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La Garenne de philosophie

JACQUES ELLUL / Croyance et Foi

Jacques Ellul est un protestant bordelais passé par le marxisme puis le personnalisme. Il a fréquenté un temps Mounier. 

Habituellement, on dit que le doute est cosubstancielle de la croyance mais Jacques Ellul préfère partir d'un constat qui lui est propre, son axiome, son hypothèse, son évidence de départ, que foi et croyance sont deux choses distinctes. Le questionnement qui suit part d'un livre du psychanalyste Pontalis, sur la croyance, pour lequel il n'y a que les morts qui ne croient plus à rien. La croyance apporte des réponses aux questions de l'homme alors que la foi (ou fidéité ou fidélité) jamais. Jacques Ellul fait la différence entre la foi authentique et la croyance (aux dogmes), en ce que la croyance se dispense de la bonne foi et la foi dogmatisée se rabaisse au niveau de la croyance. « Pour moi la foi chrétienne a été constamment transformée en croyance par le mécanisme des institutions, de ses dogmes et de ses théologies, etc. ... Et puis que constamment il renaît à l'intérieur  de l'église un mouvement de foi authentique. »
https://youtu.be/feDbBDORlqo?si=FSDFAd5z7OwoFaBw&t=2008

« il s'agit pour moi de m'intéresser il s'agit de rendre compte de deux réalités qui me paraissent  tout à fait contraire d'un côté dans la croyance il y a une volonté de chercher une certitude  fermée et de ne pas faire procéder à la critique de ce que l'on croit d'accepter une des dogmes de  s'enfermer dans des institutions. La croyance reflète le besoin spontané, religieux, de l'homme qui cherche toujours à monter vers Dieu et plus ou moins à s'emparer de Dieu ou pour reprendre le  langage biblique à rentrer dans le jardin d’Éden, et à retrouver la place qu'il avait antérieure. Alors ça, c'est le mécanisme de la croyance et le besoin de croire qui me semble habiter toutes les  sociétés aussi loin que l'on remonte dans l'histoire humaine.  » Jacques Ellul à Apostrophe, 22:10 à 23:00

« Par contre la foi la foi est bien  que je réfère la foi à ce qui me paraît être biblique c'est-à-dire essentiellement  juif et chrétien c'est-à-dire la foi née d'une parole donc de quelque chose  d'extrêmement incertain la parole c'est ce qu'il y a de c'est ce qui est le plus incertain et  j'en parle dans mon autre livre la parole humilié   et justement c'est très important que le Dieu  biblique ne se révèle que dans une parole et il se révèle que dans une parole parce que s'il se  révéler en soi comme le dit la Bible nous serions tous pulvérisés enfin nous n'existerions plus  le vent ce Dieu il est impossible de voir Dieu   et vivre et la foi par conséquent née dans un  contexte pour employer un grand mot hermétique c'est-à-dire d'interprétation nous entendons une  parole mais toute parole nous l'interprétons nous ne pouvons pas faire autrement et par conséquent  elle intègre la critique et elle intègre le doute elle est c'est pour ça que on ne peut entrer dans  la foi disons chrétienne ou juive et chrétienne je n'aime pas beaucoup le judéo-chrétien que au  travers d'un doute et d'une mise en question de ce que j'ai entendu ou de ce que j'ai cru  entendre lorsque j'ai j'ai cru entendre. » Jacques Ellul à Apostrophe, 23:05 à 24:20

Méthodologie de la confrontation, «  J'ai commencé par Celse, d'Holbach, La Mettrie pour voir si ça tenait. »

Pour largement, on se peuple de croyances, on se nourrit de pensées-problèmes qui sont autant de questions ouvertes face à des enjeux. Puis vient le tranchant, la manière de trancher les problèmes à une époque donnée (épocalité) ou de les suspendre dans une non décision (épochè).

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