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Publié par Anthony Le Cazals

Thomas Henry Huxley, le grand père.


Le 23 novembre 1859, le biologiste britannique Thomas Henry Huxley écrivait la lettre suivante à Charles Darwin : « J’ai terminé votre livre hier [Sur l’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie]. [...] En ce qui concerne vos doctrines, je suis prêt à aller au bûcher si besoin est. [...] Et pour ce qui est des chiens qui vont japper et aboyer, vous devez vous souvenir que certains de vos amis sont doués d’une combativité qui (bien que vous l’avez souvent et à juste titre réprimandée) pourrait bien vous rendre service – j’aiguise mon bec et mes griffes afin d’être prêt. »

Aujourd’hui, tout le monde reconnaît volontiers que si la théorie de Darwin a connu un tel succès, c’est en grande partie grâce à Thomas Huxley, surnommé le « bull-dog de Darwin ». Il s’est entre autre illustré lors d’un débat célèbre, en juin 1860, avec l’archevêque d’Oxford Wilberforce, un opposant à l’évolutionnisme. Cependant, il ne faut pas se méprendre. Huxley n’a pas décidé de défendre l’évolutionnisme en tant que tel. En fait, il était au départ totalement opposé au principe même de l’évolution et a critiqué, en particulier, les travaux de Lamarck. Ce qui l’a séduit dans la version darwinienne de l’évolutionnisme, c’est « la sélection naturelle et la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie » et, évidemment, ses conséquences politiques sur la société humaine.

Dans un texte intitulé The Struggle for Existence in Human Society (La lutte pour l’existence dans la société humaine, 1888), Huxley explique qu' « une des conditions nécessaires, sinon la cause principale, de la lutte pour l’existence, se trouve dans la tendance à se multiplier sans limite, tendance que l’homme partage avec toutes les autres choses vivantes. Il est à noter que cet “accroissez et multipliez” est un commandement traditionnellement beaucoup plus vieux que les dix. [...] Mais, dans une société civilisée, le résultat inévitable d’une telle obéissance est le rétablissement, dans toute son intensité, de la lutte pour l’existence – la guerre de chacun contre tous. [...]. Si d’un côté Ishtar doit régner, elle demandera ses sacrifices humains de l’autre. » On voit clairement ici que l’une des principales sources d’inspiration de la théorie darwinienne de l’évolution est Thomas Malthus. Malthus pense de manièer déterministe que la richesse d’une nation est déterminée par la quantité fixe de ressources naturelles disponibles à l'exploitation sur son territoire. Il ne tient pas compte des découvertes et de la création. Le Japon d’aujourd’hui, avec une densité démographique de 314 habitants/km2 et ne possédant pratiquement pas de matières premières ni de sources d’énergie sur son territoire, devrait selon Malthus souffrir de guerre, de famine et d’épidémie. Ce n’est pas le cas parce que le Japon a développé une richesse certes moins palpable que les minerais précieux mais bien plus fondamentale : la créaton artistique, les inventions technologiques et  décoouvertes scientifiques d'interaction.

 

Julian Huxley, le petit fils.


Le biologiste Julian Huxley, le frère d’Aldous, abonde dans le même sens dans Essays of a Humanist (Essais d’un humaniste, 1964), où il affirme que l’inaptitude des pauvres est déterminée génétiquement et que ceux-ci constituent un fardeau et une menace pour la stabilité de la société : « Bien trop souvent, ils [les pauvres] doivent être soutenus par des aides publiques et deviennent un fardeau pour la communauté. Malheureusement, ils ne sont pas dissuadés de mener leurs affaires de reproduction : et la taille moyenne de leurs familles est très grande, beaucoup plus grande que la moyenne de l’ensemble du pays. « Des tests d’intelligence et autres ont révélé qu’ils avaient un QI moyen très bas ; et nous avons des indications qu’ils sont génétiquement sous-normaux dans bien d’autres qualités comme l’initiative, la persévérance, le désir et l’intérêt général de découverte, l’énergie, l’intensité émotionnelle et le pouvoir de volonté. Dans l’ensemble, leur misère et manque de prévoyance ne sont pas leur faute mais leur malchance : notre système social fournit un terrain sur lequel ils peuvent croître et multiplier, mais sans espoir d’éviter la pauvreté et la misère noire. » De plus, pour Huxley, il n’y a pas que les pauvres et les tarés qui sont inférieurs. Il écrit dans L’Homme, cet être unique (1941) : « Je considère comme absolument probable que les nègres authentiques ont une intelligence moyenne légèrement inférieure à celles des Blancs ou des Jaunes. »

L'ANTI-DARWIN 2 / Je demande la famille Huxley
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