25 Mai 2026
La 2-catégorie de Khovanov–Lauda constitue une structure fondamentale dans le programme de catégorification des algèbres quantiques, en particulier de . Contrairement aux catégories classiques, elle comporte trois niveaux : des objets (souvent indexés par des poids ou des éléments du réseau de racines), des 1-morphismes (qui modélisent les générateurs de l’algèbre, comme les opérateurs d’élévation et d’abaissement), et des 2-morphismes (qui sont des transformations entre 1-morphismes). Ces derniers sont décrits de manière explicite à l’aide de diagrammes planaires orientés, où des lignes, des croisements et des points codent les relations algébriques.
Dans cette approche, les relations de l’algèbre quantique ne sont plus de simples égalités, mais deviennent des isomorphismes ou des équivalences au niveau des 2-morphismes. Cela permet de capturer une richesse structurelle bien plus grande, notamment en introduisant des graduations et des filtrations qui n’apparaissent pas au niveau purement algébrique. Les diagrammes satisfont des relations locales (comme des relations de Reidemeister adaptées ou des relations de nilHecke), ce qui rend les calculs à la fois combinatoires et visuels.
Un point essentiel est que le groupe de Grothendieck de cette 2-catégorie (obtenu en “décatégorisant”) redonne l’algèbre quantique initiale . Ainsi, la 2-catégorie fournit une réalisation “en profondeur” de cette algèbre, où les identités sont raffinées en structures homologiques. Cette construction a des applications importantes en théorie des représentations, en géométrie algébrique (via les variétés de quiver) et en topologie, notamment dans la compréhension des invariants de nœuds et de leurs catégorifications. Elle sert aussi de cadre unificateur reliant les algèbres KLR, les bimodules de Soergel et diverses constructions diagrammatiques.