Le plus gros site de philosophie de France ! ABONNEZ-VOUS ! 4004 Articles, 1523 abonné.e.s

La Garenne de philosophie

BIOLOGIE / « Qu’est-ce que la vie ? »

La question « Qu’est-ce que la vie ? » est l’une des plus anciennes et des plus fondamentales que l’humanité se soit posée. Elle traverse les disciplines, de la biologie à la philosophie, de la physique à la théologie, et résiste à toute tentative de définition simple ou universelle. Elle est à la fois intuitive et problématique, car si chacun croit savoir ce qu’est un être vivant, les critères scientifiques, philosophiques et ontologiques qui permettent de le distinguer du non-vivant sont loin d’être consensuels. La vie peut être abordée comme un phénomène observable, comme une propriété émergente de la matière, comme une organisation dynamique, ou encore comme une expérience subjective. Elle peut être définie par ses fonctions, ses structures, ses capacités d’adaptation, ou par son opposition à la mort. Mais aucune de ces approches ne parvient à épuiser le mystère de ce qu’est véritablement « être vivant ». Parler du vivant c'est dériver la question de la vivant sur un plan organique et inorganique.

En biologie

Sur le plan biologique, la vie est souvent décrite comme un ensemble de caractéristiques que possèdent les organismes vivants : la capacité à se reproduire, à croître, à répondre à des stimuli, à se maintenir dans un état d’équilibre interne (homéostasie), à évoluer par sélection naturelle, et à métaboliser de l’énergie. Ces critères, bien que pratiques, posent plusieurs problèmes. Par exemple, les virus se reproduisent et évoluent, mais ne métabolisent pas d’énergie de manière autonome : sont-ils vivants ? Certains systèmes artificiels peuvent répondre à des stimuli et s’auto-réparer : sont-ils vivants ? Les cristaux croissent et se répliquent dans certaines conditions : sont-ils vivants ? Ces cas limites montrent que les définitions biologiques sont souvent opérationnelles, mais rarement ontologiques. Elles permettent de classer, mais pas de comprendre en profondeur.

Il existe plusieurs formulations de la question « Qu’est-ce que la vie ? » qui en révèlent les différentes facettes. On peut demander : « Qu’est-ce qui distingue le vivant du non-vivant ? », « Quels sont les critères de la vie ? », « Comment la vie émerge-t-elle de la matière ? ». Enfin, il faut souligner que la question de la vie est inséparable de celle de son origine. Comment la vie est-elle apparue sur Terre ? Par quels mécanismes la matière inerte s’est-elle organisée en systèmes vivants ? Les hypothèses abondent : soupe primitive, sources hydrothermales, panspermie, auto-organisation chimique, mais aucune ne fait consensus. L’émergence de la vie reste un mystère...

En philosophie

Si la vie est pour Bergson ce qui augmente sa puissance en se divisant, la vie n'est pas ce qui se divise en éléments mais en tendances, on pensera aux tendances d'accumulation et de dépense, aux tendances de contraction et d'expansion. S'il y a des éléments, s'il y a des individus et des cellules cela se rapporte à un autre processus. Nous estimons au contraire que, dans le domaine de la vie, les éléments n'ont pas d'existence réelle et séparée. Ce sont des vues multiples de l'esprit sur un processus indivisible. Et c'est pourquoi il y a contingence radicale dans le progrès, incomensurabilité entre ce qui précède et ce qui suit, enfin durée » BgEC_27. « La part de la contingence est donc grande dans l'évolution. Contingentes, le plus souvent, sont les formes adoptées, ou plutôt inventées. Contingente, relative aux obstacles rencontrés en tel lieu, à tel moment, la dissociation de la tendance primordiale en telles et telles tendances complémentaires qui créent des lignes divergentes d'évolution. Contingents les arrêts et les reculs ; contingentes, dans une large mesure, les adaptations. Deux choses seulement sont nécessaires : 1º) une accumulation graduelle d'énergie; 2º) une canalisation élastique de cette énergie dans des directions variables et indéterminables, au bout desquelles sont les actes libres. » BgEC_151 Individualité et sociabilité sont liées (EC_260-261) comme les deux faces d'un élan indivisible, comme deux vues de l'esprit.

Pour Nietzsche, même s'il en donne plusieurs définition comme La vie c'est la volonté tournée vers la puissance, on trouve aussi cette étrange citation venant de lui « la vie  … est l’expression des formes de croissance de la substance », c’est-à-dire, pour rattraper cette naturalisme, l’expression des volontés en vue de la puissance.

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article