8 Juillet 2025
Popularisation du féminisme : Grâce à ses écrits et à ses apparitions publiques, elle a rendu le féminisme accessible à un large public, notamment via Ms. Magazine.
Création d’espaces de parole : Elle a permis aux femmes de s’exprimer sur des sujets jusque-là tabous (viol, avortement, sexualité, travail domestique).
Engagement politique : Elle a cofondé des organisations comme le National Women’s Political Caucus pour favoriser la représentation des femmes en politique.
Solidarité internationale : Elle a soutenu les luttes des femmes autochtones, des femmes noires, des travailleuses précaires, en insistant sur les liens entre sexisme, racisme et capitalisme. Son activisme international, notamment à travers la série documentaire Woman, témoigne d’une sensibilité à la pluralité des vécus féminins.
Reconnaissance de ses privilèges blancs. Elle affirme dans plusieurs interviews être consciente de sa position de femme blanche, éduquée et hétérosexuelle, et insiste sur la nécessité d’écouter celles qui vivent des oppressions multiples.
Enfin, dans ses nombreuses interventions publiques, elle exprime une conscience aiguë de ses propres privilèges (être blanche, éduquée, cisgenre), et appelle à une écoute active des voix marginalisées. Ce positionnement la situe dans une praxis féministe décentrée, en dialogue constant avec les expériences minoritaires.
Le corps comme territoire politique : Elle affirme que le contrôle du corps des femmes est un symptôme de l’autoritarisme.
Une Intersectionnalité avant l’heure : Elle relie les luttes féministes à celles des minorités, des classes populaires et des personnes LGBTQ+. En donnant la parole à des femmes autochtones, migrantes, ou vivant dans des contextes de guerre ou de précarité, Steinem illustre que les violences de genre ne sont pas homogènes, mais intersectionnelles.
Le nomadisme comme liberté : Elle revendique une vie sur la route comme choix existentiel et politique, loin des normes patriarcales du foyer.
La révolution intérieure : Elle insiste sur l’importance de l’estime de soi comme moteur du militantisme.
Une critique du patriarcat médiatique : Elle dénonce les stéréotypes véhiculés par les médias et propose une presse féministe indépendante.
La défense de la justice reproductive : Pour elle, le droit à disposer de son corps est fondamental pour la démocratie.
Outrageous Acts and Everyday Rebellions (1983, réédité en 2022) Recueil d’essais retraçant ses combats féministes, dont son infiltration dans un club Playboy. Actions scandaleuses et rébellions quotidiennes retrace ses combats pour l’égalité des sexes, la justice reproductive, et la dénonciation du sexisme dans les médias et la culture populaire.
Revolution from Within: A Book of Self-Esteem (1992, réédité en 2020) Un plaidoyer se centrant sur la notion d’estime de soi comme fondement de l’émancipation
. Elle affirme que l’émancipation passe par une transformation intérieure. L’estime de soi est présentée comme un levier fondamental pour affronter les oppressions sociales.
Ma vie sur la route (My Life on the Road, 2015) Autobiographie où elle raconte ses voyages et célèbre le mouvement comme une forme de résistance aux normes patriarcales du foyer. Voyager devient un acte politique, une manière d’écouter les voix marginalisées et de tisser des solidarités.
La vérité vous libérera, mais d'abord elle vous mettra en rage (2020) Réflexions sur l’amour, la révolte et la vie, portées par sa voix féministe iconique, elle explore les émotions comme moteurs de changement, mêlant réflexions sur l’amour, la colère et la quête de sens.
Après le Black Power, la libération des femmes (2022) Texte fondateur publié en 1969, où elle relie les luttes féministes à celles des minorités raciales, des classes populaires et des personnes LGBTQ+
Marilyn inconnue Cette biographie sensible de Marilyn Monroe déconstruit les représentations sexistes, notamment dans Marilyn inconnue, où elle révèle la complexité de Marilyn Monroe au-delà du mythe du sex-symbol.
Contrairement au discours “pro-choice” centré sur le libre choix individuel, la justice reproductive insiste sur l’accès effectif aux droits. Elle reconnaît que des facteurs comme la race, la classe sociale, le handicap ou l’orientation sexuelle limitent concrètement les possibilités de choix.
Bien qu’elle n’utilise pas explicitement le terme d’“intersectionnalité” – forgé par Kimberlé Crenshaw en 1989 – Gloria Steinem mobilise une approche systémique des oppressions dès la fin des années 1960. Son œuvre articule les rapports de pouvoir entre sexe, race, classe et or
Dans son essai de 1969, Après le Black Power, la libération des femmes, Steinem insiste sur les liens entre la lutte antiraciste et le combat féministe. , Steinem met en lumière la double marginalisation des femmes afro-américaines, prises dans les étaux du racisme et du patriarcat. Ce positionnement reflète une attention précoce à l'entrelacement du racisme et du sexisme.
Son ouvrage Revolution from Within propose une révolution intérieure fondée sur l'estime de soi, tout en soulignant que le regard social porté sur les femmes diffère selon leur classe, leur couleur de peau ou leur orientation sexuelle. Elle évoque l’importance de reconnaître ses propres privilèges – en tant que femme blanche et éduquée – afin de mieux s’allier aux autres combats. Steinem y expose que le sentiment de légitimité est socialement construit, et plus difficile à atteindre pour les femmes issues de milieux populaires ou racisés. Elle souligne par ailleurs le rôle des représentations médiatiques dans le renforcement des hiérarchies sociales.
Soutien aux femmes autochtones et migrantes Dans ses interventions publiques et ses documentaires (Woman, diffusé sur Viceland), elle donne la parole à des femmes victimes de violences systémiques dans des contextes variés : Congo, Canada, Zambie… Elle montre que les violences faites aux femmes prennent des formes différentes selon les cultures et les systèmes politiques. Tout au long de sa carrière, elle a donné la parole à des femmes issues de contextes sociaux et culturels variés – migrantes, autochtones, femmes pauvres – comme en témoignent ses reportages dans la série documentaire Woman. Pour Steinem, les inégalités de genre ne peuvent être comprises sans considérer les réalités sociales, économiques et raciales.
Gloria Steinem a toujours insisté sur le fait que les oppressions ne peuvent être comprises isolément : le sexisme, le racisme, la pauvreté et l’homophobie s’entrelacent dans les vies réelles. Si elle ne mobilise pas le vocabulaire académique de l’intersectionnalité, Steinem en applique la méthode : relier les oppressions, refuser les hiérarchies de souffrance, et écouter les voix que l’histoire a rendues inaudibles. Son féminisme est un féminisme du lien, du terrain, et surtout de l’écoute. Dans « Après le Black Power, la libération des femmes » (1969), elle souligne que les femmes noires subissent une double oppression : en tant que femmes et en tant que personnes racisées. Elle y formule la nécessité d’une coalition entre mouvements féministes et mouvements antiracistes, anticipant ainsi les critiques contemporaines d’un féminisme blanc, bourgeois et hétérocentré. Dans Une révolution intérieure (1992) Revolution from Within, elle montre comment l’estime de soi est affectée différemment selon les origines sociales, raciales et culturelles. Elle écrit que les femmes des classes populaires ou racisées doivent surmonter des obstacles spécifiques pour se sentir légitimes dans leur combat.