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Publié par La Philosophie

Je voudrais revenir sur trois préjugés qui tendraient à contredire les énoncés suivant (tel que le présente l'adversaire :

1) le fameux "Marx n'était pas de gauche"

2) le toujours efficace "Marx a été trahis par Engels"

3) le redoutablement original "Marx n'a jamais été pour la liberté"

1°) J'essaye surtout de palier aux critiques de Bakounine qui voyait que la bureaucratie deviendrait sanguinaire. Peut-être avait-il lu les Démons/Possédés de Dostoievski qui partant d'un fait divers l'avait généralisé à toutes les forces révolutionnaire (celui d'assassiner son concurrent au sein du parti (ce qui n'est que du machiavélisme jusqu'au-boutiste tout aussi valable à l'extrême droite (cf. Le Bloc de Jérôme Leroy).

2°) Marx n'était pas parlementariste. Marx n'a pas tout à fait été trahi par Engels, il parlait déjà de Volkstaat en s'inspirant des réquisits des ouvriers mais il n'était pas socialistes. Le parlementarisme c'est le pouvoir des juges (notables) et des commissions. Là je ne fais que du radicalisme, du propos à la Alain (propos sur les pouvoirs) qui y voyait un pouvoir oligarchique (c'est d'ailleurs Chirac qui l'a renforcé par le quinquénat, puisque l'assemblée découle directement de l'élection présidentielle présent et paradoxalement - puisque certains y voit plus de pouvoir pour le président).

La pensée de Marx est non déterministe, toujours dans l'analyse, communiste (si on doit se baser sur la quadripartition des propriétés : res publica, res privata, res communis, res nullius), il ira même jusqu'à se désolé que la classe révolutionnaire soit la bourgeoisie à la fin de sa vie. La pensée et l'écriture de Engels est déterministe, conclusive, synthétique, socialiste. La question qui mène le libéralisme à sa fin c'est la découverte par les travailleurs des différents marchés : fonctionnariat, marché du travail (salariat et droits d'auteurs), marchés des biens et des services (bénéfices et honoraires), marché des actions et des obligations (qui vise la rente), marché du mariage, du handicap et de la vieillesse (pensions).

3°) Marx n'a jamais été un partisan de l'égalité, de la liberté ou des Lumières bourgeoises, il les a critiqué dès son travail sur la querelle du ramassage du bois en Allemagne (Articles dans la Rheinische Zeitung, entre le 25 octobre et le 3 novembre 1842) et sur les enclosures en Angleterre. Pardon d'être bensaïdien (à défaut du livre vous aurez ceci : http://danielbensaid.org/Marx-et-le-vol-de-bois-du-droit-coutumier-des-pauvres-au-bien-commun-de-l ). Le rousseauisme a été mis en place par la loi le chapelier (j'y reviens plus bas) à la suite de la loi d'Allarde (2 et 17 mars 1791 qui suppriment les jurandes qui existaient depuis les romains, cf. aussi les métiers jurés). C'était la suppression des corps intermédiaires entre l'individus et l'état (après les jurandes, les corporations). Marx défendait à la marge les idées les idées de Hegel (je peux vous donner un extrait) quand celles-ci étaient attaquée dans leur existence globale non dans la forme bourgeoise du droit puisque tout son matérialisme est basé sur des idées (et la morale indignée souvent qui en découle). Plutôt que l'égalité qu'il critique comme le progrès, Marx n'a énoncé que cette formule repris à Blanqui « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Si Napoléon n'avait pas existé, Marx aurait été français sans doute, puisque Trèves le serait resté et Marx ne serait jamais allé à Berlin et à Bonn, il aurait été rallié aux idées de liberté et d'égalité qui sont étrangère à lui comme à Nietzsche. Tout le libéralisme allemand est fondé par les néo-kantiens sur Rousseau et Kant, ils étaient des libéraux politiques (comme les socialistes, les jacobins, les girondins, les idéalistes, les romantiques, les positivistes, les ordolibéraux et les keynesiens). Chez Hegel déjà la liberté a à voir avec l'état de droit et le sujet qu'il permet (préface à la phénoménologie de l'Esprit). Je ne remonte par jusqu'à la création du droit naturel et sa défense par Hobbes puis les construction en réponse que cela génèrera (dont Spinoza, Locke et Rousseau).

Sur la liberté, d'une vous n'allez pas mourir de ne pas en avoir où alors le système démocratique voulu par Spinoza et qui n'en comporte pas est une dictature autre que celle du prolétariat, ce qui est la définition de la démocratie et non la dictature de quelques uns (parlementarisme éclairé à la Jospin https://youtu.be/Oz29NEyYx4c?t=146), il faut comprendre même si je ne referais pas tout Hegel ici (lisez Jean Zin, même s'il croit la liberté https://jeanzin.fr/wp-content/uploads/pdf/hegel.pdf : le prenant à contre-pied il y parle de liberté totalitaire pour la loi Le Chapelier, ce dénote pas mal de choses). Notre époque pénètre dans la dialectique du maître et de l'esclave plus qu'il n'y paraît avec le crise de 2008 et les confinements actuels. Passons. Revenons en à la liberté des libéraux qui se le plan sociétal ne diffère guère de la liberté des libertaires - sauf que tout leur est dû - La loi Le Chapelier (des 14 et 17 juin 1791) s'inspire du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau, dont Le Chapelier reprend des passages entiers dans son exposé. Dans la logique libérale et rationaliste des lumières il ne doit subsister que des contrats (c'est du Onfraytisme, ce qu'Onfray n'a toujours pas compris, bien qu'il se dise Girondin - pour faire plaisir à notre youtubeur) conclus entre individus rationnels, qui ne sauraient signer des contrats défavorables pour eux-mêmes.« Il doit sans doute être permis à tous les citoyens de s'assembler ; mais il ne doit pas être permis aux citoyens de certaines professions de s'assembler pour leurs prétendus intérêts communs ; il n'y a plus de corporation dans l'État ; il n'y a plus que l'intérêt particulier de chaque individu, et l'intérêt général. Il n'est permis à personne d'inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de corporation.[…]Il faut donc remonter au principe que c'est aux conventions libres d'individu à individu à fixer la journée pour chaque ouvrier ». Une confrontation est à faire entre la citation de Proudhon et le texte de la Loi Le Chapelier

Ce qui vient un extrait de Pierre-Joseph Proudhon, La capacité politique des classes populaires, publié en 1865, où l'on peut déceler ses aspects conservateurs : "Lorsqu’entre la monarchie de droit divin et la masse ouvrière, rustique et urbaine, il existait des classes intermédiaires ; un clergé, une noblesse, une bourgeoisie ou tiers-état, la multitude ne pouvait figurer sur la scène politique ; elle ne s’appartenait pas. Tout homme du peuple, selon sa profession, relevait d’un patron, d’un seigneur, d’un évêque ou abbé, ou du fisc. La révolution de 89 a brisé ce lien : le Peuple alors s’est trouvé abandonné à lui-même ; il a formé la classe des salariés, des prolétaires, par opposition à celle des propriétaires et capitalistes. En 1848, le socialisme, s’emparant de cette multitude inorganique, lui a donné la première ébauche ; il en a fait un corps à part, lui a soufflé une pensée, une âme, lui a créé des droits, suggéré des idées de toutes sortes : droit au travail, abolition du salariat, reconstitution de la propriété, association, extinction du paupérisme, etc. En deux mots, la plèbe qui jusqu’en 1840 n’était rien, qu’on distinguait à peine de la bourgeoisie, bien que depuis 89 elle en fût séparée de droit et de fait, est devenue tout à coup, par sa déshérence même et par son opposition à la classe des possesseurs du sol et des exploiteurs de l’industrie, quelque chose : comme la bourgeoisie de 89, elle aspire à devenir tout." Je précise que je suis un partisan de l'autonomie qui n'est en rien l'autonomie de l'individu ni l'autosuffisance des radins "néo-autonomistes" qui achètent leur ordis et leur panneaux solaires en Chine, sans avoir lu Adam Smith et le nombre infini de personne qu'il faut pour créer tel ou tel objet). L'autonomie se rapproche du paratge occitan qui est le présupposé populaire d'où je pars (le rang entre pairs). Si la loi est objective, un individu ne peut se faire sa propre loi, simplement sa conduite s'il est dans un morale du faible ou de l'esclave. Mon propos est tiré de Marx tout autant que de Nietzsche, c'est la grande contradiction à résoudre, lire Lacoue-Labarthe - parce que cela Loraux ne l'a énoncé qu'à l'oral quand il parlait des deux grandes auto-suppression (aufhebing) de la philosophie. Ce que je dis est même validé en un sens par Jean Salem, puisque je lui avait démontré que le nivellement démocratique va dans le sens du surhomme chez Nietzsche, c'est une citation pratiquement à la lettre mais je ne mets pas de guillements).Précisions il suffit de lire le Contre Onfray d'Alain Jugnon pour comprendre que Nietzsche était du côté des humbles, même s'il a souhaité un temps finance sa grande politique par des financiers juifs. Ce n'est pas ma faute si vous arrivez avec des idées reçues, des présupposés, des intuitions morales sur Marx (et lui-même n'en était pas toujours exempt)...

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