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Publié par Gilles Andecq

Socialisme ou Barbarie existe de 1949 à 1967. Issu tendance Chaulieu-Montal (Castoriadis-Lefort) dans le PCI. En 1956, Socialisme ou Barbarie compte une vingtaine de membres, une douzaine selon Simon (6a) ; à son « apogée », au printemps 1961, il revendique 87 membres dont 44 à Paris. (1) Il y a deux scission importantte 1959 et 1963. On pense que les deux nouvelles tendances, entre Lefort, Simon, Mothé d'une part et Castroiadis et Véga d'autre part, sont dues au fait que Chaulieu et Alberto risquaient continuellement d’être expulsés.

D’une part un pôle « à la Lefort », du nom de ce philosophe qui voyait dans le peuple un «non-pouvoir», une puissance rappelant sans cesse aux gouvernants qu’il ne faut pas l’opprimer. Dans cette perspective, la gauche radicale se contenterait d’exercer une pression sur les élites traditionnelles, confirmant les interprétations du populisme comme «symptôme» d’un dysfonctionnement démocratique. D’autre part un pôle « à la Castoriadis », du nom de ce philosophe qui pariait sur le pouvoir instituant du peuple et sur ses capacités d’autogouvernement.

 

Membres

Helen Arnold (« Helen Gérard »). Née en 1941 aux États-Unis, traductrice, elle rejoint le groupe en 1961 et participe, après la scission de 1963, à Socialisme ou Barbarie. Elle est la compagne de Daniel Blanchard. (1)

Daniel Blanchard (« P. Canjuers »). Né en 1934, écrivain, poète et traducteur, il adhère au groupe en 1957 et participe, après la scission de 1963, à Socialisme ou Barbarie. Compagnon de Helen Arnold, il a pris l’initiative de contacter Debord fin 1959. Son pseudonyme vient de Plan de (1)

Cornélius Castoriadis (« Chaulieu ») : article spécifique à venir. Castoriadis, en 1962, s’appuya sur l’orientation de Ria Stone, pseudonyme de Grace Lee, une des principales figures de Correspondence, pour justifier le nouveau cours qu’il entendait donner au groupe.

Guy Debord. Fit un bref passage au sein du groupe. Y attira les frères Girard qui appartenaient aux jeunes du groupe.

Sébastien de Diesbach Entré au sein de l’organisation en même temps que Daniel Blanchard, il est l’auteur de La révolution impossible. Mes années avec Socialisme ou Barbarie, Paris, 2013

Daniel Ferrand (« Galois »). Né en 1941, mathématicien, (ancien) professeur à l’université de Rennes 1, il participe aux activités du groupe à partir de 1959.  (1)

Dominique Gautrat. Née en 1947, professeur de français, elle est la fille de Jacques Gautrat (Mothé) et de Martine Vidal. Adolescente, elle assiste ponctuellement à des activités de Socialisme ou Barbarie. En 1969, elle rejoint Pouvoir Ouvrier peu de temps avant l’auto-dissolution du groupe.  (1)

Jacques Gautrat (« Mothé »).

Philippe Guillaume. Pseudonyme de Cyril de Bauplan. Dit le « vieux Guillaume » pour le distinguer de Pierre Guillaume, également membre du groupe. Il participe à Socialisme ou Barbarie depuis le début. Il est également « gérant » de la revue pendant un certain temps, sous le nom de P. Rousseau.

Pierre Guillaume.

Raymond Hirzel. Il milite à la FFGC et vient de temps à autre à Socialisme ou Barbarie, sans qu’il soit clair s’il est effectivement ou non un adhérent. Plus tard, il a accueilli des stages d’été de Socialisme ou Barbarie. En 1960, dans le Hameau de la Minière de Vallauria, dans la région de Tende, à la frontière avec l’Italie, Hirzel fonde l’association Neige & Merveilles, dite d’éducation populaire. Un an plus tard, il achète le site de la Minière, et le chantier de reconstruction débute en juillet de cette même année.  (1)

Claude Lefort (« Montal » de son vrai nom Claude Cohen). Quitte socialisme ou Barbarie en 1959 avec Simon. Participera avec Castoriadis aux revues Libre, Textures par la suite.

Jean-François Lyotard (1924-1998) adhère au groupe en 1954 et y demeure jusqu’en 1963, date à laquelle il rejoint Pouvoir Ouvrier (voir plus loin). Au sein de Socialisme ou Barbarie, il est celui qui suit de plus près la guerre d’Algérie. Ses articles de l’époque ont été rassemblés dans La Guerre des Algériens, écrits 1956- 1963, Galilée, 1989. (1)

Georges Petit (« Pétro Georges » ou « Michel Dussart ») : Né en 1921, psychologue, participe au groupe dès sa fondation, en 1949, jusqu’à l’auto-dissolution de Socialisme ou Barbarie en 1967. Il est l’auteur de Retour à Langenstein. Une expérience de la déportation, Paris, Belin, 2001.  (1)

Jacques Signorelli (« André Garros ») : Né en 1921, représentant en matériel dentaire, il milite après la Seconde Guerre Mondiale au sein de la Fraction française de la gauche communiste (FFGC), de tendance bordiguiste, et rejoint Socialisme ou Barbarie en 1950, avec plusieurs autres militants du groupe dont Alberto Véga, et, un peu plus tard, Martine Vidal et Daniel Mothé. Il demeure actif aux côtés de la « Tendance » jusqu’à la fin de Socialisme ou Barbarie en 1967.  (1)

Henri Simon (1922) est membre de Socialisme ou Barbarie de 1952 à 1958 avant de quitter le groupe avec Lefort et de fonder Informations et Liaisons Ouvrières (ILO), qui devint, en 1960, au départ de Lefort, Informations et Correspondances Ouvrières (ICO), qui mena des activités jusqu’en 1975. Il travailla aux Assurances générales vie, de ce fait, il constitua le conseil des Assurances vie, au cours d’un mouvement de grève, c'était une sorte d’organisation conseilliste de lutte. Critique envers les syndicats.  (1). Son apprentissage politique s’est fait par l’activité syndicale, notamment la CGT à partir de 1945.

Pierre Souyri (« Brune »). Il est l’auteur de Le marxisme après Marx (1970), http://www.marxists.org/francais/souryi/works/1970/index.htm.

Alberto Véga

Martine Vidal (Sans pseudo sinon « Marianne : Née en 1924, active d’abord au sein de la FFGC, elle rejoint le groupe en 1952. Enseignante, elle milite également à l’École émancipée. Elle est active au sein de Socialisme ou Barbarie jusqu’à la scission de 1963. Ensuite, elle participe à Pouvoir Ouvrier jusqu’à son auto-dissolution en 1969. Elle fut la compagne de Daniel Mothé puis de Véga.  (1)


Personnes proches du groupe

Pierre Bois (1922-2002) : principal animateur de Voix ouvrière, issue du Syndicat Démocratique Renault (SDR) (6a), organisation qui deviendra Lutte ouvrière. Il semble que Bois n’ait jamais été membre de Socialisme ou Barbarie, mais il participait, avec Mothé et Hirzel, à Tribune ouvrière (Bois jusqu’en 1956, avant de lancer Voix ouvrière).  (1)

Alain Girard.

André Girard (1940).  l’un des jeunes proches de Socialisme ou Barbarie et attirés par Debord lors de son passage au sein du groupe, est au début de l’année 1962 insoumis et se cache en Belgique. (1)

Georges Fontenis (1920-2010). Correspondant. Fut élu secrétaire général de la FA en 1946. Puis Fontenis évincé de la tête de la Fédération anarchiste (FA) car marxiste-libertaire.

Suzanne Voute (?-2001) (« Frédéric » ou « Frédéric/que »), principale animatrice de la Fraction Française de la Gauche Communiste Internationale (1943-1950) avec Alberto Vega (qui lui passe à Socialisme ou Barbarie), elle reconstitue ensuite un groupe bordiguiste à Marseille. Elle participe à l’équipe de Rubel pour l’édition des Oeuvres de K. Marx à la Pléiade. Exclue en 1981 du PC international, elle fonde Les Cahiers du Marxisme Vivant. (3a)


Les revues du groupe

Tribune ouvrière : Journal réalisé par Mothé et d’autres militants de l’usine Renault, Raymond Hirzel, Pierrot Blachier, Gil Devillard, Pierre Bois. Le premier numéro paraît en mai 1954 et, selon le témoignage de Henri Simon, Tribune ouvrière disparaît au moment du départ de Hirzel de chez Renault vers 1962-1963. (1) (4a)
Tribune Ouvrière donnera par scission le mensuel politique Pouvoir Ouvrier (Mothé) et l'organisation Voix Ouvrière (Bois) (6a).

Pouvoir Ouvrier


Les revues suite au groupe

Libre : revue qui succèda à Socialisme ou Barbarie à laquelle participèrent Castoriadis et Lefort

Textures : revue qui succèda à Socialisme ou Barbarie à laquelle participèrent Castoriadis et Lefort

Informations et Correspondances Ouvrières revue menée par Henri Simon de 1960 à 1975. Informations et Liaisons Ouvrières (ILO)


Groupes amis

Correspondence. Groupe politiquement proche de Socialisme ou Barbarie et avec lequel il est en relation depuis sa fondation. Socialisme ou Barbarie a d’ailleurs traduit et publié dans ses premiers numéros (n°1 à 6, de mars/avril 1949 à avril/mai 1950) un long reportage de Paul Romano, membre de Correspondence, « L’ouvrier américain ». De plus, Castoriadis, en 1962, s’appuya sur l’orientation de Ria Stone, pseudonyme de Grace Lee, une des principales figures de Correspondence, pour justifier le nouveau cours qu’il entendait donner au groupe. (1)

Solidarity. Socialism Reaffirmed, fondée en 1960 par d’anciens trotskistes, qui prit vite le nom de Solidarity for Worker’s Power et fut présentée comme une organisation sœur.

Ceux que toutes ces formules ne satisfaisaient pas se sont retrouvés finalement, à peu près tous, à ICO (gars de base, anars de la FA, Noir et Rouge, communistes de Conseil...). Parallèlement à la dégringolade du groupe ILO, le groupe « travailleurs » au contraire s’est peu à peu développé de 1959 à 1967. (6a)


Sources
1. Entretien en 2014 avec Helen Arnold, Daniel Blanchard, Daniel Ferrand, Dominique Gautrat, Georges Petit, Jacques Signorelli, Martine Vidal ;  https://dissidences.hypotheses.org/5691
2. Voir http://www.neige-merveilles.com/association/historique.
3a. Voir http://bataillesocialiste.wordpress.com/biographies/voute-2001/.
4a. http://www.mondialisme.org/spip.php?article1982
5a. http://archivesautonomies.org/spip.php?article64
6a. Témoignage d'Henri  Simon ; https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/spip.php?article416
7a. Témoignage de Claude Lefort ; https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/spip.php?article400

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