Pages

Archives

Publié par La Philosophie

La tyrannie est pour Platon une corruption de la démocratie alors que pour le néoplatonisme la tyrannie provient de personnes qui y sont enclines par nature. La tendance tyrannique se renforce par l'impunité qu'elle génère mais surtout par la lâcheté et la paresse de ceux qui devraient y mettre un terme, par leur faiblesse. Le tyran est dit être le "berger des peuples", leur "petit père", le conducteur impérieux du troupeau (Guide, Duce, Conducator).

Le mot tyran, peut-être d'origine lydienne, a été appliqué pour la première fois au VIIIe siècle av. J.-C. au roi lydien Gygès par le sophiste Hippias d'Élis. On retrouve Gygès dans le symbole de Gygès autrement appelé anneau de Gygès dans la Politéia de Platon : « [359b] Et que ceux qui la pratiquent [la justice], la pratiquent contraints par impuissance à agir injustement, nous le percevrions mieux si nous faisions ce que voici [359c] par la pensée : donnant à chacun le pouvoir de faire ce qu'il veut, au juste aussi bien qu'à l'injuste, suivons-les ensuite attentivement pour voir où son désir (hè epithumia) conduira chacun. Nous prendrions sans doute le juste en flagrant-délit de suivre la même voie que l'injuste, du fait du besoin d'avoir plus que les autres que toute nature est par nature poussée à rechercher comme un bien, mais qui, par la loi et la force, est détourné vers la vénération de l'égalité. La licence dont je parle serait telle au plus haut point si leur était donné un pouvoir tel que celui qui jadis, [359d] dit-on, fut donné à l'ancêtre de Gygès le Lydien. Il était en effet berger au service du roi de Lydie d'alors ; or, au cours d'un violent orage accompagné d'un séïsme, la terre se fendit en quelque sorte et une ouverture béante apparut près de l'endroit où il faisait paître ses troupeaux. Voyant cela et s'émerveillant, il descendit et la fable raconte qu'il vit alors, parmi bien d'autres merveilles, un cheval d'airain, creux, avec des ouvertures, à travers lesquelles, en se penchant, il vit qu'il y avait à l'intérieur un cadavre, qui paraissait plus grand que celui d'un homme, et qui ne portait rien d'autre que, à [359e] la main, un anneau d'or, qu'il retira en sortant. Lorsque arriva le jour de l'assemblée habituelle des bergers, en vue d'aller faire au roi le rapport mensuel sur l'état des troupeaux, il y vint aussi, portant cet anneau. Lors donc qu'il était assis au milieu des autres, il lui arriva par hasard de tourner le chaton de la bague vers lui à l'intérieur de sa main, ce qu'ayant fait, il devint [360a] invisible à ceux qui étaient assis avec lui, et ils parlaient de lui comme s'il était parti. Et lui de s'émerveiller et, manipulant à nouveau à tâton l'anneau, il tourna le chaton vers l'extérieur et, en le tournant, redevint visible. Réfléchissant à tout cela, il refit l'expérience avec l'anneau pour voir s'il avit bien ce pouvoir et en arriva à la conclusion qu'en tournant le chaton vers l'intérieur, il devenait invisible, vers l'extérieur, visible. Ayant perçu cela, il fit aussitôt en sorte de devenir l'un des messagers auprès du roi et, sitôt arrivé, [360b] ayant séduit sa femme, il s'appliqua avec elle à tuer le roi et prit ainsi le pouvoir. »

A l'époque contemporaine deux philosophe ont souhaité être philosophe-roi, Alain badiou et Bernard Stiegler (à partir de 2016).

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article