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Publié par La Philosophie

Cher Alain Jugnon
Nietzsche fait une propédeutique de la puissance du faux. On peut louer Deleuze juste sur ce point en ce que chacun de ses livres contient une chapitre ou court passage sur la puissance du faux ou ce qu'il nomme par ailleurs la série des faussaires - ils sont quatre. Passons, donc une propédeutique du mensonge idéaliste - puisque comme il le dit c'est un idaliste déçu, un adolescent déniaisé en quelque sorte - et une prosopopée des masques. Dans sa trajectoire éducative, car il a toujours souhaite être enseignant, privat docent pour quelques uns, échangeur de découverte se réuninassant l'été dans la forêt - c'est très allemand que ce passage du "Livre du philosophe" -
Nietzsche semble conserver le cadre métaphysique de la pensée du Tout en ce que l'Eternel retour et la volonté de puissance s'y inscrivent : partout où il a vue de la vie, j'y ai vu de la volonté tournée de puissance, de la volonté vers la puissance et non vers sa négation.
Dire que l'on est nietzschéen, c'est en quelque sorte désavoué la pensée de Nietzsche, ne pas l'avoir endossée totalement, pour la simple raison que Nietzsche a toujours dit qu'il nétait pas un philosophe à disciple. Même dans les rare moment où il se met à dire que "la vérité sort de ma bouche", c'est la bouche d'un masque, celui du philosophe sur la scène du tribunal philosophique - plainte, accusation, intercession.

Certainement que je pratique trop les masques et que vous ne savez pas par ailleurs que nous entretenons une correspondance fort cordiale et amicale. Mais je serias vu comme un "con" pour
Que Nietzsche fasse une prosopopée se retrouve dans ce qu'il entame ses aphorisme par "Nous hommes de connaissance", "Nous, philosophes nouveaux"

Comme il faut avoir un rire d'or avec ses amis, voici deux commentaires sortis de leur chronologie mais le ton général est le leur le permet :

 

Alain Jugnon Anthony Le Cazals , vous êtes un rien malade comme chrétien, vous :-) - priez et laissez la pensée, elle vous abîme.
Alain Jugnon Anthony Le Cazals , Le chrétien qui philosophe est bête et lourd comme Augustin chiant et Thomas se masturbant : ça ne vient jamais.

Quand un type se plante autant, parce qu'on lui signale des contrepoint dans la pensée de Nietzsche, des contradiction vis-à-vis de son nietzschéisme de gauche (syntagme le plus absurde qui soit quant on a congédié la réflexion de Michel Onfray comme une non-pensée de la nouvelle extrême-droite). Alain Jugnon aime cataloguer tout ce qui passe comme chrétien, comme nazi (en parlant de l'extrême centre - le capitalisme n'est pas d'extrême droite mais s'appuie sur celle-ci quand sa survie est en jeu, quand les contre-tendance disruptives (bref les innovations sensés palier la baisse tendancielle du taux de profit) ne sont plus assez fortes. Les propos présentés ici sont assez sérieux, mais sans doute tout cela tient-il de la marge.

Je me permets d'indiquer aux lectrons (au lecteur et à la lectrice réunis) qu'Alain Jugnon a sans doute écrit le meilleur livre de 2016, à savoir son Contre Onfray qui sera toujours prisonnier dans sa réception de l'emblème qu'il attaque et qui lui sert de titre alors qu'il s'agit d'un livre sur le basculement de l'époque. Suit notre réponse.

 

 

Vous parlez de vous-même. Facebook rend bête, pousse à l'invective, fait miroir.

Vous parlez de personne que vous ne connaissez pas, notamment Nietzsche… Simplement parce que j'ose parler des trois fragments "Que mes amis me pardonne..." C'est Nietzsche qui dit que le plus noble des hommes est le Christ (c'est dans l'Antéchrist" et à la fin de "Par delà bien et mal".

Juste ne matérialiste de dire les choses telles qu'elles sont, de prendre les maximum de contradictions en compte, vous fait passer pour chrétien , ce qui dans votre bouche ne veut rien dire en ce que Nietzsche, redéfinissait ce terme, pour dire qu'il était le premier chrétien. Ca ne veut pas dire qu'il croyait au bon Dieu. Par contre il refourguera le Dieu de la tragédie. Je ne crois ni en l'un ni en l'autre. Mais Nietzsche faisant cela est simplement un protestant, comme Tolstoï (à qui il reprend Ma confession ou Ma religion). Juste vous tendriez l'oreille.
 
Vos histoires de conscience sont typiques d'un "Chrétien" plotinesque. Vous êtes désemparé sans conscience, bonne ou mauvaise. La culpabilité et l'esprit de vengeance sont centraux chez Nietzsche, sinon il n'accorderait pas ce dernier aux aristocrates.
 
Je pensais que je parlais à quelqu'un qui avait lu Nietzsche étant donné que vous avez trouvé le fragment sur les humbles. Mais vous écartez tout ce qui ne concerne pas le nietzschéisme de gauche dans lequel vous a fourvoyé Onfray. Vous avez mis un certain temps pour découvrir l'arnaque. Alors que les documentaires sur sa personne montraient déjà le crâne humain sur sa bibliothèque, caché derrière une lettre d'admiratrice. C'est tout le problème étudié par Patrice Loraux du "genre philosophe".
 
Précisément, ce que je cherche à dire c'est que Nietzsche contrairement à vous n'est pas Dieu, bien qu'il se prenne pour un dieu. La dimension "divine" est toujours présente dans ses propos. Vous lisez cela comme une affirmation, alors que c'est une critique, un manque mais une réalité aussi qu'il est difficile d'occulter. Il ne sait pas employer le terme "exquis" il dira toujours "divin" pour ce qu'il le fait vibrer.
 
Quant au nietzschéisme, aux nietzschéens c'est aussi débile que marxiste ou marxien, parce que ce sont deux penseur de l'auto-suppression, du surpassement (dépassement/suppression, aufhebung), les deux grand dialecticiens du XIXe siècle, les deux seuls. C'est parce qu'il manie la dialectique des antinomie comme par un, qu'il peut s'attaquer à la dialectique hégélienne par instinct schopenhauerien. Mais c'est davantage une critique de l'hégélianisme (de la même manière qu'il critique plus le Platonisme système que Platon-homme qu'il voyait comme un grand homme).
 
Nietzsche n'est pas matérialiste et il ne reste pas véritablement Athée (son maître Schopenhauer finit bouddhiste, lequel ne réclame pas de Dieu). Il croit encore trop aux esprit même s'il essaye d'évacuer le terme.
 
Nietzsche n'a pas de disciple, d'interprète fidèle en ce qu'il cherche avant tout à créer des types. C'est pour cela que c'est incongru de se dire nietzschéen, surtout quand ont évacue une grande partie de sa pensée comme vous pour la rendre cohérente avec une pensée de "gauche" "matérialiste" qui a en fait tout du zombie chrétien que vous semblez absolument vouloir voir en moi. Dieu est mort est il veut absolument en faire ressusciter un autre, le dieu tragique, plus que le Dieu de la tragédie. Sur ce point Blanchot ne me contredirait pas en ce qu'il est sur la même longueur d'onde. Mais je n'ai pas besoin de tout ce fatras. Parler du dieu tragique est plus intéressant en ce que la tragédie peut se passer du tragique.

Vous allez encore me dire que tout cela n'est aps présent chez Nietzsche. La lecture de Deleuze était déjà biaisée, elle voulait lui faire des enfants dans le dos. Mais cela devient caricatural quand on lit ou écoute Laruelle.

Il n'y a pas de devenir chez Nietzche, ou plutôt celui-ci est lié à une rédemption toute chrétienne/artistique, simplement parce qu'il finit par congédier l'innocence du devenir. Il ne le crie pas sur les toi, il est toujours dans la retenue. Il suffit de tomber une fois sur les pierre d'achoppement qu'il laisse sur la procession. Au lieu de cela des personnes comme vous se mettent à faire des délire à partir de formules qu'il met en avant.

Mais comme dit Goldschmidt, traducteur de Nietzsche (qui a d'ailleurs rajouté un vers au Zarathoustra), la philosophie n'est pas là où elle est formulée. Libre à vous de vouloir fantasmer votre Nietzsche. Libre à vous de vous illusionner sur Bataille et donc sur Surya (mais ce sont deux nihilistes).

Et par horreur cessez de croire qu'en disant qu'ils sont nihilistes je trahis la pensée de Nietzsche, lui-même se disait nihiliste mais différemment du christianisme (de l'église catholique, puisque c'est elle qu'il critique en premier, en bon fils de protestant). Si vous ne comprenez pas que Nietzsche est un nihiliste transitoire vous ne pouvez solutionner le problème.

Vous vouez aux gémonies tous les défauts que vous voyez chez les autres et que vous projetez sur "moi". Si vous voulez en finir avec le christianisme cessez de parler de conscience du monde, sortez de la triade Dieu-la conscience-le monde. Inventez un autre langage plutôt que de vous claquer sur les terme issu du christianisme. Même mon acosmisme, vous ne le saisissez pas.

Tempérez votre délire, il vous illusionne. Vous croyiez que l'ennemi est le nihilisme chez Nietzsche alors qu'il en fait partie à deux points de vue mais qu'il en appelle à une force d'arrachement. Mais il n'y a que Dionysos contre le crucifié et non pas Dionysos contre le Christ, puisque ce dernier est pour Nietzsche le plus noble des hommes ou comme le conclut Par delà bien est mal, celui qui a le plus de cœur (romantisme pascalien derrière cela).

Arrêtez de faire du deleuzisme, ça mène à l'impasse. Le guattarisme mène à la dépression, bouffé par Lang, il n'est qu'une mode "Radio Tomate"-autonomies régionales. Si vous voulez vous attaquez aux vrais chrétiens attaquez-vous à Anne Querrien qui revient vers ses prépondérances d'enfance. C'était une proche de Guattari.

Vous refusez de voir les socles, les bases, les appuis - qui ne sont pas des fondements. La prégnance du discours fait qu'on ne part pas de rien et qu'il n'est pas, semble-t-il, possible à tout le monde de passer par un détachement vis-à-vis du langage. Posez -vous l'origine de la "conscience", si vous croyez que c'est une conscience qui s'adresse à vous vous plantez (tentez même de la localiser dans mon hypophyse), de la même manière ce n'est pas un inconscient qui s'adresse à vous. Tout cela c'est de la débilité. Je m'attaque voyiez vous aux discours, pas aux personnes. On peut qualifier un auteur sans pour autant essentialiser sa personne, bref restez nietzschéen. C'est une forme d'éternel retour, c'est l'âne/le chameau dans Zarathoustra.
 
Bref, vous êtes pris dans le Dépli et non le Surpli.
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