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CORPS-ESPRIT / Les théories de l'information intégrée et de l'espace de travail global

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Les théories de l'information intégrée et de l'espace de travail global

Parmi les tentatives contemporaines les plus influentes de résoudre le problème difficile de la conscience figurent la Théorie de l'Information Intégrée (Integrated Information Theory, IIT) développée par Giulio Tononi et la Théorie de l'Espace de Travail Global (Global Workspace Theory, GWT) proposée par Bernard Baars et développée par Stanislas Dehaene. La IIT propose que la conscience correspond exactement à l'information intégrée (Φ, phi) dans un système, c'est-à-dire à la quantité d'information générée par le système au-delà de celle générée par ses parties prises indépendamment. Selon cette théorie, tout système qui intègre de l'information de manière non triviale possède un degré de conscience correspondant, ce qui conduit à une forme de panpsychisme selon laquelle même les systèmes simples comme les photodiodes ou les protons possèdent une expérience subjective rudimentaire. La IIT prédit également des phénomènes contre-intuitifs comme la possibilité que certains systèmes artificiels soient plus conscients que les humains, ou que la conscience puisse être localisée dans des sous-systèmes du cerveau plutôt que dans l'ensemble du système nerveux. La Théorie de l'Espace de Travail Global adopte une approche différente en identifiant la conscience à la diffusion globale d'information dans l'ensemble du cortex cérébral via un réseau d'aires associatives hautement interconnectées. Selon cette théorie, l'information devient consciente quand elle accède à cet espace de travail global et devient ainsi disponible pour l'ensemble des processus cognitifs (mémoire de travail, planification, rapport verbal, contrôle attentionnel). Cette approche s'appuie sur une base empirique solide, notamment les études sur le "flash de conscience" qui révèlent une signature neuronale spécifique de l'accès conscient caractérisée par une vague d'activation tardive (300-500 ms) impliquant les régions frontoparietales et par des phénomènes de synchronisation à long distance. Cependant, ces théories, malgré leur sophistication, ne résolvent pas complètement le problème difficile : elles spécifient les conditions fonctionnelles ou informationnelles de la conscience mais n'expliquent pas pourquoi ces conditions particulières s'accompagnent d'expérience subjective. On peut toujours se demander pourquoi l'intégration d'information ou l'accès à l'espace de travail global ne se déroulent pas de manière purement inconsciente, comme un zombie philosophique qui présenterait exactement les même propriétés fonctionnelles et comportementales qu'un être conscient mais sans expérience subjective.

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