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Publié par Anthony Le Cazals

A mon ami Sébastien Masson

 

Economiquement, le  général De Gaulle a souhaité "mettre nos affaires en ordre réellement et profondément" par un rétablissement de "la nation sur une base de vérité et de sévérité, la seule qui puisse lui permettre de bâtir sa prospérité". Ces enjeux sont montrer par un petit et excellent livre dont il me faudrait vous retrouver le nom. Cette approche est souvent passée sous silence. Ce n'est pas de Gaulle qui a mené directement cette politique mais comme toujours l'administration lui proposait plusieurs directions et orientations et lui choisissait (c'est ce qui est arrivé par exemple avec le directeur des services secrets qui l'a innondé de possibilités comme celle de s'assurer l'annexion de la Belgique pour ne retenir qu'elle. Fermons cette parenthèse en notant que cette agitprop pourra se retrouver avec la guerre du Biafra dans Paris Match pour conquérir à soi l'opinion alors que c'est une salle guerre pour du pétrole mais que les photos d'enfants morts font tout passer. Passons. 

De gaulle par contre, avait comme son maître Pétain, un éducation de droite faite par la fréquentation des textes de Maurras. Elle est plus marqué chez Pétain qui appliquera les recommandations sur les 4 ennemis de la France. Mais Pétain était mû par un bonapartisme - thèse jospinienne et non badiousienne (Badiou reste un partisan de la République qui l'a formé) qu'on retrouve dans le mal napoléonien. En miroir, on se souvient de la phrase de De Gaulle "Pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans, je commence une carrière de dictateur". Restent ces phrases que nous avions publiées et qui témoigne directement d'un maurrassisme  : " Maurras a eu tellement raison qu'il en est devenu fou " (cité par J. Dumaine, Quay d'Orsay, Ed. Julliard). Stéphane Zagdanski doit en relever d'autres dans son Pauvre De Gaulle, un peu plus centré sur les juifs et les arabes.

Ceci pourrait être développé à foison pour qui aurait le temps et l'on irait de découverte en découverte.

François Mitterrand
La seconde personnalité même si on pouvait déjà compter Pétain est Mitterrand, car comment comprendre son goût pour l'exécution de Fellagas ou encore cette phrase étrange : « Dans ces pays-là, un génocide, ce n’est pas trop important ». Des commentateurs ont pu affirmer : "c’est dans ces termes choisis rapportés par Patrick de Saint-Exupéry dans le Figaro du 12.01.98, que le président français qualifiait un génocide perpétré par des Africains contre d’autres Africains, les Hutu extrémistes du Rwanda contre les Tutsi, avec l’aide, le soutien et l’expertise française, avant, pendant et après le génocide". C'est la France et le Vatican qui ont assuré le cordon de sécurité diplomatique pour que le génocide ait lieu en toute tranquillité lire le livre de Dalaire J'ai serré la main du diable pour comprendre (on peut le retrouver dans cette vidéo youtube, film de 1h46). Quelqu'un le savait par anticipation à l'Elysée, le responsable des affaires africaines et il est mort le lendemain de l'assassinat des présidents rwandais et burundais (unhcr parle de "la mort des présidents Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi, tués dans un accident d’avion (toujours inexpliqué)"). Il savait ce que cela sous-entendait. Il s'agissait de rependre la main économiquement et religieusement les Tutsis étant des commerçants protestants traditionnellement alors que les Hutus sont catholiques et étaient en perte de vitesse. On pensera à ces autres livres Pascal Krop, Le génocide franco-africain. Faut-il juger les Mitterrand ? ou encore Rwanda : complicité de génocide ? [2] de François-Xavier Verschave. Mehdi Ba avec Rwanda, un génocide français, puis Michel Sitbon avec Un génocide sur la conscience.

Par effet d'enchaînement, les mots tuent.
Avec Mitterrand, même Agiprop des services secrets que sous De Gaulle : "Les soutiens occidentaux (politiques et militaires français, l’Église, l’Internationale démocrate chrétienne, les ONG catholiques, etc.) au régime d’Habyarimana s’évertuaient alors à présenter les « Tutsi du FPR » comme des «féodaux perfides et dominateurs», des « Khmers noirs ... Termes très utilisés par les militaires français et leurs officines, notamment par le général Christian Quesnot. Voir Pierre Favier et Michel Martin-Roland, La décennie Mitterrand. Tome 4, Les déchirements, Le Seuil, 1999, p. 478." "L’état-major de François Mitterrand avait fait largement répandre par ses officines de désinformation, le SIRPA18 et les services secrets, le mythe des Khmers noirs, la croyance que les Tutsi du FPR allaient faire régner la barbarie sur les 80 % de la population hutu." 

Le déni, c'est toujours intéressant
"Vingt-trois anciens ministres dont Edith Cresson, Hubert Védrine, Roland Dumas, Jack Lang et Paul Quilès interpellent le PS et demandent des excuses publiques en réponse aux propos de" Raphaël Glucksmann. "Le Rwanda est le plus grand scandale de la Ve République. Gauche et droite ont trempé dedans, même si c'est François Mitterrand qui avait lancé cette politique et la portait de la manière la plus radicale et abjecte", avait notamment déclaré M. Glucksmann au journal Le Monde le 6 janvier.

Mitterrand était très doué, par machiavélisme, pour allumer des contre-feux
"Ces anciens ministres se scandalisent des accusations de "complicité de génocide" ? Pourtant, aucun ne peut ignorer le rôle central de François Mitterrand dans le soutien jusqu'au-boutiste au gouvernement intérimaire rwandais qu'il qualifia pourtant de "bande d'assassins" à la mi-juin 1994", affirme notamment Survie. association qui milite "pour une refonte réelle de la politique étrangère de la France en Afrique". Cette phrase est à rapprocher de celle prononcer à la suite de l'assassinat de Pierre Bérégovoy sur réquête de Mitterrand lui-même ou de membres de cercles mitterrandiens inquiétés par les visées anti-corruption de Bérégovoy : "Toutes les explications du monde, ne justifieront pas qu'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme."

Sources

Génocide au Rwanda : des « mitterrandiens » en colère après les propos de Raphaël Glucksmann (lemonde.fr)

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