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Publié par Anthony Le Cazals

L’hyperbole est une surenchère métaphysique, en cela elle est connectée à la détresse de l’esprit parfois interminable. C’est par l'hyperbole du « même », du « en tant que tel », bref de « l'essence », que l’existence « se chosifie », comme si la « chosification » pouvait exister. Ce qui a lieu c’est l’intériorisation de la mauvaise conscience, du ressentiment et de la peur issue d’une crise ou d’une terreur et de là une hémiplégie 135 face à toute initiative. Kant a bien montré qu’il n’y a que de l’« extériorité », on a beau couper une chose en éléments, on n’obtient que de l’extériorité. Il en est malheureusement resté le sensualisme du « phénomène », le « faitalisme* » qui fera dire par exemple à Husserl que « la Terre ne se meut pas » NzBM°I,10. La surenchère a une autre composante que l’on pourrait nommer prégnance des mots, c’est le « nominalisme de l’idéalisme » ou encore le « réalisme du jeu ». Le « nominalisme de l’idéalisme », c’est quand on finit par s’ajuster par manque d’imagination aux concepts que d’autres ont forgé avant vous, une image est souvent donnée : c’est quand Pierre s’adapte et se fond dans les vêtements de Paul, d’autant plus que ceux-ci ont une dimension chimérique et qu’ils sont échangeables. Si on joue au « réalisme du jeu », on n’a plus de distance avec son propre rôle. Tout cela n’est que penser à l’emporte-pièce. Les Grecs ont eu, comme notre époque par la précarité salutaire* qu’elle génère à présent, un rapport distancié aux différents rôles qu’ils jouaient, ils subirent une étonnante métamorphose en devenant comédiens, en se tenant ainsi loin de la décadence. Pourtant Nietzsche, en moraliste invite à ne pas les imiter à tous égards.

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