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Publié par Anthony Le Cazals

Le capable n’est pas le virtuel non plus. — L’intérêt avec la capacité, c’est qu’elle n’a pas recours au virtuel mais aux potentiels effectifs. De toute évidence les gens capables ne sont pas virtuels. Il est inutile de chercher des signes de ce qui est invisible ou inobservable. On est, en situation, capable ou non de fournir l’effort nécessaire. L’éternel retour sélectionne ce qui s’affirme. Il s’agit de savoir comment nous pouvons développer une capacité alors qu’aucune vérité ne nous porte ni ne nous transit. Plus simplement des signes vous appellent, vous indiquent comment retourner une situation en votre faveur. Etre capable ou plutôt le devenir et filer droit vers les signes. Le capable biaise alors la réciprocité du possible et du réel, sans même recourir au virtuel comme une chose en soi. Là est sa force et son autonomie par rapport à tout Dieu. Nous ne désignons plus alors le même réel, ce qui ne se laisse pas voir, au sens profond de Nietzsche, c’est l’autonomie, c’est la liberté. Tout cela tient de l’invisible, de l’inexpérimentable pour qui refuse de s’immerger dans la réalité. L’invisible est l’expérience que fait celui qui reste prisonnier des textes et des institutions. L’invisible est un fantasme que rend inutile la capacité. C’est parfois l’« être » nous dit-on, parfois le « néant ». Nous sortons de l’intelligible qui ramène tout à du statique et surgissent alors un entendement réformé, une nouvelle appréhension de la réalité qui s’appuie sur des affects actifs et non sur des affections, non sur des liens comme on en vit au quotidien. On s’appuie alors sur une sensibilité pascalienne propre à résoudre tous les problèmes et à donner des solutions créatrices : Pascal a inventé la machine à calculer et a mis en place le premier transport hippomobile en commun (carrosse à cinq sols). Précisons bien pour comprendre Spinoza que les affects ou les signes ne sont pas des affections. Les affections portent sur d’autres affections, les affects influent sur la capacité elle-même, ils éveillent ou éteignent, si on ne sait pas les aborder, l’aptitude à résoudre des problèmes. À savoir s’orienter dans les signes, on se met dans de meilleures conditions. D’où l’intérêt pour les affects porteurs d’intensité et avec, à la clé, ce qui doit être affirmé : l’éternité, le fait d’avoir atteint une capacité inouïe qui rend apte à esquiver tous les problèmes, ces embûches qui nous viennent dans les pieds. Les problèmes sont des croche-pieds non des casse-tête.

 

Comme il y a au moins trois régimes d’éternité, il y a trois capacités qu’il faut travailler dans l’effort. La grandeur d’une civilisation s’y joue mais c’est aussi ce qui la rend plus proche de sa disparition. La capacité hétéronome est soucieuse, elle ne pense qu’à accumuler profit ou reconnaissance, en prévision de cet ailleurs. Son pendant est la résignation des humbles et des modestes. La capacité homonome reconnaît des absolus, des invisibles inaccessibles, elle parle d’infini pour nous suggérer combien, « ici-bas », nous sommes finis. La capacité autonome est porteuse de « fini illimité », de situations sans cesse renversées et subverties. Chaque capacité a sa tonalité, sa sensibilité ou son mode de reconnaissance. Ce que l’on peut répéter c’est qu’il y autant de capacités que de régimes de pensée ou d’actions mais ce qui importe  727-729, dans chacune direction, quelle que soit la capacité (hétéronome – homonome – autonome) c’est de mettre en œuvre tout ce que peut une volonté de puissance ou capacité d’énergie car comme dit Nietzsche qu’elle soit de succession, convaincue d’immortalité ou au présent, il y va de l’éternité !

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