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La Garenne de philosophie

LA PENSEE COMPLEXE 2 / L'émulsion ou le fait de faire tenir ensemble ce qui n'a pas de rapport

Qu'est-ce que l'émulsion ?

On a déjà abordé ici  ce terme grec qu'est la stasis : cette déchirure de la cité organisée en partis politiques opposés qui donne l’Etat ou l’équilbire des forces. On peut distingué une stasis contemporaine, tragique et complexe à la fois qui se différenciait de la stasis athénienne qui au fond fut une impasse avec l’émergence de gens comme le Socrate de Platon ou Platon lui-même, qui n’assumaient le côté tragique de l’existence et mettaient en avant une dimension morale qui consistait à aiguillonner les consciences plutôt qu’à réenclencher un mouvement comme le fut la pensée préplatonicienne. Maintenant je peux vous donner un synonyme, à tous ces dispositifs relever chez Nietzsche, Antigone ou encore chez les rats. Le synonyme de stasis c’est l’émulsion, pensez aux émulsifiants de l’industrie agro-alimententaire, tous les E400 à E483 qu’on trouve dans nos aliments. Leur rôle consiste à cela faire tenir ensemble ce qui ne le peut pas naturellement. L’Emulsion c’est cela faire tenir ensemble ce qui n’entre pas en rapport. Dès lors on touche à l’hybris, à la démesure, puisque ce qui entre en rapport est de l’ordre d’un discours dominant qui ramène tout à « lui-même ». Emulsion : « préparation d’un liquide par division d’un liquide en globules microscopiques (de l’ordre du micron) au sein d’un autre liquide avec lequel il n’est pas miscible : le lait est un émulsion de graisse dans l’eau » (c’est ce qui le rend si peu digeste, et encore plus si vous le mélanger au café). Un émulsif ou émulsifiant, « se dit d’un agent capable de faciliter et parfois de stabiliser une émulsion ». Le « hasard » veut qu’on retrouve dans cette définition le terme stabiliser.

 

 

Quelle est cette pensée dont Foucault disait qu'elle était déjà présente mais de manière éparse et disséminée. De cette pensée complexe du Dehors ou du Surpli (suivant les dénominations que lu donne Foucault ou Deleuze), Heidegger en parle en ces termes, dans une conférence que vous retrouverez sur paris4philo.over-blog.org :

 

Nul ne sait quel sera le destin de la pensée. En 1964, dans une conférence je n'ai pas prononcée moi-même mais dont le texte a été lu en traduction française, j'ai parlé de la fin de la philosophie et de la tâche de la pensée". J'y ai fait une distinction entre philosophie c'est-à-dire la métaphysique, et la pensée telle que je l'entends. Cette pensée est, fondamentalement, quant à la chose même, beaucoup plus simple que la philosophie, mais, en conséquence, beaucoup plus difficile à accomplir, et elle  exige un nouveau soin apporté au langage, et non une invention de termes nouveaux, comme je l'avais pensé jadis; bien plutôt un retour à la teneur originale de la langue qui nous est propre mais qui est en proie à un dépérissement continuel. Un penseur à venir, qui sera peut-être placé devant la tâche d'assumer effectivement cette pensée que j'essaie seulement de préparer, devra s'accommoder d'un mot qu'écrivit un jour Heinrich von Kleist et qui dit ... : "je m'efface devant quelqu'un qui n'est pas encore là, et m'incline un millénaire à l'avance devant son esprit."

 

La pensée complexe peut être dite émulsive pour faire chic et sophistiqué comme Lacan. Cela ne veut pas dire que celui qui pratique cette pensée est en émulsion avec la réalité, mais que cette pensée assume la complexité que forme le travail, le langage et la vie et par là dissout toutes les contradictions qui elles en reste au niveau du discours, mais en vérité rejette la réalité et nie la vie. Le penseur qui la pratique est en rapport direct avec la réalité comme le dialecticien, le penseur académique, se protège au sein d'une institution. Bref, la pensée "émulsive", pour le dire avec humour, n'émousse pas comme Lacan mais produit une image complexe du monde qui fait tenir ensemble ce qui n'a pas de rapport, ce qui n'est même pas de l'ordre de la contradiction, c'est pour vous combien cela touche à ce que les philosophes académique méprisait sous le terme de non-être, ce qui n'était pas digne dêtre comme la boue ou les cheveux, comme les opprimés et les moins que rien qui peuvent devenir tellement de choses quand on sait transfigurer ou retourner toute situation mal engagée.

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E
L'émulsion est-elle d'une certaine façon spinoziste ? (pour ce qui est visible de sa pratique générale actuelle)
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J
<br /> <br /> <br /> 0°) Ma réponse claire est que je n'en sais rien. <br /> <br /> 1°) Ma question en retour : Qui est derrière le "sa" de 'sa partique", le spinozisme ?<br /> <br /> 2°) Spinozisme : système d'interprétation et lecture évolutive autrefois dite immanente : J'essaye de poser votre point de vue ou votre attente et ce qui est mon point de vue hétérodoxe car pris dans un parcours où il n'y a pas de substance (a. c'est-à-dire à partir de Nietzsche quoique à distance et b. donc sans respect de Spinoza même si c'est le meilleur moyen de coïncider au final avec sa substance pour ne pas lui assigner un limite (car il m'est difficile de concevoir un ensemble sans limite qui se modifiera en son sein) c. l'echelle des substances que vous retrouver chez Deleuze (dans Mille Plateaux) et qui est une négation dans les termes peut-être pas des les faits de la substance unique. J'ai beaucoup de mal avec les mouvements d'interprétation, notamment celui autour de Platon, car chez Nietzsche renverser le platonisme consiste avant tout à annuler la prise en compte comme pertinence, comme littératie du système mis en place par les Alexandrins; la patristique et la scolastique (théologie rationnelle). Les penseurs suivent un parcours, une évolution, un mouvement. Les système de pensée tout fait, même ouvert - c'est-à-dire dont les principes entreraient en contradiction ne permettent pas de ressaisir ces évolutions, qui tiennent à la gestion des affects avec l'âge et à la manière dont on gère le deuil (gestion qu'ont à faire très jeunes les philosophes soit qu'ils soient nés dans un climat incestuel et qu'un des parents ait poussé l'autre à mourrir). <br /> <br /> 3°) L'exemple de Platon et de l'accord en musique pour comprendre que l'émulsion est possible seulement dans une perfection. <br /> Par exemple Platon ne pense nullement comme il le fait dire à Socrate dans le Gorgias que répondre à un injustice n'est qu'y ajouter une autre injustice, dans la République il estime qu'entre la vengeance et la non-réponse à une injustice il y a une position médiane (c'est l'époque où il est obnubilé par la position intermédiaire qu'il associe à la position harmonieuse (l'harmonie est à peu de chose prêt la puissance chez Nietzsche, la perfection chez Leibniz ou spinoza, le plein achèvement chez Aristote, et même si l'on force un peut le fait d'être dominus dans l'empire romain (maître d'une doma, ce qu'on retrouvera sous le vocable règne ou royaume dans la Bible) vous trouvez cela dans accord d'harmonie Grec qui est l'autre nom de l'accord de puissance de la gamme majeur pentatonique, si on procède par homologie entre diffrentes époque (à la manière d'un Grothendieck). Cette référence au rock, au powerchord me semble bien illustrer le rapport à la perfection chez Spinoza en ce qu'elle fait coexister des fréquences différentes qui s'ajoutent, se coordonnent. Est-ce une émulsion, le contraire n'y ait pas inclus (mais existe-t-il vraiemnt si on pense par(delà bien et mal seulement ce qui est bon ou mauvais pour soi et non en soi.<br /> <br /> 4°) L'illustration de votre question, car je tourne autour, par le conceptualisme de Deleuze. C'est le présupposé que les concept existe indépendamment de la réalité et qu'il la façonne en premier. L'un des cas de conceptualisme de Deleuze (il est par ailleurs réaliste<br /> <br /> 5°) L'éternité de coexistence qui fait coexister des termes inconciliables est juste une instance. Par exemple ou pour prendre un praallèle, vous me demandez à quel instance appartient l'émulsion et si celle-ci existe et donc qi elle est compatible avec l'éternité de coexistance qui est l'une des trois éternités, sachant qu'il y a en plus l'adventicité (creation ex materia propre à l'Artisan-démiurge cosmique qu'on retrouve chez Platon-Nietzsche mais nié par la seconde lecture de la Bible qui en fera une création ex nihilo alors qu'il semble bien que Dieu apporte la lumière à la matière par le verbe, il ordonne, il façonne ce ui est déjà là, il ne crée par à partir de rien, même s'il est écrit au commmencement/Béréchit' en hébreux. Cette éternité cyclique dont le cycle n'a ni début, ni fin pour un hellène (un grec) et différente de la cration ex nihilo qui va s'associer à , la cration contiunée chère à Descartes, elle, prend en compte une rectification constante. <br /> <br /> 6°) Comprendre (littératie) l'éternité de coexistence, c'est comprendre que chez Deleuze il y a un rapport entre l'esprit et le plus petite partie de notre corps et que dans ce rapport différentiel (aussi "essentiel" ou "virtuel" in Nietzsche et la philosophie, 1ère éd. p. 87 non pas la 2de) le parallémisme se trouve faussé, biaisé, annulé puisque l'émulsion qui serait propre au parallélisme et qui s'énonce ainsi l'esprit n'intervient pas sur le corps, de la même manière que le corps n'intervient pas sur l'esprit. C'est le fétichimse masochiste de Deleuze qui se trouve en "exargue" dans son Sacher-Masoch mais qui traverse toute l'ouvre, puisque c'est son fétiche préféré sur lequel le dispuera mathématiquement Badiou, au passage.<br /> <br /> 7°) Emulsion et principe de Schmidt (quant à la résorption de la pollution des rivière)<br /> Le principe de Schmidt est un concept fondamental en hydrodynamique qui décrit la diffusion turbulente dans un fluide. Dans le contexte de la pollution des rivières, il est utilisé pour modéliser la dispersion des polluants dans les écoulements turbulents. Le principe de Schmidt est exprimé par l'équation différentielle suivante : Où : C et V sont la concentration et la vitesse moyennes dans le temps d'écoulement, t le temps, et Dt la diffusivité turbulente. La diffusivité turbulente est décrite par la relation Dt= υt/Sct, où υt est la viscosité turbulente de l'écoulement et Sct est le nombre de Schmidt turbulent. Cette relation est essentielle pour comprendre comment les polluants se dispersent dans les rivières et comment les modèles mathématiques peuvent être utilisés pour prévoir et contrôler la pollution.<br /> <br /> 8°) Première non-conclusion.<br /> N'étant pas moi-même spinoziste (sinon de la Partie II de l'Ethique et de ses recherches sur la démocratie par les affects en lien avec les travaux de Mario Donoso, que je salue) je ne peux statuer sur votre question et vous laisse conclure (une des 10 règles d'écriture de Nietzsche données à L.-A.S.)<br /> <br /> 9°) Reconsidération du problème<br /> Je suis spinoziste simplement pour sa critique des transcendantaux 'Partie II) et sa manière d'envisager la vérité comme complétude (à la manière d'un Aristote mais moins systématique que lui, car Spinoza ne réduit pas tout à l'éthique - "Notre philosophie" était son titre initial pour Spinoza s'adressant à ses amis - ni à son mode d'exposition qui doit beaucoup à Haobbes et la recherche de scientificité de ce premier qui pose le Contrat et le Léviathan qui n'existe pas en fait mais qui comme artefacts conceptuels permettent un réoordonnacmeent scientifique de la politique et l'apparition des science politiques)<br /> <br /> 10°) Quand on est pas dans l'hallucination de l'éternité de coexistence et de l'acte de création (cf. La créatocratie propre à notre époque et dénoncée dans les Enfants gâtés de Fleur Parisse).<br /> En fait étant sortie de l'éternité de coexistence (qui est une croyance, comme tout ce qui concerne l'acte de création chez Deleuze, puisque c'est un acte avant théologique et non démocratique) est ce qui vient faussé le parallélisme. Par ailleurs et ayant compris cela, je suis moins un idolâtre et de Deleuze avec son éternité de coexistence qui est aussi chez Wittgenstein 6.4311, 6.4312, 6.45 et chez Badiou conclusion de Logique de Mondes qui est le résultat de ce que je lui ai soumis l'éternité de coexistence et que cela a biaisé tout son système vers l'immanence. je peux juste vous expliquer que le parallélisme énoncé comme terme et non dans son développement l'est une première fois dans l'encyclopédie par Diderot à l'article spinozisme.<br /> <br /> 11°) Si on doit maintenir une émulsion, un parallélisme en somme, mais le terme d'émulsion est presque biaisé si on pense à n'importe quelle mousse ou vinaigrette. Parce que le parallélisme est un rapport plus abstrait et que de vous en parler me fait au final considérer l'esprit alors même que celui-ci est définit par Nietzsche comme un outil de domination (des corps en somme, comme avec la cybernétique et ses systèmes asservis) eh bien il faut trahir Deleuze, son vitalisme fétichiste qui devient inanitaire. Dans la cas contraire on en vient à dire comme Pierre-François Moreau que le parallélisme n'existe pas.<br /> <br /> 10°) Mon but étant de sortir la philosophie de la transcendance et de l'immanence pour comme le dit Kant élargir la pensée en ne prenant pas en compte ces présupposés théologique postérieurs à 1230. On peut voir transcendance (En somme "Le Dieu infini dépasse la finitude des individus") immanence (la causa sui, la cause de soi, c'est-à-dire l'effet est contenu dans la cause) comme des facilités à formuler, c'est-à-dire des régimes de vérité avec leur parlêtre, qui n'est rien d'autre que la jouissance à les exprimer, à se tenir dans ces systèmes. Cette jouissance est perverse ou malsaine en ce qu'elle vient fausser, rompre la communauté où elle s'énonce, qui a d'une part les valeurs de la domination et les valeurs de la réception. Pour la transcendance, on pensera au mythe de l'Artisan Cosmique avec ses matières expressives, mythe du dépassement chez Hegel et du dépassement de la philosophie par son autosuppression - suppression de sa théologie rationnel et sa théologie politique dont les usages et conformations se retrouvent par l'emploi des transcendantaux et des genres; il faudrait que je vous en donne la liste pour être plus clair).<br /> <br /> 11°) Blanchot revient sur le projet d'une pensée du Dehors qui se loge dans l'Entretien infini, peut-être parce qu'il par d'une phénoménologie hérité de son dialogue avec Levinas. Le phénomène étant ce qui est saisi sous la lumière (pour en revenir à la Génèse/Béréchit). Il distingue comme toute althussérien et tout lacano-deleuzien, entre subjectivité et sujet, entre instance dominance et instance asservie. Ce sont chez Badiou le Sujet de la pince de vérité gardien des vides propres à la philosohie et le sujet des vérités immanentes pris dans les conditions de la philosophie, le pratiques...<br /> <br /> 12°) Le discours que je vous tiens a eu des répercutions sur ce que Pierre Cassou-Noguès cherche sous le terme machine à coexister (quoi je lui ai aussi exposé le machinisme propre à Le Corbusier et qui parlait de machine à habiter). Les trois machines low-tech à coexister sont les vêtements, le vélo et une troisième. Son livre Trait de côte: Voyage philosophique en bord de mer évoque son parcours du littoral atlantique et de la Manche en trois tronçons avec un vélo fait de bambou et la modification que subit le littoral. Il parle de réseau de coexistence induit par le vélo qui empêche une pure autonomie.<br /> <br /> Sur Cassou-Noguès<br /> https://www.philomag.com/articles/pierre-cassou-nogues-de-biarritz-ostende-en-velo-la-crise-environnementale-la-premiere<br /> Métaphysique d’un bord de mer (Éd. du Cerf, 2016<br /> Trait de côte: Voyage philosophique en bord de mer, Philosophie Magazine Editeur, 20 mars 2026, 222 p.<br /> Les vélos en bambou de Louis Ségré https://saint-maurice-des-lions.fr/essai/les-stars-de-st-maurice-du-velo-en-bambou-de-gamory-a-top-chef-de-miss-france-agricole-aux-ecrivains-de-la-place-de-la-bascule/louis-segre-roule-sur-des-bambous/<br /> Le cycliste sait qu'il est dans un réseau de coexistence. Le vécu du vélo est la liberté mais c'est une marque trompeuse.
V
Bonjour,Dans un de mes rapports avec une amie, qui est psychologue et sexologue, nous parlions justement de l'enfermement de la philosophie et de la caste ou la tienne les élites, et votre rapport à l'émulsion, me faire revenir à notre conclusion, sur le fait que la philosophie actuelle n'avancait plus, et nous avions conclus que philosopher de nos jours, bien souvent, était justement une émulsion, mais pas collective, ou pour l'avancée de la pensée, mais son contraire, une masturbation de la pensée entrainant une émulsion toute personnelle.Sauf, votre respect, rien de personnel, nous nous connaissons pas, mais plus sur la critique d'une époque, ou l'individualisme prime.
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A
<br /> Tout philosophie se pratique entre amis, jamais très loin d'un milieu. Mais c'est toute l'ambiguité par rapport à la sagesse qui se détache du discours commun (koinos nest pas sophos).<br /> <br /> L'exercice de la pensée contrairement à la réflexion est rare. Mais il existe quelques foyer à Paris ou ailleurs. Il ne s'agit donc pas de généraliser son propre cas. Quant au disocurs sur l'être<br /> (sur ce qui est déterminé) il faut savoir en sortir, c'est toute l'ambiguité de la pensée en exercice, suaf si l'on comprend qu'elle est pensée du dehors et qu'elle n'a pas besoin de la vértié pour<br /> se cautionner socialement. Il faut donc non seulement abandonner le concpet d'Etre mais aussi les dogmes (comme le principe de raison suffisante ou du tiers exclu qui ont réduit la richesse des<br /> manires de penser).<br /> <br /> <br />