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Publié par Anthony Le Cazals

Claude Simonn par J. P. Muller

Claude Simonn par J. P. Muller

Un courant que l'on nomme le roman pluraliste est né en France (je n'aime pas parler de Francophonie parce qu'étrangement cela mène à l'extrême droite, en tant que dernier échappatoire, impérialisme de la langue sans doute). Le roman repose traditionnellement sur l'invention de personnages imaginaires et archétypaux dont on donne les traits de caractère (pessimisme schopenhauerien oblige, via l'héritage de Kant et Bacon).

Non seulement nous avons appris que le roman ne consiste pas nécessairement à inventer des personnages, mais nous sommes aussi face à un présent qui, précisément parce qu’il est entièrement composé de signes, rend caduques les répartitions entre imaginaire et réalité. Dès lors, plutôt que de prétendre créer de toutes pièces des personnages emblématiques et archétypaux, autant voir comment ces figures prélevées dans le réel évoluent, quelles charges de conflits et d’expériences elles permettent d’explorer.

Mathieu Larnaudie

Ce texte est en lien avec le Nouveau Roman :

Je crois aussi que l’héritage du Nouveau Roman y a un rôle important. Nous portons les legs de l’ère du soupçon et nous sommes nourris des expériences de ces prodigieux écrivains. N’en déplaise à certains, il me semble que la défiance à l’égard d’une vision candide du personnage en découle tout droit. On sait que certains théoriciens du Nouveau Roman, Ricardou en tête, considéraient le roman comme un organisme autonome, une combinaison de langage coupée du référent. Cette conception a vite été malmenée, altérée, c’est-à-dire enrichie, notamment par Claude Simon qui, lui, a intégré des référents réels dans ses textes, comme les photos d’Histoire.

Mathieu Larnaudie

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