Les écosystèmes rendent des services écosystémiques (ou services écologiques), c’est-à-dire des bénéfices que les sociétés humaines tirent, directement ou indirectement, du fonctionnement de la nature. Ces services, classés en quatre catégories par le Millennium Ecosystem Assessment (2005), incluent :
- les services d’approvisionnement : production de nourriture (pêche, agriculture), d’eau douce, de bois, de fibres ou de molécules médicinales (comme la quinine issue du quinquina).
- les services de régulation : purification de l’air (par les forêts), régulation du climat (stockage du carbone), contrôle des inondations (zones humides), pollinisation des cultures (par les abeilles et autres insectes).
- les services culturels : valeurs spirituelles, récréatives (randonnée, observation des oiseaux), éducatives ou esthétiques (paysages).
- les services de soutien : processus fondamentaux comme la formation des sols, le cycle des nutriments ou la production primaire, qui sous-tendent les autres services. Par exemple, une mangrove fournit à la fois un habitat pour les poissons (service d’approvisionnement), protège les côtes contre l’érosion (régulation), offre des paysages attractifs pour le tourisme (culturel) et maintient la qualité de l’eau (soutien). Cependant, la notion de services écosystémiques soulève des débats éthiques : une approche purement utilitariste risque de réduire la nature à sa valeur marchande, au détriment de sa valeur intrinsèque (le droit des espèces à exister indépendamment de leur utilité pour l’homme).
Repères historiographiques
Dans les années 1970-1980, des expressions proches apparaissent déjà, comme environmental services ou ecological services. Par exemple, Paul Ehrlich et Harold Mooney (1983) parlent de ecosystem services dans un article fondateur.
Dans les années 1990, la notion circule dans les milieux de l’écologie et de l’économie de l’environnement, notamment avec Gretchen Daily (Nature’s Services, 1997), qui systématise l’idée que les écosystèmes fournissent des bénéfices mesurables aux sociétés humaines.
En 2005, sort le Millennium Ecosystem Assessment, qui mobilise plus de 1300 experts et qui définit et classe les services écosystémiques en quatre grandes catégories (services d’approvisionnement, de régulation, culturels et de soutien). C’est ce rapport qui fait entrer le terme dans les arènes politiques et internationales, et qui explique pourquoi on associe souvent 2005 à la « naissance » officielle du « concept ».