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Publié par Anthony Le Cazals

D’ores et déjà, on livre ici, un manifeste, un traité, un programme. Ce n’est rien d’autres par ordre d’apparition qu’un décalage par rapport au monde avec des signes de connivences propres à ceux qui sont décalés, des affects communs, qu’une critique de la substance et du sujet par la mise en mouvement et en lumière, et enfin qu’une expérimentation de soi au travers des transmutations que génèrent combats et rebonds.  Il n’est pas question de vérité mais plutôt de ce qui a de l’importance pour chaque situation, pour chaque époque, pour chaque culture sacrificielle ou de haute définition. Cela repose sur les affects et les forces qui nous assaillent entre chaque pensée, chaque intuition. Aller chercher ses affects là où la réflexion par un jeu de miroir les nie. S’arracher à soi plutôt que de se convertir en un sujet préétabli connecté à l’universel. Indiquer ce qui a de l’importance ce n’est pas philosopher, méditer comme si cela était des fins en soi. Ça n’a pas cette prétention, c’est juste penser pour agir, pour saisir ce qu’il y a de plus imprévisible, de plus imperceptible pour un présent donné. Platon disait nous nous rendons malheureux, parce que nous ne savons pas ce qui a de l’importance. Les vérités et les sentiments tiennent plus de la prétention que de l’importance. La question que posait alors Foucault était la suivante : est-il possible d’envisager la philosophie comme une pensée ? Question déroutante tant nous sommes habitués au point de vue inverse de promotion d’une pensée que serait la philosophie. Comment se fait-il que la philosophie se soit accaparé la pensée ? Peut-être parce que la philosophie est effort sur soi, c’est-à-dire que la philosophie est avant tout thérapeutique ou formatrice mais non la pensée. C’est aussi ce que suggère Heidegger tout en exposant le renversement de sa propre pensée  :


Nul ne sait quel sera le destin de la pensée. En 1964, dans une conférence que je n'ai pas prononcée moi-même mais dont le texte a été lu en traduction française, j'ai parlé de la fin de la philosophie et de la tâche de la pensée. J'y ai fait une distinction entre philosophie c'est-à-dire la métaphysique, et la pensée telle que je l'entends. Cette pensée est, fondamentalement, quant à la chose même, beaucoup plus simple que la philosophie, mais, en conséquence, beaucoup plus difficile à accomplir, et elle  exige un nouveau soin apporté au langage, et non une invention de termes nouveaux, comme je l'avais pensé jadis; bien plutôt un retour à la teneur originale de la langue qui nous est propre mais qui est en proie à un dépérissement continuel. Un penseur à venir… sera peut-être placé devant la tâche d'assumer effectivement cette pensée que j'essaie seulement de préparer entretien sur « la question de l’être » disponible sur la toile.

 

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