuel, cette oligarchie dreyfusarde qui, selon lui, a confisqué l'héritage moral de l'affaire pour en faire un instrument de pouvoir.

Parallèlement à cette rupture politique, Péguy connaît un retour progressif au catholicisme, qui le sépare encore davantage de l'univers laïc et rationaliste incarné par Herr. Sans jamais renier formellement son socialisme de jeunesse, Péguy réintègre la foi de son enfance, découvre une consonance profonde entre son exigence morale socialiste et l'exigence spirituelle chrétienne, trouve dans le catholicisme populaire français cette dimension mystique et charnelle qui manquait selon lui au socialisme scientifique. Cette évolution spirituelle rend impossible toute réconciliation avec Herr, qui demeure jusqu'à sa mort un libre-penseur matérialiste fidèle à l'héritage des Lumières.

Les dernières années de la vie de Péguy, jusqu'à sa mort au combat en septembre 1914, sont marquées par cette double fidélité paradoxale à un socialisme originel idéalisé et à un catholicisme mystique indissociable pour lui de l'identité française. Son œuvre tardive, notamment ses grands mystères en vers consacrés à Jeanne d'Arc et à la Vierge Marie, exprime cette synthèse singulière qui scandalise à la fois les socialistes laïcs et les catholiques conservateurs. Herr, de son côté, poursuit son magistère discret à la rue d'Ulm, formant de nouvelles générations de normaliens au socialisme jaurésien, participant activement aux débats du mouvement ouvrier français.

Cette rupture entre Péguy et Herr garde une dimension tragique qui dépasse les querelles personnelles. Elle incarne l'impossibilité, au début du XXe siècle, de maintenir l'unité d'un mouvement socialiste confronté à des choix stratégiques majeurs. Elle témoigne de la tension permanente entre l'exigence morale absolue et l'action politique concrète, entre la mystique et la politique pour reprendre la distinction centrale de Péguy. Elle illustre aussi la difficulté pour les intellectuels français de cette époque de concilier héritage spirituel et modernité rationaliste, sentiment national et internationalisme prolétarien, fidélité aux origines populaires et intégration dans les élites culturelles.

La postérité a jugé différemment ces deux hommes. Herr est resté une figure relativement méconnue du grand public, même si les historiens du socialisme français reconnaissent son rôle déterminant dans la formation intellectuelle de plusieurs générations de militants et de dirigeants socialistes. Péguy, au contraire, est devenu une figure majeure de la littérature française, un écrivain dont l'œuvre continue de susciter admiration et débat, récupéré tour à tour par la droite catholique et nationaliste et par une certaine gauche spiritualiste. Cette dissymétrie posthume ne doit pas masquer la réalité de leur relation vécue, faite d'abord d'admiration mutuelle et de collaboration féconde, puis de désaccords irréconciliables qui disent quelque chose d'essentiel sur les tensions intellectuelles et politiques de leur temps.

 

Affaire de la banqueroute dite frauduleuse

L'affaire de la Société nouvelle de librairie et d'édition, contribue à sa rupture avec le milieu socialiste organisé autour de Lucien Herr.

En mai 1898, grâce à une dot reçue lors de son mariage avec Charlotte Baudouin en octobre 1897, Charles Péguy fonde une librairie de propagande socialiste au 17 rue Cujas à Paris, tout près de la Sorbonne. La librairie prend le nom de son ami Georges Bellais, car Péguy, alors boursier d'études à la Sorbonne, ne peut créer d'entreprise sous son propre nom. Cette librairie devient rapidement un lieu de ralliement pour les dreyfusards et les intellectuels socialistes, un espace où se rencontrent ceux qui luttent pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus.

Cependant, un an plus tard, confrontée à des difficultés financières, la librairie est transformée en août 1899 en Société nouvelle de librairie et d'édition, une société anonyme à capital variable. Les principaux actionnaires sont alors Hubert Bourgin, Léon Blum, Étienne Burnet, Lucien Herr, Albert Monod, Mario Roques, Désiré Roustan et François Simiand. Péguy reçoit 200 actions de 100 francs et Bellais 50 actions, tandis que Charles Péguy obtient la fonction de délégué à l'édition. On reconnaît dans cette liste des actionnaires le gratin de l'intelligentsia normalienne et socialiste de l'époque, tous issus de l'École normale supérieure et tous proches de Lucien Herr.

La transformation de la librairie personnelle de Charles Péguy en société par actions contrôlée par ce groupe d'intellectuels constitue déjà en soi une forme de dépossession. Charles Péguy perd le contrôle de son entreprise au profit d'hommes qui, bien que partageant ses convictions dreyfusardes et socialistes, n'ont pas la même conception de ce que doit être une maison d'édition militante. Pour Péguy, il s'agit avant tout d'un instrument de combat idéologique, d'un outil au service de la vérité et de la justice, sans considération de rentabilité commerciale. Pour les actionnaires, plus pragmatiques, la librairie doit trouver un équilibre économique acceptable tout en servant la cause socialiste.

 

Une mauvaise gestion conduit la librairie au bord de la faillite. Reprochant à la société ses agissements plus commerciaux qu'idéologiques et face au refus de celle-ci de mettre à exécution son projet de périodique socialiste, Charles Péguy démissionne avec Bellais le 28 octobre 1900, exactement trois ans après son mariage. Leurs actions doivent être remboursées semestriellement. Cette démission marque le premier acte de rupture de Charles Péguy avec le milieu normalien socialiste. Il abandonne l'entreprise qu'il a créée, celle où il a investi l'argent de sa femme et de sa belle-famille, parce qu'il refuse de transiger sur ses principes. C'est immédiatement après cette démission qu'il fonde les Cahiers de la quinzaine en janvier 1900, pour disposer enfin d'un instrument totalement indépendant.

La société continue son existence sous la direction de Félix Malterre puis de Clément Rueff. Ce dernier, après avoir abondamment puisé dans la caisse, s'enfuit aux États-Unis. Par suite de ce détournement, le remboursement des actions de Charles Péguy et de Bellais est interrompu. Voilà le scandale qui transforme un conflit idéologique en affaire judiciaire. Charles Péguy, qui compte sur le remboursement de ses actions pour faire vivre sa famille et financer les Cahiers de la quinzaine, se retrouve privé de cette ressource par la malversation d'un dirigeant de la société. L'argent de sa femme, l'argent de sa belle-famille, investi dans cette entreprise, se trouve ainsi détourné non par des adversaires politiques, mais par des hommes qui se réclament du même idéal socialiste que lui.

Après un long conflit, Charles Péguy obtient satisfaction des tribunaux entre 1904 et 1906. Cette procédure judiciaire dure donc plusieurs années, pendant lesquelles Charles Péguy doit se battre contre ses anciens camarades pour récupérer son dû. Le conflit n'est pas à proprement parler une accusation de banqueroute frauduleuse portée contre Péguy lui-même, mais plutôt une affaire où Charles Péguy est victime d'une faillite provoquée par la mauvaise gestion et les détournements de fonds opérés après son départ. Toutefois, cette affaire traîne publiquement et associe le nom de Charles Péguy à une entreprise en déroute, ce qui est vécu par lui comme une humiliation supplémentaire.

Ce conflit judiciaire s'inscrit dans un contexte plus large de désillusion de Charles Péguy face au milieu intellectuel socialiste. Il voit dans cette affaire la preuve que ses anciens amis, Léon Blum, Lucien Herr et les autres actionnaires, ont trahi l'idéal initial au profit d'une gestion bourgeoise prudente. Le fait que la société ait été reprise par des gestionnaires peu scrupuleux, que l'argent ait été détourné, que le remboursement de ses actions ait été interrompu, tout cela confirme à ses yeux que le parti intellectuel socialiste est corrompu, que la politique a tué la mystique, que l'organisation a étouffé l'élan spontané de justice qui animait le combat dreyfusard.

La blessure est aussi profondément personnelle et familiale. Charles Péguy vit dans une situation matérielle précaire permanente, assumant seul la charge des Cahiers de la quinzaine qui ne rapportent presque rien. Sa femme Charlotte, issue d'un milieu plus aisé que lui, a accepté de partager cette vie difficile, mais l'argent perdu dans l'aventure de la Société nouvelle de librairie et d'édition pèse comme une faute sur la conscience de Charles Péguy. Il se sent responsable d'avoir entraîné sa famille dans cette mésaventure, d'avoir fait confiance à des hommes qui se sont montrés indignes de cette confiance.

Après 1906, la société entre dans une période de sommeil, puis en 1929 on décide sa liquidation, avec Maurice Loéwé et Mario Roques nommés liquidateurs. Les profits de la liquidation sont attribués à l'édition des œuvres complètes de Lucien Herr. Cette dernière information, concernant une période postérieure à la mort de Charles Péguy survenue en 1914, ajoute une ironie amère à toute cette histoire. L'argent que Charles Péguy n'a jamais pu récupérer totalement finira par servir à éditer les œuvres de Lucien Herr, l'homme avec qui il s'est brouillé, celui qu'il considérait comme le chef du parti intellectuel responsable de la corruption du socialisme originel.

Cette affaire de la Société nouvelle de librairie et d'édition, si elle ne constitue pas techniquement une banqueroute frauduleuse impliquant directement Charles Péguy comme prévenu, représente néanmoins un épisode douloureux qui cristallise toutes les tensions entre l'écrivain et son ancien milieu. Elle symbolise à la fois la dépossession matérielle, l'humiliation morale et la trahison politique que Charles Péguy ressent face à ceux qui furent ses mentors et ses camarades. Elle explique en partie la véhémence de ses attaques ultérieures contre le parti intellectuel et sa rupture définitive avec Lucien Herr et son cercle.

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