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Publié par Les étudiants de Paris 8

Si Maxime Brunerie souhaite modifié quelque élément de cet article qu'il se signale.

Nous ne souhaitons lui coller une étiquette politique et lui souhaitons le meilleur devenir. C'est malgré tout un chic type un peu isolé dans sa jeunesse.

Amicalement par delà nos différences. Cet article ne vise pas à le stigmatiser ou à le faire se sentir anarchiste de droite.

Nous espérons que ces quelques mots l'accompagneront dans ses décisions et lui caresserons le coeur.

Maxime Brunerie

MAXIME BRUNERIE

Ancien militant d'extrême droite

Parcours
Né le 21 mai 1977 (1), Maxime Brunerie, étudiant en BTS de comptabilité-gestion, était un militant d'extrême droite néonazi habitué de la tribune du Kop de Boulogne du PSG. Il est le fils d'Annie, ancienne militante RPR, et Jean Brunerie, guitariste. Il avait l'intention d'assassiner le président de la République, Jacques Chirac, afin de s'attirer la célébrité puis de se suicider. Il avait ainsi laissé un message sur le forum internet de Combat 18 : « Regardez la télévision dimanche, la star ce sera moi. Mort au ZOG ! 88 ! » (2) Ces deux tentatives échouèrent.
Maxime Brunerie était proche du groupuscule Unité radicale, au moment de l'assassinat raté, et était membre du Mouvement national républicain, qu'il avait représenté aux élections municipales de 2001 dans le 18e arrondissement de Paris (3). Il avait également fréquenté le milieu du rock identitaire français, et avait contribué à la diffusion de certains disques en Île-de-France, pour le compte du label « Bleu Blanc Rock » (4).

Faits
Il est l'auteur d'une tentative manquée d'assassinat sur le président de la République française Jacques Chirac, le 14 juillet 2002, lors du défilé militaire sur l'avenue des Champs-Élysées. À l'aide d'une carabine .22 Long Rifle préalablement cachée dans un étui à guitare, Maxime Brunerie tire en direction de la voiture présidentielle depuis le trottoir des Champs-Élysées, mais rate sa cible. Des spectateurs le plaquent au sol, avant que la police intervienne et le maîtrise. Selon les Renseignements généraux, Maxime Brunerie, insatisfait, a eu « l'impression d'avoir fait le tour de l'extrême droite ». Il a alors décidé, seul, sans être guidé ni aidé dans son entreprise par un quelconque groupe, de commettre un acte qui marquera les esprits. Sans vie sentimentale (5), Maxime Brunerie était victime d'un profond mal-être et souhaitait en finir avec la vie, après avoir échoué à trouver sa voie dans l'action politique. Il semblerait après analyse qu'il n'ait pas voulu assassiner Jacques Chirac, mais qu'il rêvait d'une mort glorieuse, en étant abattu par le GIGN. Lors de son procès, il déclara que Jean-Marie Le Pen aurait été une meilleure cible (6).

Il a été condamné à dix ans de prison, la Justice l'estimant responsable de ses actes, sur la foi d'examens psychiatriques.  Il est libéré le 3 août 2009, du Centre de détention de Val-de-Reuil (Eure), à l’issue de sept ans de détention criminelle (7). Après avoir travaillé pendant un an en tant que responsable des ressources humaines dans une collectivité, il a créé son entreprise d'achat-vente de livres anciens.

Également en 2013, il a participé aux manifestations contre le mariage pour tous aux côtés du mouvement du Printemps français (8).

Il a écrit deux livres : Une vie ordinaire (2011) et Même pas mal (2019)

Propos
Il donne un entretien à Europe 1 en septembre 2009, déclarant avoir « complètement pété les plombs » en 2002 et souhaiter maintenant aller de l'avant (8).
En 2011, il publie un récit autobiographique intitulé Une vie ordinaire : je voulais tuer Jacques Chirac, et se dit désormais éloigné de tout militantisme politique (9).

Aviez-vous prémédité votre acte ?
« Pour mon suicide, oui. J’ai décidé de mourir le 10 mai 2002, un soir où je cogitais dans ma chambre. Mais puisque mon existence était minable, il fallait que je prenne ma revanche, que je parte en beauté... Ayant raté ma vie, je ne ­voulais pas rater ma mort. Mon regard s’est posé par hasard sur le calendrier avec, en rouge, la date du 14 juillet. Voilà comment j’ai orchestré la mise en scène de ma folie suicidaire et mégalo. Je n’avais pas de haine particulière envers Jacques Chirac. Cela aurait pu tomber sur n’importe qui. » (13)

Racontez-nous cette journée.
« Arrivé sur les Champs-Elysées, je me poste là où il y a les badauds. Je n’avais fait aucun repérage... Noyé dans cette ambiance de kermesse patriotique, j’attends que le président passe à ma hauteur. Je sors mon arme, vise au mieux la tête de Jacques Chirac. Et je tire. J’entends juste un claquement sec. Je recharge ma carabine à la hâte et je la retourne contre moi. J’avais juste oublié un détail : il m’était impossible d’appuyer sur la détente, trop basse... » (13)

A quoi pensez-vous au moment où vous comprenez que vous avez raté votre cible et votre mort ?
« Aux hurlements des enfants autour de moi. Aujourd’hui encore, ils ne cessent de me hanter. » (13)

En quoi l’extrême droite était-elle une échappatoire ?
« J’étais enfin accepté dans des groupes. Enfant, je n’avais jamais appartenu à une bande, un clan. » (13)

Pourquoi l’extrême droite plutôt que le mouvement punk, l’anarchisme ?
« Parce que la morale diabolise l’extrême droite. Alors autant y aller à fond quand on a décidé d’emmerder le monde ! » (13)

Parcours politique après l'attentat
Ses opinions politiques ont changé. Il effectue en juillet 2011 une demande d'adhésion au MoDem (10), mais Marc Fesneau, secrétaire général du parti, annonce que le bureau exécutif a refusé son adhésion. En octobre 2011, il appelle à voter Ségolène Royal à la primaire socialiste (11).

Sources
1. Patricia Tourancheau, « Le tireur s'en tire », Libération,‎ 12 mai 2011.
2. ZOG signifie « Zionist Occupation Government », soit « Gouvernement sioniste d'occupation », tandis que 88 est une manière codée d'écrire « Heil Hitler », H étant la huitième lettre de l'alphabet.
3. José Fort, « Le tireur a été candidat MNR aux municipales », L'Humanité,‎ 16 juillet 2002.
4. Interview de Jean-Yves Camus par Sébastien Homer, « En tirant sur le président de la République, Maxime Brunerie a rappelé la dangerosité des groupuscules fascistes et néonazis », L'Humanité,‎ 20 juillet 2002.
5. « Brunerie devant les assises », Reuters, 6 décembre 2004.
6. François Caviglioli, « La grosse boulette de Maxime Brunerie », Le Nouvel Observateur, no 2093,‎ 16 décembre 2004.
7. « Maxime Brunerie a été libéré », Le Monde, 22 août 2009.
8. Actualitte.com
9. « Maxime Brunerie : « Je préfère regarder devant » », Europe 1, 17 septembre 2009.
10. « Confessions de l'homme qui voulait tuer Chirac », L'Express, 4 mai 2011.
11. « Maxime Brunerie au MoDem ? « Pas de déséquilibrés chez nous », répond Bayrou », france-info.com, 28 juillet 2011.
12. « Royal, Montebourg et leurs encombrants soutiens », Le Journal du dimanche, 8 octobre 2011.

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