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Publié par Le Cazals

Nous allons cette semaine mettre en ligne une séire de courtes pensées ,qui datent en fait de décembre, qui s'enchaînent avant de reprendre sur notre cycle Badiou. vMerci à Thanh pour leur saisie. Anthony

 

PENSEE / Epoques à conjectures
PENSEE / Nous les Hyperboréens...
PENSEE / Sortir de Foucault
PENSEE / L'affermissement de la personnalité
PENSEE / Récuser le concept d’être
PENSEE / S’il n’y a pas réellement de forces du dehors
SIGNES D'UNE PHILOSOPHIE A VENIR / L'émergence
SIGNES D'UNE PHILOSOPHIE A VENIR / La brèche

Toute époque qui veut la vérité et se retourne contre la vie est crépusculaire et décadente. Une époque qui sait se donner ce qui a de l’importance est, native, capable d’enfanter de grandes choses. Ce n’est que récemment qu j’ai compris combien ce que certains nommaient « esprit » n’était que la disposition des corps à ingérer de la littérature et l’effet énergétique de cette indigestion. Ainsi l’esprit d’une époque est-il la capacité qu’ont certains de le voir amplement et de le synthétiser mais c’est aussi l’énergie plus ou moins grande et native qui passe entre chacun, la gründ stimmung, la sentimentalité, les passions ce qui le motive et le met en branle. C’est ainsi que l’on comprend qu’il y a coexistence entre la création et le « peuple » plus qu’une hiérarchie. Si elles sont suffisamment fortes les natures créatrices n’ont pas à se réfugier dans une serre loin de la bêtise et la médiocrité contre lesquelles elles mènent un combat, peut-on dire de chaque instant.

 

Un jour l’on comprendra, l’on atteindra le point où la société deviendra affective ou dionysienne c’est-à-dire que sous l’effet d’un délire, d’un enthousiasme, d'un surplus de vie ainsi que d'une synthèse des nouvelles valeurs les corps sont capables d’une grande énergie et ne seront plus contraints par la peur, la haine ou la honte (autrement dit les affects passifs ou passions tristes qui véhiculent l’angoisse, le ressentiment la mauvaise conscience). Ceci aboutira à une modification et de notre affectivité (les hormones qui traversent notre corps et peuplent nos cellules) mais aussi de la plasticité de notre amour. Plus d’audace, plus d’endurance, plus d’inventivité seront alors le fruit d’une auto affection des uns par les autres, d’une constellation de penseurs épars que même Heidegger n’apercevait même pas tant. Il ne savait pas se débrouiller avec les signes qui affectent ou mettent en mouvement ce qu’il y a de « peuple » (imagination ou sensibilité) et non de plèbe (jalousie et amour-propre) en chacun de nous.

 

Que cette transformation d’une partie de l’humanité s’opère, cela a été entrevu par Sri Aurobindo/Krisnhamurti, Spinoza/Schopenhauer/Nietzsche ou quelques maîtres d’art martiaux japonais. Mais ce passage à une surhumanité qui abandonnerait par là bon nombres de ses vielles valeurs morales qui toutes renvoient à Dieu ou à l’unité ( l’Un comme disent les philosophes académiques), ce passage, cette transformation donc requiert l’abandon est de la matérialité (ce que nous accorde Nietzsche) et de la spiritualité (ce qui ne nous accorde que moins, lui qu’en restant au divin, qui se disait Dionysos). Qu’une société soit capable de se donner la plus grande liberté collectivement d’entreprendre sans coercition ni dissuasion, cela est tout à fait concevable. Que l’on passe alors qu’une hiérarchie graduelle (comme celle des entreprises lucratives et institutions étatiques) à une hiérarchie faite d’abîme (c’est-à-dire pour Deleuze d’une coexistence d’autonomies) cela est envisageable si notre pouvoir pour assimiler les grandes évolutions technologiques et scientifiques que constitue l’avènement de la physique quantique ira les nouvelles technologies qui permettront internet.

Sortir de la sphère de la représentation et de la reconnaissance. Dépasser les forces dites « anhistoriques » ou nomades qui a pour dimension l’oubli (celles des processus) et dépasser les forces « supra-historiques » ou extatiques que l’on retrouve en art ou en religion et qui ont pour dimension l’éternel. Dépasser l’oubli et l’éternel pour simplement inscrire, ce sont deux formes de délire, le processus et l’extase. Alors se pose la question de savoir si l’on peut considérer l’énoncé socratique «  toute grande chose naît d’un combat ». Dans la durée les deux se concilient puisque le combat succède au délire en tant qu’happax.

 


Edti 23/6/8 : Suite directe de cet article : Notre époque et la subjectivité

 

 

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