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Publié par Anthony Le Cazals

DA

C'est amusant de voir comment David Lapoujade, essaye de nous dire qu'avant de courir ou sauter par fulgurance, Deleuze marche pas à pas. Un peu comme si chaque pas enchaîné à un autre était un concept articulé dans un système. Certes, pourquoi pas mais on ne va pas bien loin. Ca n'a pas vraiment d'intérêt de dire cela. Je ne juge pas du vrai ou du faux, juste je ne like pas (cf. DzIT, 185). Je crois que c'est Lapoujade, qui relève en note que chaque concept découle d'une image de la pensée. On ne pensée pas directement mais avec la médiation d'une image, c'est bien pour cela que la pensée de Deleuze n'est pas dialectique, pour prendre le contre-pied de David Lapoujade. Savoir se situer dans les différente images de la pensée, dans les différents cribles qu'elle propose ne relève pas de la réflexivité mais d'un en-deçà ou d'un au-delà de celle-ci suivant la dose de décadence et d'impotence que l'on a contracté une fois dans sa vie. Marquer et affirmer non son propre cas, mais sa rage de vivre, son côté lion voire enfantin, son jailismenet créateur.

 

Il faut imposer son tempo semble vouloir nous dire, Monsieur Lapoujade, sans y parvenir. Y a-t-il un quelconque intérêt à dire que Deleuze marche comme Platon, alors que, non bridé, il n'en reste pas au trot ou quelque pointe d'accélération furtive (virtuelle) mais que sous l'attraction et la cavalcade de Guattari, il se met à sauter les obstacles, à cavaler, bref à rapprocher et recouper directement les problèmes dans différents domaines et voir qu'ils offrent tous les mêmes échappées ou lignes de fuite (non pas une seule). Lapoujade nous montre que Deleuze se met à trotter avec les simulacres (DMA, 49-50) en omettant de nous dire qu'ils les abandonne bien vite. En somme très vite Deleuze répère dans le platonisme ce qui se dérobe à l'autorité du genre que le « Même ».

Déjà dans ses cours sur Bergson de 2002-2004 il ne pouvait s'empêcher de dire que dans le parcours de Bergson qui va de Leibniz à Spinoza (comme celui-là même l'indique) qu'il y a des réminiscences des idées comme si cela était le sine qua non du bergsonisme, « comme si le bergsonisme rejouait à sa façon l'essentiel du platonisme » (DMA, 71). Faut-il préciser que le bergsonisme n'est pas la pensée fluente de Bergson, mais son côté figé, reçu, précipité. Cette autre " totologie " lapoujadienne peut se résumer ainsi : comme si ce qui figé ressemble à ce qui est figé, simple effet de la recognition qui cherche partout le « Même ».

Si part un jeu et une itération de la penser Platon à transformer la fondation, l'incipit en fondement, il n'en reste pas moins que comme l'a relevé Derrida il demeure la dimension de la Chôra chez ce dernier. Monsieur Lapoujade aurait vite fait de me rétorquer que la Chôra est l'indifférencié et l'informel et non le sans-fond. Je lui répondrait que c'est l'affectivité comme fond primordial de la volonté de puissance. Hoho. Mais jous auriez raison ? Mais alors on ne sortirait pas du platonnisme ? Oui si l'on prend les choses par ce bout, par celui de la décadence grecques qui tombe dans la reflexivité ou ce que Badiou montre être le transcendantal bien avant Kant.

Ce que m'a toujours reproché Monsieur Lapoujade, c'est de ne pas jouer le jeu. Ce que m'a parfois reproché (par pontumas) ce cher Patrice Loraux, " le plus grand philosophe vivant " dixit Didi-Hub., c'est sous la figure du dérangeur, d'être méchant à ne pas toujours être là.

La conclusion faussement modeste serait " mais je ne suis personne, juste votre dérangeur ". Mais c'est en retour faire accusation de faiblesse car comme le dit Kafka dans ses conversations c'est toujours le faible qui est dérangé (le francophone répondrait mais en quel sens ?).

 

 

 

 

 

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