18 Octobre 2026
Critique/Controverses
Alexandre del Valle est avant tout un « politologue international engagé », comme l’écrira un autre ami et maître de Del Valle, l’ancien journaliste du journal Le Monde, Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, gaulliste-souverainiste et marseillais comme lui. La méthode géopolitique de Del Valle, héritière du Général Gallois et d'Yves Lacoste, vise à analyser "l'influence du milieu sur l'Homme" puis les "rapports de puissances et de forces" (Gallois), ainsi que les "rivalités de pouvoirs sur des territoires" et les "représentations antagonistes en tant que forces motrices de l'Histoire" (Lacoste). Cette méthode, qui n'est pas une science, mais plutôt une "démarche géopolitique" Lacoste), est fondée sur le pragmatisme, l'analyse interactionnelle et multidisciplinaire nécessairement "politiquement incorrecte" des enjeux de puissances actuels. Le prisme est évidemment celui, très "politiquement incorrect" mais indéniable, des "intérêts nationaux ou géoéconomique" et "géo-civilisationnels" des acteurs géopolitiques. Ces derniers sont en général des Etats-Nations, mais ils peuvent aussi être des entités non-étatiques transnationales. C’est en ce sens d’abord que Del Valle use des mots « ennemi » et « menace », que la mauvaise foi seule permet de classer en jugement de valeur quand ils ne désignent que des positions dynamiques. Il en va de même pour le paradigme huntingtonien du "choc des civilisations", auquel Del Valle adhère en grande partie (cf sa "politique de civilisation" ou paradigme "géo-civilisationnel"), réduit de façon manichéenne et stupide à une vision belliciste alors que ce paradigme, au départ conçu académiquement par le grand historien Fernand Braudel, ne nie ni les échanges entre civilisations, ni les mutations, ni le désir de paix. Ce paradigme décrit simplement la pertinence et la pérennité des facteurs identitaires dans l'histoire humaine et la polémologie.
De l'inanité du procès d'intention en "islamophobie"
Sur le supposés et stérile clivage qu’il opérerait entre musulmans et non-musulmans, l'accusation "d"islamophobie" est d'autant plus ridicule que Del Valle n'a eu de cesse de travailler et coopérer puis échanger avec nombre de penseurs et intellectuels arabo-musulmans (dont l'ex-Recteur de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur, les militants associatifs et politiques Rachid Kaci, Jbil Kébir, Aziz Sahiri, etc), les Universitaires et ex-ministres du Shah d'Iran, Houchang Nahavandi et Eshan Naragui, l'imam Chalghoumi, l'intellectuel-conseiller de la Mosquée de Paris Amar Dib, le géopolitologue Khattar Abou Diab, le Centre de Recherches sur le Moyen Orient (CEMO), sans oublier l'ex-Ambassadeur de Tunisie Mezri Haddad, l'ex-Premier Ministre algérien Si Ahmed Ghozali, ou encore la philosophe Razika Adnani, etc. Les détracteurs de Del Valle, mais aussi de nombreux musulmans eux-mêmes accusés de façon orwellienne d'Islamophobie, comme Boualem Sansal, Kamel Daoud, Ibn Warraq ou Zineb, commettent la faute analytique et morale attribuer à l’auteur la responsabilité de ce que lui et d'autres "anti-islamistes" pourtant humaniste et "intégrationnistes" ne font que constater/déplorer, à savoir la radicalisation islamiste néo-totalitaire d'une partie significative du monde musulman et de l'islam, dont les musulmans non extrémistes sont les premières victimes en nombre de morts annuels et privation de liberté. Il ne faudrait pas l'oublier, y compris ou même surtout d'un point de vue antiraciste sincère. Ces détracteurs "facilitateurs d'islamisme", complices ou "idiots-utiles" du totalitarisme islamiste passent en effet sous silence son plaidoyer incessant pour que les musulmans (de France et d’ailleurs) reçoivent le soutien qu’ils méritent dans leur lutte pour s’intégrer pleinement aux nations dont ils sont citoyens. En ce sens, il existe une différence fondamentale entre, d'une part, l'anti-islamisme de Del Valle ou Razika Adnani qui ne diabolisent par l'islam en tant que foi privée, mais plaident en faveur d'une réforme-aggiornamento condition sine qua non pour extirper de cette grande religion ses textes légitimant la violence et l'intolérance; et, d'autre part, l'anti-islamité de principe de ceux qui ne font aucune différence entre l'islamisme totalitaire, les textes de l'islam, les musulmans et la violence jihadiste sans laisser aux fidèles mahométant une quelconque voie médiane "réformiste" leur permettant de continuer à croire en se libérant d'un corpus médiéval belliciste totalitaire qui demeure la source majeure du totalitarisme islamiste.
Du "point Godwin" opportuniste en guise d'argumentation
Pour étayer les accusations de radicalité, ses détracteurs assumés issus de l’extrême-gauche et des milieux islamistes et anti-racistes-indigénistes anti-Occidentaux, n’ont rien trouvé de mieux que d'exhumer de très anciennes publications de Del Valle (voire rubrique bio) datant des années 1990, notamment des extraits du mémoire de DEA de Del Valle sur les "juifs et chrétiens en terre d'islam" ou sur "l'islamisme radical" parus en feuilletons dans une revue d'étudiants aixoise dite « néo-païenne » (Muninn, dont on aura bien du mal à trouver un exemplaire en circulation) et dont le druidisme folklorique "néo-païen-nouvelle droitiste" permettra à ses détracteurs de créer le mythe disqualifiant d'un Del Valle à la généalogie occulte "nouvelle droitiste" donc fascisante ou crypto-nazi (carrément) au nom du syllogisme suivant: "Hitler était entouré de SS "néo-païens" adeptes du Wallala nordique, donc les Néo-païens européens sont tous "nazis-fascistes", donc toute personne qui les croise, fréquente ou écrit dans une revue paganisante (même antifasciste) est nazi"....
On s’étonne tout d’abord de ce que l’auteur soit jugé entièrement à l’aune de son lieu de publication et non du contenu (del Valle écrivait notamment pour dénoncer l'antisémitisme de la nouvelle droite, le nazi-fascisme pangermaniste et même le néo-paganisme, lui qui était un villiériste catho-tradi assumé, et ses détracteurs marxistes omettent de faire les recherches qui s'imposent ou même de relire les compte-rendus des procès en diffamation intentés par Del Valle à ses détracteurs dans lesquels il a prouvé que cette revue (Muninn), alors dirigée par une "anarchiste-syndicaliste" assumée, fille d'antifranquistes catalans et antifasciste, Anita Dreyer, accueillait ses articles comme gratte-poil catholique extérieur et la plume d'étudiants de tout bord dont des ultra-libéraux-libertaires. Surtout, les anti-Fa qui ont tenté depuis des années de souiller l'honneur de Del Valle ne font jamais fait mention de bien plus nombreux articles alors donnés par lui dans des fanzines catholiques ("revue des Chrétiens d'Antioche et de tout l'Orient" publiée à Perpignan et au Liban par l'abbé Tournyol du Clos de la Fraternité Saint Pierre, revues du mouvement ICTUS, revue La Nef, Famille Chrétienne, etc) ou encore dans la revue marseillaise du docteur très catholique Giraud (Nouvelle Liberté/Nouveau Libéral), liée aux milieux conservateurs de droite UDF de Marseille et dont Del Valle fut rédacteur en chef adjoint, ce qui est bien plus la marque d'un engagement et implique bien plus d'assumer la ligne éditoriale que d'écrire comme électron libre catho dans une revue druidique comme le fanzine Muninn.
Enfin, dans le cadre de nombreux procès en diffamation engagés par Del Valle contre ses détracteurs du MRAP, du Monde, de Canal Plus et de Raslfront (qu'Alexandre del Valle a parfois gagnés: Canal Plus; MRAP, et dont il a été parfois débouté (Raslfront), ses détracteurs ont jeté malhonnêtement le doute en parlant de "défaite", comme si les accusations de fascisme-néo-paganisme avaient été avérées (ce qui ne fut pas le cas), et comme si le fait d'être débouté (ne pas réussir à faire condamner le diffamateur) équivalait à être soi-même reconnu coupable...
En réalité, le tribunal de la 17ème chambre correctionnelle de Paris précisa très clairement ce point dans ses attendus/jugements finaux en précisant que: "les accusations portées par ses détracteurs assumés contre del Valle, dont on ne préjuge aucunement de la légitimité, l'ont été "à tort ou à raison, dans le cadre de débats polémiques entre parties engagées dans des bords différents-opposés". Et comme l’expliquent très bien Anne Vigerie sur le site féministe du CERF, qui a repris tous les attendus des juges de la 17 ème chambre, ainsi que les synthèses de son avocat Gilles William Goldnadel, « la justice n’a donc jamais reconnu que les diffamations visant Alexandre del Valle auraient été fondées sur le fond».
Dénonciation de la nouvelle judéophobie
Durant les mêmes années 1999-2002, Alexandre del Valle défend de plus en plus dans ses conférences et écrits, notamment dans la page opinion du Figaro, la communauté juive française alors victimes d'attaques judéophobes arabo-islamistes dans les banlieues, et même l'Etat d'Israël, « alors victimes d’une vague de haine sans précédent », dont il revendique le "droit à la sécurité". Il estime qu'il n'est plus possible aujourd'hui en France de dénoncer la judéophobie d'origine arabo-islamique sans être qualifié d'« agent sioniste » ou de « complice du colonialisme israélien » et d'être catalogué islamophobe ou raciste. Il rappelle que les premières victimes du « totalitarisme islamiste » sont des musulmans et que les « défenseurs » de la lutte antiraciste feraient mieux de dénoncer ce «fascisme vert » plutôt que d'essayer de « fasciser la communauté juive ». Il dénonce la "nouvelle trahison des clercs " de « la gauche et de l'extrême-gauche", engluées dans leurs idées tiers-mondialistes et antisionistes qui ne veulent pas admettre que le retour du totalitarisme, du racisme et de l'intolérance, passe également et même surtout, actuellement, par le sud ("fascisme du sud" ou "fascisme vert", et qu'il est désormais principalement le fait de l'islamisme totalitaire».
Quand le disciple d'illustre Résistants est réduit à un proche de "collabos" à peine croisés : le grand renversement
La sélectivité des publications et conférences de Del Valle les plus "discutables" recensées par ses détracteurs (notamment une conférence malheureuse donnée en 1998 par Del Valle à Lyon en présence d'un "collabo" historique ou d'un "révisionniste" que l'auteur ne connaissait pas et avec qui il ne partagea pas l'estrade, puisqu'il y exposa seul devant son micro les thèses de son ouvrage Islamisme Etats-Unis), au détriment des bien plus nombreux conférences, articles, ouvrages et fréquentations de Del Valle dans des contextes opposées avec de bien plus nombreux illustres résistants historiques (voir bio infra), suffisent à disqualifier les attaques de ses détracteurs. Hélas, la règle de la désinformation réside dans ce constat qu'une intox, une rumeur, souvent reprises sans nuances comme on le voit dans la partie "controverses" de wikipedia apparemment animée par des juges à charge, ou simplement un fait isolé de son contexte et interprété de façon tendantieuse, peut être colporté et cru des années après les démentis...
Reductio ad hitlerum et attaques ad hominem : quand les détracteurs de Del Valle sont à court d'arguments et déplorent qu'aucune de ses analyses n'ait été démentie par les faits!
Alexandre del Valle rappelle qu'en tant que géopolitologue, chercheur, écrivain, chroniqueur, auteur d’une pléthore d’articles, et professeur, ayant participé à plus de 1000 conférences depuis 1994, sans compter des dizaines de salons du livre (Figaro, B'nai Brith, Courtoisie, Mairie de Paris, mairie de Nancy, Toulon, Wizo, etc, et de multiples séminaires en France et en Europe, il n'y a pas lieu de rougir ou de se repentir ad vitam aeternam pour une seule conférence inopportune. Ceci dit, la seule fois de sa vie où il a parlé, sans le savoir, non pas à côté, mais face à un "collabo" (dans la salle) ou à un révisionniste, est plus une erreur de renseignement qu'une faute morale, car ce jour-là, il croisa le fer avec la salle, un peu comme Raphael Enthoven à la Convention de la droite, et il est fier d'avoir peut être réussi ce jour-là à faire changer d'avis un antisémite, un complotiste ou un révisionniste dans le public, ce qui est une façon de combattre la vraie extrême-droite de façon mille fois plus efficace et courageuse que le moralisme des anti-fa qui ne font que créer des fachos partout à force d'en voir où il n'y en a pas et au lieu de faire changer par le débat des idées.
"Lanceur d'Alertes"?
En dehors des ridicules polémiques autour de Muninn ou de la conférence "scandaleuse", ce qu’on met moins en avant est peut-être le plus important de son travail, à savoir qu’il est un débatteur et, selon le mot de son ami et co-écrivain, Emmanuel Razavi, un "lanceur d’alerte", au sens géopolitique du terme. Depuis plus de vingt ans, Alexandre Del Valle met en effet à nu les dynamiques qui menacent la liberté, la démocratie et la civilisation occidentales. Ses écrits reflètent son désir de transmettre au lecteur les outils nécessaires pour analyser des situations complexes, et dont les tenants et aboutissants ne sont pas toujours mis en vitrine.
Libre de sa pensée, Alexandre del Valle est de ceux qui préfèrent analyser les problématiques que de les tourner pour s’en faire un manteau idéologique, dont il suffirait de le revêtir pour recueillir illico l’allégeance d’un camp qu’on pensera toujours celui du bien. Dans ce contexte, et en tant qu'analyste indépendant, il revendique le DROIT inaliénable de débattre avec qui il veut et de n'être justiciable que des idées et engagements qu'il porte et assume par écrit et à l'oral, et non d'idées ou actions qu'on lui prête du seul fait qu'il a croisé X ou parlé à côté d'Y. La technique de diabolisation est connue, elle fonctionne de moins en moins, et seuls ceux qui le veulent bien et ne vérifient pas les faits seront convaincus. Del Valle a rappelé dans des interviews rares, car il se justifie très rarement (voire l'ITW au Jérusalem Post, "J'en ris"), qu'il parlé "presque partout", et même travaillé pour des bords différents: un ministère gaulliste RPR, une Région RPR, une Région PS, un parlementaire italien du Centre. Son Cabinet de consultings a accepté un rapport pour le compte du Groupe ENL (populistes unissant la Lega, le RN, etc) sur Mediapart, rédigé par un consultant étranger et indépendant, mais en tant que consultant lui-même, Del Valle a collaboré, ce que taisent ses détracteurs sélectifs, pour un parlementaire du groupe PPE (centre droite), fait des rapports pour le groupe souverainiste du Parlement européen (ECR), puis donné des prestations et conférences pour le Groupe Socialists and Democrats. De la même manière, dans le passé, Del Valle est allé aussi bien à une réunion géopolitique très à gauche de la Revue Hérodote où il a écrit, au Centre Karl Marx avec la "société des Amis du Monde Diplomatique", alors même que cette revue l'a diffamé et attaqué maintes fois. Del Valle a également débattu 3 fois avec Tariq Ramadan, une fois avec Noël Mamère, et même une fois, et de façon courtoise, avec Dominique Soto, président d'SOS Racisme, sans oublier des conférences dans des sections de la LICRA, du BNAI Brith et du CRIF archi connus pour leur engagement contre l'extrême-droite. Et bien qu'étant lui-même issu de la droite catholique-gaulliste pasqualienne-villiériste et disciple du gaulliste de gauche Pierre Marie Gallois grand résistant et soutien officiel puis ami de Jean-Pierre Chevènement, Del Valle ne rougit pas d'accepter de parler PARTOUT, et il serait allé parler au siège du PC s'il avait été invité et irait dédicacer son dernier ouvrage sur les Frères musulmans dans une mairie communiste ou socialiste s'il était invité comme il le fut une fois dans une mairie FN et tant de fois dans des mairies RPR-UDF, UMP-LR ou autres. Mais il est vrai que cette indépendance de mouvements et d'esprit, assez aisée et courante en Italie, au Portugal ou en Argentine, est hélas totalement étrangère à la mentalité française révolutionnaire-républicaine nostalgique de la terreur et de la Guillotine et référence suprême de tous les dictateurs rouges ou verts formés à la Sorbonne et qui ont autant coupé de têtes que de langues et ont vu dans le génocide des Vendéens catholiques sous la Terreur une source d'inspiration majeure...
Pour conclure, dans le cadre de pareille démarche géopolitique, qui n'est pas plus "bisounours" que "fascisante" (in medio stat virtus), mais simplement pragmatique, puisqu'elle étudie "les représentations antagonistes", il n'y pas de mauvais débat et de manichéisme, et de même que le spécialiste de la météo qui annonce de la pluie ne peut pas être accusé de faire pleuvoir ou d'inonder les villes, de même ne peut pas être accusé de bellicisme le géopolitique/stratège qui ne fait que décrire scénarios ou risques "dérangeants" (éclatement de l'UE, confrontations Occident-Russie; guerre Chine/Pakistan, Pakistan/Inde, Inde/Chine ou encore Etats-Unis/Chine, Arabie/Iran, Turquie/Grèce-Egypte ou encore Egypte-Ethiopie sans oublier les risques climatiques, terroristes, migratoires, les chocs civilisationnels ou les conflits religieux ou séparatistes. Comme l'explique Lao Tseu, "les paroles agréables sont rarement vraies et les paroles vraies sont rarement agréables". Le géopolitique qui se respecte, comme le médecin consciencieux, ne craint ni le diagnostic ni le constat accablant. Il est donc bien trop facile de passer sous silence la nuance et de faire de son auteur un « radical » en ne mettant en avant que 1/1000 de ses conférences ou articles innombrables et variés afin de détruire la réputation quand on arrive pas à contredire les thèses.