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Publié par Anthony Le Cazals

Tout ce jeu d’équivocité qui tendrait à faire de l’interlocuteur un adversaire réactionnaire, ne vise qu’à une chose : permettre dans l’épaisseur du texte de réussir la retraite « subjective ». La « subjectivité » n’est que l’envers du métabolisme du Dépeupleur. C’est le principe de la longue retraite ou longue marche. Cette anabase ce « trajet à l'envers », n’est qu’une marche de repli pour la conservation des forces. Badiou dans Le siècle BdLS relève déjà deux poèmes intitulés Anabase, celui de Saint-John Perse et celui de Ceylan ; il en fait un commentaire lors de son séminaire de novembre 1999. Ayant affirmé que les règles de l'action militaire découlent toutes d'un seul principe fondamental : « s'efforcer de conserver ses forces et d'anéantir celles de l'ennemi », Mao n'a de cesse de faire remarquer que si l'offensive décide de l'issue de la guerre, la capacité défensive en détermine la consistance politique. La fameuse « Longue marche » n'est elle-même qu'une conséquence épique de cette vision des choses. Elle est une immense retraite stratégique, visant, au prix de terribles sacrifices, à conserver l'essentiel : l'existence d'un corps subjectivé, d'une Armée rouge politique. Elle n'a dû son existence qu'au traitement très conflictuel du « problème militaire ». Mao et ses partisans s'opposant à tous ceux qui refusaient le repli. Mao a là-dessus une saisissante formule : « Lorsqu'on abandonne un territoire, c'est pour conserver ce territoire », Alain Badiou BdLM_521. Le Sujet Badiou ne vise dès lors qu'à sa propre conservation, celle-ci lui permettant la capture de tous les énoncés qui lui parviennent et auquel il ne répond que par le biais d'un livre. Dépeupleur mais à quel prix ? Celui d’un nihilisme aristocratique séminaire 2002-2003 et lettre à Badiou Affirmation II.

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