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Publié par Anthony

La révolte des marins de la base de Cronstadt le 1er Mars est l'expression d'une réaction violente contre les mesures autoritaires du parti bolchevique et non pas, comme tentent de l'accréditer les « historiens » soviétiques, un « mouvement de Blanc contre-révolutionnaire ». Les marins de Cronstadt, dont Trotski déclarait qu'ils étaient « l'honneur et la gloire de la révolution »., entrent en rébellion par solidarité avec les ouvriers en grève de Petrograd au cri de : « Vivent les soviets sans les bolcheviks ! » et ils réclament la fin de la dictature bolchevique. L’Histoire officiel soviétiques a voulu et a très bien réussi à faire passe cette révolte pour une révolution blanche contre-révolutionnaire. Lisez de Jean-Jacques Marie, Cronstadt, Fayard dont voici une critique que l’on retourve un peu partout sur internet :

 

 

Certains livres échappent à leurs auteurs. Ils illustrent une thèse, mais c'est une autre qui s'impose dans l'esprit du lecteur. Cette mésaventure vient d'arriver à Jean-Jacques Marie, historien trotskiste et néanmoins scrupuleux, qui nous raconte la dramatique histoire des marins de Cronstadt révoltés contre le pouvoir bolchevique pendant la révolution... Jean-Jacques Marie conte en détail, de la manière la plus honnête et précise, le déroulement de cette affaire tragique où la révolution écrase ses enfants les plus valeureux au nom de la raison d'Etat. Mais par une série de remarques et d'arguments soigneusement distillés, il défend aussi une thèse : aussi sympathiques soient-ils, explique-t-il, les marins de Cronstadt voulaient rétablir un début de propriété privée et mettre fin à la dictature bolchevique en instaurant les libertés publiques. Ces mesures, suggère-t-il avec insistance, auraient fait avorter la révolution communiste radicale portée par le parti bolchevique. Autrement dit, Lénine ne pouvait pas céder à la révolte, sauf à abandonner la «dictature du prolétariat», qui était au coeur de son projet historique. Les marins, donc, ont mérité leur sort. C'est là que le capricieux lecteur, soudain, échappe à l'auteur. Car les revendications des marins, consignées dans un texte magnifique voté au début de la révolte, dessinent un projet politique alternatif à celui de Lénine qui aurait épargné aux peuples de Russie les immenses souffrances du communisme tyrannique... Bref, la révolte des marins de Cronstadt ouvrait la porte de l'histoire sur un socialisme en liberté, pluraliste en politique, pragmatique en économie. Tel était le véritable danger couru par les bolcheviques : voir émerger non la contre-révolution mais une autre conception de la révolution. Perspective insupportable pour l'esprit fanatique de Lénine et de Trotski. A la satisfaction de Jean-Jacques Marie et à la tristesse de son lecteur, ces héros du socialisme libre n'ont eu en récompense de leur courage que les balles de l'Armée rouge et les poteaux d'exécution de la Tcheka.

Laurent Joffrin - Le Nouvel Observateur du 19 janvier 2006

 

 

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