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Publié par La Philosophie


Quant à la définition qu’il donne du néofascisme écoutons-le :
« Avant, nous avions un affrontement classe contre classe qui se ramenait à la dualité bourgeoisie/classe ouvrière. Depuis, le capitalisme a créé un second front, celui de la troisième voie, avec la suprématie des nouvelles couches moyennes, du marché du désir. Ces nouvelles couches moyennes, longtemps embryonnaires, sont devenues hégémoniques. Aujourd’hui, nous avons un nouveau clivage : production/consommation.
Quant aux populismes, il y a d’abord le poujadisme, populisme des commerçants qui veulent lutter contre les multinationales de la production en série. C’est la revendication du non-producteur, du petit commerce parasitaire (profit sans production). Le second populisme, c’est celui de la fin de l’Empire colonial, de l’OAS, des petits blancs ; il exprime la nostalgie de la consommation parasitaire inhérente au colonialisme, la perte du pouvoir de jouissance du petit blanc. Puis on a le troisième populisme : le populisme estudiantin. Il intervient tout de suite après le second, quand il n’y a plus d’Empire, quand les surplus démographiques et culturels s’accumulent à Saint Germain… Le problème de l’étudiant, c’est de ne pas être un ouvrier, ne pas tomber dans la paupérisation. C’est par eux que se développent les couches moyennes, avec de nouvelles catégories d’expression qu’on leur donne que sont la sociologie, la psychologie, l’ethnologie, les sciences humaines, constitutives des métiers du tertiaire et du quaternaire. Un nouveau corps social est alors constitué, sur lequel peut se fonder un nouveau mode de production. Le populisme estudiantin marque alors le passage de l’économie de la rareté à la société de consommation, l’accès à un potentiel de jouissance.
Le problème alors, c’est quand le “tout est permis” devient le “rien n’est possible”. Il y aura à la fois promulgation du nouveau désir et en même temps, impossibilité révélée par la crise de l’accomplissement de ce désir.
C’est cela. Le populisme actuel, celui de Le Pen, n’est autre que le ramassage des déçus de la libération des désirs. Une promesse a été faite, qui se révèle impossible à satisfaire. ».

 

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