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Publié par Anthony Le Cazals

A la fin du XIXe siècle, s'opère en France et en Europe le passage du « nationalisme ouvert » (1) au « nationalisme fermé » (1) puis à un « nationalisme revisité » ou « européen ».

Au début du XIXe siècle, le nationalisme participe de l'idée libérale d'autodétermination des peuples et des émancipations nationales dans toutes les révolutions démocratiques, anticoloniales et anti-impérialistes de l'Europe et des Amériques (succession d'indépendances nationales). Ce nationalisme sera celui que pratiquera Charles de Gaulle au XXe siècle. Encore en 1870-1871, en France, c'est la gauche républicaine et sociale qui défend le patriotisme français et refuse de baisser les armes devant  l'envahisseur allemand. Gambetta le républicain, comme la Commune sont animés par cet engouement patriotique et internationaliste puisque rejoint par beaucoup de polonais par exemple.

Puis, avec Boulanger d'abord, et Barrès ensuite, le nationalisme est de plus en plus récupéré par la droite comme force politique. Jusqu'ici les droites traditionnelles invoquaient la souveraineté du monarque, du pape, et non celle du peuple, laissée aux nationalistes libéraux et républicains. Avec l'affaire Dreyfus, les républicains se divisent et, malgré le patriotisme de Jean Jaurès et Georges Clemenceau, la revendication nationaliste devient un étendard de la droite en France et en Europe de l'Ouest avant d'être renouvelée en dehors de cette Europe par la vague anticolonialiste et décentralisatrice de l'après-guerre et des années 1960-70.

L'extrême droite entérinant son échec pour la conservation de l'empire colonial et s'inspirant du lavalisme (socialisme européen) en quelque sorte se repositionnera sur le mythe du « bon européen » et de la « communauté » que formerait « civilisation européenne » même si c'est mal connaître les slaves et le schisme d'orient et d'occident - à vouloir faire exister l'occident pour lui-même puisque cela mène à sa décadence d'être (pléonasme) et à son déclin. Ce nationalisme par un pragmatisme du nombre, place sa xénophobie selon un critère de couleur de peau où la délimitation de l'européen servirait de rempart à une invasion orchestrée de l'extérieur. Précisons que c'est mal connaitre les effets du « métissage » (terme courant impropre puisqu'il reverrait à des « races » qui ne sont que des variétés de taux de mélanine). Précisons encore que c'est ne pas savoir combien les bactéries des milieux qui nous entourent ainsi que celle qui peuplent la lumière de notre tube digestif.

Ces trois formes de nationalismes, correspondent bon gré mal gré aux trois formes du discriminations que sont le racisme religieux (anti-judaïsme chrétien), le racisme biologique et l'actuel racisme culturel. On pourra remarquer que s'opère un renversement stratégique face à une peur démographique, qui était celle que de Gaulle avait saisi en Algérie (le conflit entre « européens » et « indigènes ») et dont les alliances de circonstances (européennes) n'en sont pas moins xénophobes. Si dès lors c'est un occident chrétien (Onfray-Zemmour) ou une Europe païenne (de Benoist) qu'on défend, la culture et derrière elle une religion syncrétique est mise en avant pour repousser l'ennemi et le faire « remigrer ».

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Sources

(0) D'après un article wikipédia amendé et complété

(1) Ces termes sont ceux de la typologie de Michel Winock

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