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Publié par Franck Fauché

CINEMA JEAN-LUC GODARD /Deux ou trois choses que je sais d'elle 1967

La video du film est disponible ici.

Pour Emmanuel Pehau et sa fille.

Synopsis :

Film sur les « étoiles filantes », ces femmes obligées de se prostituer pour nourrir leur famillePortrait de Juliette Jeanson, jeune mère de famille habitant dans un grand ensemble de la région parisienne, qui s'adonne à la prostitution occasionnelle. À travers elle, le portrait est également celui de la société tout entière, et de la région parisienne des années 1960.. « 2 ou 3 choses que je sais d'elle / Elle, la région parisienne. » (Jacquette du filmà.

Témoignagnes :

Jean-Luc Godard : « Le 19 août a été publié dans le journal officiel, une loi sur les services publics de la région parisienne. Deux jours plus tard, Paul Delouvrier est nommé préfet de Paris. La déclaration officielle dit qu'il est équipé de structures bien définies » ; il ajoute : « il est sûr que l’aménagement de la région parisienne va permettre au gouvernement de poursuivre plus facilement sa politique de classe. Et aux grands monopoles d’organiser et d’en orienter l’économie sans tenir compte des besoins et des aspirations à une vie meilleure de ses 8 millions d'habitants. » (en voix-off au début du film)

Marina Vlady, qui a refusé la demande de mariage de Godard juste avant le tournage : « Je n'ai plus entendu sa voix s'adresser directement à moi pendant le tournage. Il me donnait des ordres, des textes à répéter après lui grâce à un système de micro-oreillette. Pour le reste, c'était son assistant, Charles Bitsch, ou bien le chef opérateur, Raoul Coutard, qui m'indiquaient les emplacements à occuper, les mouvements que le personnage de Juliette devait exécuter devant la caméra. J'étais extrêmement mal à l'aise — comme tous les autres acteurs, d'ailleurs. Ce système ne laissait que peu de place aux émotions. Nous étions tous à l'écoute, tendus pour exécuter les ordres. Souvent, Jean-Luc nous piégeait en nous posant une question personnelle. Par exemple, il me demanda : — Définis-toi en un mot, et réponds en regardant droit dans l'objectif.Furieuse, je lançai :— Indifférence ! On peut voir ce plan dans le film au cours d'une scène de café.Cette technique lui a permis d'étayer sa thèse selon laquelle les acteurs sont les meilleurs robots, formule qu'on lui prête et que je soupçonne d'être authentique. Le résultat n'en est pas moins stupéfiant : cette tension dans l'écoute confère à chacun une étrange présence, une inquiétude latente qui choquent et dérangent. Seule la scène avec le petit Christophe Bourseiller, qui joue mon fils, me permet d'être plus naturelle. […] J'ai gardé le souvenir que c'est la seule et unique fois où il m'a laissée improviser. » (Marina Vlady, 24 images/seconde : séquences de mémoire, Paris, Éditions Fayard, 2005, pp. 164-165)

Marie Cardinal : le script de Godard « est un scandale et je le dis. Les "étoiles filantes" ne se prostituent pas pour acheter des robes, elles le font pour nourrir leurs enfants. Les "étoiles filantes" ne vont pas au George V, elles font le tapin du côté des Halles et hantent les hôtels meublés du quartier. Ce ne sont pas des pin-ups, elles sont moches. Présenter l'histoire de ces femmes différemment, c'est trahir leur cause5,6 ! »(Marie Cardinal, Cet été-là, Paris, Nouvelles Éditions Oswald, 1979 ; elle y décrit la période préparatoire du film pp. 53-54)

Avis :

Jean Baptiste Morain : « Les villes changent et la vie s'ennuie dans les cafés (dans deux ans, Mai) ; les cœurs, les âmes grincent comme des portes. Alors vive l'ivresse : trente ans après, le sujet – la construction des grands ensembles et la vie qu'on y mène, une prostitution généralisée – est un sujet comme un autre (cette cité peu riante à la mode gaulliste, proprette, "années 60", est filmée comme Tati filmait les gratte-ciel et de Broca, Brasilia) et fait frémir (le pire arrivait). » (Les Inrockuptibles, Hors série Godard)

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