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Publié par Anthony Le Cazals

Ce texte est avant tout un pied-de-nez, il s'adresse à des "surdoués" et sera de suite détester des pervers et des paraphilosophes, qui adorent produire des intrications nommés toiles d'araignée par Nietzsche ou Système (rajoutons à vieilles filles) par Leibniz.

Le pervers ou paraphilosophe énoncera toujours une entité vide qui peut-être l'être ou un abîme comme l'autre. Il y a une impuissance du pervers à se saisir des choses. Le pervers doit mettre en place une image du monde fragmentée tout en disant qu'elle cohérente. Il fonctionne par déni pervers, ceci visant à maintenir le disciple, la proie dans l-incapacité à s'activer. Le pervers ou paraphilosophe tend à produire de l'invective contre le monde moderne ou à insulter des contemporains comme le relève Rancière. Il y a une dimension de saisissement par la vérité ou par la grâce chez le paraphilosophe qui exclut tout critère d'importance. Le pervers a nécessité a faire circuler la case vide qui sert de diamant à interprétation. Il y a toujours chez lui une dimension métaphorique de labour ou de sillon dans un espace centré qui fait du divers et de l'héréronome un bruit adversaire, un autre extérieur. Il y a toujours un Corrélat qui serait la vraie vie plutôt que de se jeter dans la poursuite d'une création à risque, d'aller au delà de l'envers de l'abîme (c'est l'image du joueur de flûte qui mène les rats, les soumis êtres génériques à l'abattoir, au précipice. Le libérateur, le sauveur, l'homme d'ecoute de transforme en bourreau. L'expérience "whaou" (celle qui consiste à dire "whaou il est génial on s'entend sur vachement de choses") où l'écoute sert au pervers de séduction et d-identification des failles c'est-à-dire que la fusion affective se transforme en expérience à la renverse, d'apathie, d'anesthésie, de maintien dans le malêtre. Le pervers ou paraphilosophe se sert de cela pour prendre l'énergie qui lui est nécessaire à la constitution de sujet (c'est-à-dire d'une ambition narcissique). Il désigne le sujet comme un appel à conversion, un changement radical mais qui produit surtout de petit "moi" égotistes. Il faut de suite tourner en dérision cette captation que le pervers identifiera comme de l'ironie, de la défiance envers son tétrasyllabisme (1°), son jargon de transposition et de sectaire. Nous comme dans toute époque de moralisation, c'est-à-dire d'accumulation d'energie, sommes pousser à prendre plutôt qu'à donner. Il ne s'agit pas de dire oui à tout mais de faire en sorte que le pervers ne s'accapare pas tout, ne court-circuite pas le don, le trop plein des natures généreuses et débordante (ce que lui nomme comme étant la nécessaire corruption de la jeunesse). Laisser l'adresse flottante plutôt que de venir en réponse ou en réaction. Être indifférent à ses vitupérations contre ce qui existe le plus simplement et qu'il souhaite rendre d'autant inapte que cela serait uniforme (petits individus plaintifs, revendicatifs plutôt que . Le pervers ou paraphilosophe transforme tout ce qui est vif en morbide sous couvert d'éthique de la vraie vie. Il y a toujours une dimension sacrale ou mystique qui pointe plus ou moins rapidement. Il y a donc un jeu vis-à-vis des diverses coutumes traversées avec lesquels le pervers se fait caméléon (l'écoute des suppliques et les revendications est typique du pervers et du paraphilosophe qui trouve là une de ses fonctions, la justification de sa présence, le texte trop clair d'une lettre ne lui permettant pas de trouver les jalons nécessaire à la situation ambiguë du transfert. Fausser, mystifier par le recours à un prétendu esprit, qui n'est que le nom ésotérique de son outil de domination, on retrouve cela chez lui dans la défense de l'autorité qu'il souhaite mettre en place, de la place centrale qu'il souhaite occuper. Pour couper court il parlera toujours de dispersion et vous dissuadera de tout recours externe, car n'est externe que l'Autre à ses yeux. Il a un goût pousser pour le langage cohérent et précis. C'est toujours l'autre qui est monotone. Il fera passer sa morbidité pour de l'intensité. Il y a un rejet du bon vivant chez lui. Il voit dans l'analyse c'est-à-dire dans l'acquisition de la posture du maître quelque chose de sain alors même qu'il n'aura jamais fait d'analyse, de percevant comme sain bien qu'épuisé et angoissé plutôt que fatigué ou stressé. Il y a une colère chez lui mais est-elle différente du "cri du philosophe" (en ce cas pervers parce que réactif). Ce n'est pas un chant ou un rire qui sourit à l'existence mais une longue remontrance. Jeter la faute sur le pervers c'est au final rentrer dans son schéma, se faire réactif : il n'y a pas de pervers narcissiques qui mais toujours une relation à deux pôles. Donner du panache et inviter tout un chacun à débusquer les indices. Apprendre à se méfier avec son besoin esclave de reconnaissance. Être dans la retenue plutôt que dans l'invective. Continuer à faire sans se soucier. Faire un pied de nez à son pervers, lui qui préfère les casse-tête.

La paraphilosophie fait prendre des vessies pour des lanternes, aime les attrape-nigauds, raffolent des disciples là où la philosophie voudra augmenter la capacité et la puissance, mettre à l'aise, s'entourer de gens capables.

Le terme paraphilosophie est formé sur paralittérature, pris à un grand auteur qui rangeait là tout ce qu'il n'osait appeler du terme sous-litterature, c'est assez différent du sens qu'on lui a donné à la fin du XXe siècle pour parler des sous-genres de la littérature. Nous y mettons la Sophistique (Alain Badiou, Alain Soral, Francis Cousin, toute une série de dialecticiens de talent comme Barbara Cassin) ainsi que l'antiphilosophie universitaire (Wittgenstein, Lacan, Plinio Prado, Antonia Soulez, Louis Althusser le giscardien), certains antiphilosophes ont posé que la philosophie était thérapeutique à la manière d'Antiphon (par exemple Prado et Cousin). Mettre dans des cases est aisé s'en écarter requiert du panache... Ils se plaisent à former des concepts pour faire genre, à balancer des idées pour voir l'effet que cela va produire... Le philosophe ne procède par concept et prudence (sauf à demeurer dans l'impasse idéaliste) mais par pensée et endurance, il émet des périphrases, des propositions, bref un minimum d'articulation. La paraphilosophie apparaît quand la philosophie se fait soit clandestine soit furtive, mais se laisse difficilement apprivoisée, se maintenant comme inactuelle. Il revient à chacun de produire de la philosophie, d'embrayer sur les pensées plutôt que de se fixer sur des idées qui ont l'avantage de permettre que l'on dégoise à leur propos.

 

1°) le fait d'employer des mots à quatre syllabes. Mot de Samy le lexicographe.

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