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Publié par Anthony Le Cazals

Deux articles :

- l'un de Mendès à cette rentrée.

- l'autre de débattre à Paris 8 en avril dernier

INFOS PARIS 8 / Le démantèlement de Vincennes.
Du devenir France-Télécom de l'Université Paris 8 "Vincennes à Saint-Denis"

Le 6 avril 2010, j'écrivais ceci :

"Il faut savoir que cette université «en mouvement» souffre de deux affections majeures, par lesquelles elle peut être plus complexe que la ville de Téhéran. Elle est d'abord frappée d'une schizoïde pragmatique contre-utopique: ainsi la voit-on voter les motions les plus révolutionnaires pour mettre en œuvre, à cause de l'argument de réalité (c'est-à-dire, mais ne le répétez pas, l'État, le Ministère – ah ! le Ministère - et toutes les choses importantes comme l'économie, l'image, la réputation, etc.) l'exact contraire des motions votées, l'exact contraire étant toujours accompagné d'une mélancolie critique très seyante et très douce. Ensuite, elle souffre d'une tendance à l'auto-satisfaction historique à pulsion ultra-conformiste: soit le délicieux sentiment d'avoir goûté au péché (ainsi la grande Exposition des «j'y étais» des 40 ans de la fondation du centre pédagogique expérimental de Vincennes) toujours doublé de la contrition parfaite au sens de saint Thomas d'Aquin : tristesse du péché, ferme sentiment sur l'avenir qui doit être enfin conforme à toute conformité réputée conforme. De même qu'il faut un révolutionnaire pour faire Thermidor, il faut un post-vincennois intime avec le péché pour devenir un être excellent, un pôle d'excellence, une excellence en soi, par soi et pour soi: c'est ainsi que, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité et de l'humanisme critique, les grands hommes disent et font savoir au reste du monde qu'ils sont grands ...

L'Université de Saint-Denis est désormais un peu comme le martyr du même nom, à la grandeur raccourcie: elle porte sa tête sous son bras devant les impies (les Autorités). Mais ce que le martyrologe ne dit pas, et qu'il faudra désormais ajouter à la liste des saintes douleurs, c'est qu'on voudrait enfin se couper la tête pour se réconcilier avec l'air du temps et surtout, et avant tout, pour endurer le regard inexpressif (mais pouvant s'animer) de la sphinge du Ministère."

Par une sorte de réflexe de classe, je n'avais parlé au fond que des enseignants. Mais j'avais oublié de "prophétiser" pour le personnel "BIATOSS". Un mémoire de L3 le fait avec froideur et précision. Paris 8, c'est beau comme France-Télécom.

Le mémoire de Léo Reynes

Vincennes se meurt, Vincennes est morte


- La « reconfiguration » « sans chevauchement thématique » entre Paris 10 et Paris 8 des écoles doctorales, autrement dit : fusionner les écoles doctorales proposant les mêmes disciplines. Quid des doctorants, des labos, des directeurs de thèses, des BIATOSS ?

- « renforcer une dimension de bonnes pratiques » concernant les taux de non-financement des doctorants, autrement dit : ne plus permettre à nos doctorants non-boursiers ou non-financés de s’inscrire librement, ce qui toucherait la moitié de nos 1400 doctorants.

> - créer un doctorat Paris 10/ Paris 8…

- « rationaliser l’offre de formation » au niveau master dans les domaines des arts du spectacle, de la psychologie, de l’information communication et des humanités numériques… ce n’est que le début de la fusion des diplômes

- « éviter dès la rentrée prochaine les chevauchements entre la licence et le master de Science Politique de Paris 8 et du nouveau Collège d’études politiques du PRES », autrement dit : dès la rentrée prochaine les diplômes de sciences politiques vont disparaître de Paris 8 ?

- mettre en place les innovations pédagogiques conformément aux engagements du PRES…

- l’IED, les PUV, la bibliothèque doivent mener des opérations en lien avec Paris 10 ou directement au niveau du PRES et des « pistes de mutualisation seront étudiées » autrement dit : après les écoles doctorales et certaines disciplines voilà les prochains services qui devront fusionner…

- intégrer les outils de suivi analytique des finances, des ressources humaines et de l’immobilier, du schéma directeur du numérique dans le PRES… ah ! autonomie des universités quand tu nous tiens !!

- "fixer un objectif d’accroissement des ressources propres" : par la recherche, les études, les prestations de service et la formation continue… autrement dit : nous ne sommes plus une université publique mais une entreprise qui doit faire du chiffre… le tout accompagné d’indicateurs de performance.

***


Depuis notre première mobilisation contre le PRES, nous alertions l’ensemble de l’université et la direction sur les dangers qui pesaient sur notre université et aujourd’hui tout est finalement écrit noir sur blanc !! La fin des "tout va très bien Madame la marquise" a sonné !!

Il n’est pas trop tard pour agir mais c’est notre dernière chance car la COMUE n’est pas encore votée par notre CA (même si le ministère ne parle déjà plus de PRES) alors, poursuivons la mobilisation.

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